Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées par le groupe de travail sur les évolutions stratégiques des Etats-Unis : quelles conséquences pour la France et pour l'Europe ?

Auteur(s) moral(aux) : Sénat. Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Présentation

Le présent rapport d'information s'intéresse aux évolutions stratégiques des Etats-Unis, qui se révèlent particulièrement influencées par des facteurs internes. Lassée par des engagements militaires lourds au cours de la décennie précédente (Irak, Afghanistan...) et touchée fortement par les conséquences de la crise économique et financière de 2008, l'opinion publique américaine revendique en effet un recentrage de l'action publique sur les défis intérieurs. Les auteurs constatent que la réponse à la menace extérieure, déterminante au lendemain du 11 septembre 2001, n'est plus au premier rang de l'agenda assigné aux dirigeants. La reconstruction économique et sociale des Etats-Unis s'y est substituée depuis l'élection du Président Barack Obama. Selon le rapport, ce dernier affiche une « prudence à toute épreuve » qui le conduit à définir un nouveau type d'engagement reposant sur une utilisation ordonnée et articulée des moyens diplomatiques et militaires. Les auteurs rappellent que les Etats-Unis restent la première puissance militaire, malgré une réduction du budget de base de la défense. Ils s'interrogent néanmoins sur la pérennité de cette stratégie de l'interventionnisme limité, d'autant qu'elle fait l'objet de vives critiques dans les médias, dans les think tanks et au Congrès qui la jugent faible. Ceci étant, la sortie de la crise et l'acquisition de l'autosuffisance énergétique grâce aux hydrocarbures de schiste pourraient « redonner de l'ambition aux Etats-Unis », estiment les auteurs. Compte tenu de ce contexte, ils analysent les conséquences pour la France, l'Europe et l'OTAN.

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Sommaire

AVANT-PROPOS
 

CHAPITRE 1 : DES FACTEURS INTERNES PEU PROPICES À UNE STRATÉGIE EXTÉRIEURE INTERVENTIONNISTE

I. UNE OPINION PUBLIQUE LASSÉE PAR UNE DÉCENNIE DE GUERRES ET RÉTICENTE À TOUT ENGAGEMENT EXTÉRIEUR

A. LES STIGMATES D'UNE DÉCENNIE D'ENGAGEMENTS MILITAIRES EXTÉRIEURS

1. Les coûts de la guerre en Irak

2. Les coûts de la guerre en Afghanistan

3. Des entreprises coûteuses

B. LA PROMESSE DU CANDIDAT OBAMA : LE RETRAIT D'IRAK ET D'AFGHANISTAN

1. Irak : un retrait total

2. Afghanistan : un retrait programmé

C. « NO BOOTS ON THE GROUND » UNE RÉTICENCE À TOUT ENGAGEMENT MILITAIRE IMPORTANT À L'ÉTRANGER

II. LE CONTRECOUP DE LA CRISE FINANCIÈRE DE 2008 : UNE PRIORITÉ DONNÉE AUX QUESTIONS DE POLITIQUE INTÉRIEURE

III. L'ABSENCE DE CONSENSUS POLITIQUE NE PERMET PAS AU PRÉSIDENT DE METTRE EN OEUVRE UNE POLITIQUE ÉTRANGÈRE ET DE DÉFENSE AMBITIEUSE

