Quelle est la part de la richesse nationale consacrée à la santé ?

La santé est, avec les retraites, le poste de dépense le plus important de la protection sociale en France. Pour mesurer les dépenses qui lui sont consacrées, on utilise plusieurs agrégats, dont la dépense courante de santé au sens international (DCSi), qui permet notamment de situer les dépenses françaises parmi celles d’autres nations.

La DCSi correspond à la consommation finale effective de services sanitaires et de biens médicaux, qu’ils soient individuels (comme une consultation médicale) ou collectifs (comme une campagne de prévention). Elle est qualifiée de « courante », car elle exclut tout ce qui n’est pas de la consommation, notamment les dépenses d’investissement ou les revenus de remplacement (comme les indemnités journalières). La DCSi est le seul agrégat harmonisé au niveau international, permettant ainsi des comparaisons.
En 2020, la DCSi s’est élevée en France à 284,5 Md€, soit 12,4% du PIB (contre 11,3% en 2018 – Drees, 2021).

Parmi les pays de l’OCDE, la France est l’un des pays qui consacre le plus de richesse à la dépense courante de santé : si l’on se compare avec les autres pays développés, seuls les États-Unis, l’Allemagne et la Suisse dépensent davantage. Notre pays mobilise par ailleurs un peu plus de richesse nationale pour la santé que la Suède, le Japon ou le Canada.

Dans tous les pays de l’OCDE, les dépenses de santé, après avoir été un poste fortement dynamique, progressent aujourd’hui au même rythme que leur PIB. Cependant, avec une augmentation moyenne annuelle de 2% depuis 2015, on constate que la France a une hausse moins forte que des pays comme les États-Unis ou l’Allemagne (+ 4% en moyenne). Le respect de l’Objectif national d’assurance maladie, depuis maintenant une dizaine d’années (2010), en est à l’origine. Cette tendance a cependant pris fin avec la crise sanitaire, qui a provoqué une très forte croissance des dépenses de santé (+ 15 Md€) et un creusement des déficits.