Comment inciter prescripteurs et patients aux bonnes pratiques ?

Considérées parfois comme trop autoritaires et contre-productives, les mesures jouant sur l’offre ou la demande de soins se voient associées à des mesures incitant à changer les comportements du côté des prescripteurs comme des patients pour améliorer l’état de santé de la population et diminuer les coûts.

Prescripteurs

Du côté des prescripteurs, l’effort est particulièrement mis sur les référentiels de bonnes pratiques médicales qui passent par des recommandations produites notamment par la Haute Autorité de santé (HAS). La HAS est une autorité publique indépendante créée en 2004 qui contribue à la régulation du système de santé par la qualité. Elle exerce ses missions dans les champs de l’évaluation des produits de santé, des pratiques professionnelles, de l’organisation des soins et de la santé publique. Les recommandations qu’elle produit permettent aux médecins de faire évoluer leurs pratiques et leurs modes de prescription à partir de référentiels opposables.

C’est dans ce cadre que l’on retrouve les campagnes menées conjointement par les délégués de l’Assurance Maladie (DAM) et les médecins-conseils du service médical auprès des professionnels de santé. Ces visites, qui se font directement au sein des cabinets, peuvent porter :

  • sur la bonne prescription d’arrêts de travail en fonction des pathologies observées (à l’aide des référentiels de la HAS) ;
  • sur la bonne prescription de certaines classes de médicaments (statines, antibiotiques, etc.) afin de maximiser leur efficacité thérapeutique ;
  • sur la promotion des médicaments génériques, moins chers et aussi efficaces que les médicaments princeps.

L’accent est mis également sur une modification des relations entre les praticiens et les caisses d’assurance maladie. Dans le cadre des relations conventionnelles, une rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) a été introduite en 2011. Elle permet de rémunérer les médecins sur des bonnes pratiques en matière de prescriptions, d’organisation du cabinet médical ou de prise en charge des patients souffrant de pathologies chroniques (diabète, par exemple). L’atteinte des objectifs fixés au praticien est rémunérée tout en n’étant pas contraignante. L’adhésion à la ROSP est en effet facultative.

Patients

Du côté des patients, l’Assurance maladie essaie d’impulser le disease management, démarche en vigueur dans plusieurs pays anglo-saxons.

Celui-ci consiste à rendre les personnes atteintes de pathologies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, maladies respiratoires, etc.) acteurs dans la prise en charge de leur maladie afin que, mieux informées, elles observent plus scrupuleusement les traitements et les règles de vie qu’elles doivent suivre. L’objectif est d’éviter les complications liées à une dégradation des conditions de santé, qui entraîneraient des soins supplémentaires ou plus lourds (par exemple, cécité ou amputation dans le cas des patients diabétiques), très coûteux pour l’Assurance maladie.

Parmi les programmes de disease management mis en œuvre par l’Assurance maladie, on peut citer le programme d’accompagnement de retour à domicile après hospitalisation (PRADO) ou les programmes Sophia. Proposés aux personnes souffrant de diabète ou d’asthme, ces derniers doivent les aider à mieux connaître leur maladie et à adapter leurs habitudes afin d’améliorer leur qualité de vie et de réduire les risques de complications. En relais des recommandations du médecin traitant, Sophia propose, par courrier, e-mails, téléphone, ou au travers d’un site internet dédié, un soutien, des informations et des conseils personnalisés, adaptés à la situation et aux besoins de chacun.