A. LE POIDS DU CONGRÈS

1. Un système d'équilibre entre le Président, la Chambre des Représentants et le Sénat

2. Un système qui se paralyse

B. LES COMPÉTENCES DU CONGRÈS EN MATIÈRE DE POLITIQUE EXTÉRIEURE ET DE DÉFENSE

C. L'ABSENCE DE CONSENSUS ENTRE LE PRÉSIDENT ET LE CONGRÈS

IV. CETTE SITUATION SE TRADUIT PAR UNE RÉDUCTION ANNONCÉE DES CRÉDITS DE LA DÉFENSE

A. LES CRÉDITS DE LA DÉFENSE NE SONT PLUS SANCTUARISÉS

B. UNE RÉDUCTION DE 8 % SUR DIX ANS, MAIS UN RISQUE DE RETOUR DES SÉQUESTRATIONS

C. UNE PHASE DE « RETOUR À LA NORMALE » APRÈS LES ENGAGEMENTS EN AFGHANISTAN ET EN IRAK (LA THÉORIE DES CYCLES)
 

CHAPITRE 2 : UN ESSAI DE REDÉFINITION DE LA PLACE DES ÉTATS-UNIS DANS LE MONDE SELON UNE APPROCHE STRATÉGIQUE « RÉALISTE »

I. L'ACCEPTATION D'UN MONDE MULTIPOLAIRE

A. LES ÉTATS-UNIS DEMEURENT LA PREMIÈRE PUISSANCE MONDIALE

B. MAIS ILS DEVRONT COHABITER AVEC D'AUTRES PUISSANCES

1. Le monde post-soviétique est plus compliqué qu'on ne l'imaginait

2. Les États-Unis ne sont pas concurrencés par un modèle alternatif

3. Un environnement sécuritaire instable

C. LES ÉTATS-UNIS CONTINUERONT DANS LES PROCHAINES ANNÉES À DEMEURER LA « PUISSANCE INDISPENSABLE »

1. Une puissance indispensable par défaut

2. Une puissance indispensable par obligation

3. Une puissance indispensable mais raisonnable dans son engagement

II. UN LEADERSHIP ASSUMÉ PAR UN INTERVENTIONNISME LIMITÉ

A. INFLUENCE ET COERCITION : L'UTILISATION DE « TOUS » LES OUTILS DE LA PUISSANCE

1. L'outil militaire s'impose face aux agressions et menaces directes

2. Un outil ultime après épuisement des autres modalités en cas de menaces indirectes

B. LA LUTTE CONTRE LA PRINCIPALE MENACE : LE TERRORISME

1. La prise en compte de l'évolution et de la diffusion de la menace

2. La recherche de partenaires

3. Une régulation nécessaire dans l'emploi de la force

C. LE RENFORCEMENT ET LE RESPECT DE L'ORDRE INTERNATIONAL

1. La recherche d'alliances : la responsabilisation des acteurs les plus concernés

2. Une vision plus positive de l'action des organisations internationales

3. L'acceptation progressive des règles du droit international

D. LA DÉFENSE DES VALEURS ET DE LA DIGNITÉ HUMAINE

III. UN RÉÉQUILIBRAGE DES MOYENS EN FONCTION DES ENJEUX

A. LE « PIVOT » VERS L'ASIE-PACIFIQUE :

1. La croissance des intérêts américains dans la zone Asie-Pacifique

2. Le déploiement d'une stratégie d'investissement dans la zone Asie-Pacifique

3. La subsistance d'une menace spécifique de la Corée du Nord

4. La nécessité de préparer et d'accompagner la montée en puissance de la Chine

5. La nécessité d'établir et de conforter les relations des pays alliés ou partenaires à la périphérie de la Chine

6. Un élan de long terme dont la mise en oeuvre est complexe

B. LA VOLONTÉ DE PRENDRE DU RECUL PAR RAPPORT AUX CONFLITS DU MOYEN-ORIENT

1. Le principal acteur dans une région où leurs intérêts stratégiques restent importants

2. Quatre dossiers prioritaires exigent un fort engagement des États-Unis

C. LA PRISE EN COMPTE DE LA MOINDRE INTENSITÉ DES MENACES SUR L'EUROPE ET DE LA CAPACITÉ DE L'EUROPE A Y FAIRE FACE

1. Des menaces d'intensité réduite

2. Des partenaires loyaux et fidèles, qui partagent des valeurs communes et qui sont liés par des alliances solides entre eux (Union européenne) et avec les États-Unis (Alliance atlantique)   

D. UNE MOINDRE PRÉSENCE EN AMÉRIQUE LATINE : DE L'INTERVENTIONNISME INTENSE À L'INFLUENCE

1. Un investissement modeste qui tient compte des interactions fortes avec la politique intérieure américaine

2. Une politique critiquée pour son manque d'ambition

3. Une politique qui ouvrirait la porte à une influence grandissante d'acteurs extra-hémisphériques

E. UN REGAIN D'INTÉRÊT NAISSANT POUR L'AFRIQUE

1. L'Afrique ne compte pas parmi les priorités

2. Mais suscite un regain d'intérêt récent

3. La nouvelle stratégie américaine en Afrique s'articule autour de quatre axes

4. Le dispositif américain en Afrique s'appuie sur quatre leviers principaux, en cours de redéfinition

5. Ce regain d'intérêt ne devrait pas influer sur les modes d'intervention

 

 

 

CHAPITRE 3 : LE CALIBRAGE DE L'OUTIL DE DÉFENSE

I. LES ETATS-UNIS DEMEURENT LA PREMIÈRE PUISSANCE MILITAIRE DU MONDE

II. UNE RECONFIGURATION DES FORCES ARMÉES

III. UNE STRATÉGIE DE DÉFENSE ACTUALISÉE

IV. DES MESURES EN VUE DE RÉÉQUILIBRER LES PRINCIPAUX ÉLÉMENTS DES FORCES INTERARMÉES DANS UN ENVIRONNEMENT CHANGEANT

A. LA CONFIRMATION DES MISSIONS

B. INNOVER POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS

C. RÉÉQUILIBRER LES FORCES

1. Rééquilibrer pour gérer une large gamme de conflits

2. Rééquilibrer et pérenniser la présence et le dispositif à l'étranger pour mieux protéger les intérêts de sécurité nationale des États-Unis

3. Rééquilibrer les compétences, les capacités et la disponibilité opérationnelle au sein de la force interarmées

4. Développer de nouveaux concepts doctrinaux d'emploi des forces

V. LA RÉFORME DU DÉPARTEMENT DE LA DÉFENSE AFIN DE MAÎTRISER LA CROISSANCE DES COÛTS INTERNES

VI. UN AJUSTEMENT COMPLIQUÉ DES MOYENS ET DES OBJECTIFS

A. UNE RÉDUCTION DE 487 MILLIARDS DE DOLLARS SUR 10 ANS (- 8 %)

B. L'EXPOSITION AUX « SÉQUESTRATIONS »

C. DES MARGES DE MANOEUVRE ÉTROITES

1. La difficulté à toucher aux dépenses de personnels

2. Des arbitrages difficiles entre disponibilité opérationnelle et équipements

3. Des conséquences pour les industries de défense que le département s'efforce de réduire
 

CHAPITRE 4 : UNE STRATÉGIE DONT LA PÉRENNITÉ N'EST PAS TOTALEMENT ASSURÉE

I. LES RISQUES DE L'INTERVENTIONNISME LIMITÉ

II. L'ÉVOLUTION DES DÉTERMINANTS INTERNES

A. LE REDRESSEMENT DE L'ÉCONOMIE AMÉRICAINE : LE RETOUR DE LA CONFIANCE ET DES AMBITIONS ?

B. L'AUTONOMIE ÉNERGÉTIQUE EN PERSPECTIVE

1. Une augmentation considérable de la production

2. Un renforcement conséquent de la puissance américaine

3. Un impact et une capacité d'action sur les marchés mondiaux de l'énergie

4. Des marges de manœuvre nouvelles pour la diplomatie américaine ?

C. LES ETATS-UNIS SE METTENT EN ORDRE DE BATAILLE FACE À LA MONDIALISATION

1. La réaffirmation de la puissance financière

2. La relance de la compétitivité de l'économie américaine

3. La modernisation de l'outil de défense

D. LES ORIENTATIONS POLITIQUES : DES FACTEURS D'INCERTITUDE

1. À court terme

2. À l'horizon 2016

III. LES AXES DU FUTUR

A. LE RÉÉQUILIBRAGE VERS L'ASIE EST APPELÉ À SE POURSUIVRE

B. LA SOUTENABILITÉ DE L'EFFORT MILITAIRE DE DÉFENSE NÉCESSITERA UNE PARTICIPATION PLUS GRANDE DES ALLIÉS DES ETATS-UNIS

C. L'INVESTISSEMENT AU MOYEN-ORIENT

D. LA STABILITÉ DE L'EUROPE : LES LIMITES DE LA RÉASSURANCE

E. LE RETOUR DE LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE

 

CHAPITRE 5 : LA FRANCE, L'EUROPE ET L'OTAN DOIVENT SE SAISIR DES OPPORTUNITÉS OFFERTES, ASSURER LEURS RESPONSABILITÉS ET DEVENIR PLEINEMENT PARTIES PRENANTES

I. LA FRANCE, UN ALLIÉ QUI S'ENGAGE ET QUI PEUT SAISIR DES OPPORTUNITÉS

A. UN ALLIÉ QUI S'ENGAGE ET QUE LES ETATS-UNIS APPUIENT

B. UN ALLIÉ QUI REVENDIQUE SON AUTONOMIE DE DÉCISION : CONVERGENCE N'EST PAS IDENTITÉ

C. UN ALLIÉ QUI EXPRIME PARFOIS DES DIVERGENCES

D. UN ALLIÉ QUI DOIT MAINTENIR SES CAPACITÉS ET REDRESSER SON ÉCONOMIE POUR CONFORTER LE CRÉDIT DONT IL JOUIT

E. UN ALLIÉ QUI PEUT CONSOLIDER SON PARTENARIAT DANS LA CADRE DE LA GESTION DE CRISES EXTÉRIEURES

F. AMORCER UN DIALOGUE PARLEMENTAIRE

II. L'UNION EUROPÉENNE : UNE AFFIRMATION PRUDENTE DANS LE DOMAINE DE LA POLITIQUE ETRANGÈRE ET DE DÉFENSE

A. UNE PUISSANCE ÉCONOMIQUE RECONNUE

B. UNE PUISSANCE QUI DOIT VEILLER À SON AUTONOMIE

C. UNE PUISSANCE DIPLOMATIQUE QUAND ELLE EST UNIE

D. L'EUROPE NE DOIT PAS RESTER À L'ÉCART DE LA ZONE ASIE-PACIFIQUE

E. UNE PUISSANCE QUI DOIT CONSTRUIRE SES OUTILS DE DIPLOMATIE ET DE DÉFENSE

1. Une priorité à réaliser

2. Être attentif à la préservation d'une base industrielle et technologique de défense européenne (BITD-E)

3. Saisir les occasions d'un travail commun Union européenne-États-Unis

III. L'OTAN, UNE ALLIANCE SOLIDE QUI DOIT TROUVER SON ÉQUILIBRE

A. UNE ALLIANCE SOLIDE QUE NE METTENT PAS EN CAUSE LES INTERROGATIONS RÉCURRENTES SUR SON DEVENIR

B. UNE ALLIANCE QUI DOIT ASSURER LA DÉFENSE DE L'EUROPE EN EUROPE

C. UNE ALLIANCE QUI DOIT PRENDRE SA PART DANS UN MONDE MULTIPOLAIRE

D. LE PARTAGE DES RESPONSABILITÉS ET DES CHARGES

1. Partage du fardeau

2. Partage des responsabilités

3. Accès aux marchés de défense
 
 

CONCLUSION GÉNÉRALE

EXAMEN EN COMMISSION

LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES

GLOSSAIRE

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Fiche technique

Autre titre : Etats-Unis : l'usage de la force et la force de l'influence

Type de document : Rapport parlementaire

Pagination : 207 pages

Édité par : Sénat

Collection : Les Rapports du Sénat

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