Les professionnels de santé en France : données chiffrées

En 2019, l’Insee recensait près de 1 228 000 professionnels de santé en France, dont :

  • 366 000 personnes appartenant aux professions médicales et pharmaceutiques ;
  • 862 000 auxiliaires médicaux.

Les médecins sont les plus nombreux (226 859, dont 102 169 généralistes et 124 690 spécialistes), suivis des pharmaciens (73 782), des chirurgiens-dentistes (42 525) et des sages-femmes (22 941).
Parmi les auxiliaires médicaux, les infirmiers sont la profession la plus largement représentée avec 722 572 personnes, suivis des opticiens-lunetiers (38 506) et des manipulateurs ERM (électro-radiologie médicale) (37 428).

Entre 2016 et 2019, l’effectif des professions médicales et pharmaceutiques a progressé de 1,07%, contre 11% pour les auxiliaires de santé. Parmi ces derniers, ce sont les opticiens et les psychomotriciens qui ont connu la plus forte augmentation.

Si l’on s’intéresse plus spécifiquement aux médecins, leur nombre a crû de 1,44% entre 2016 et 2019. Cette faible croissance fait cependant suite à une augmentation considérable depuis la fin des années soixante : en 1968, la France comptait en effet 59 065 médecins généralistes et spécialistes.

Quelle est la densité médicale en France ?

La densité médicale mesure le nombre de professionnels de santé par rapport à la population d’un territoire donné. Elle est calculée sur la base de 100 000 habitants. Elle permet d’appréhender l’offre de soins en déterminant si cette offre est excédentaire ou au contraire déficitaire par rapport à la population concernée. C’est donc une variable essentielle pour analyser le système de santé.

Pour l’ensemble des médecins, leur densité est passée de 118,79 pour 100 000 habitants en 1968 à 298 en 2014 et à 339 en 2019. Même si leur nombre a fortement progressé, cette densité place la France dans la moyenne des États de l’OCDE.

Cependant, et c’est la difficulté, cette présence n’est pas homogène sur le territoire. On constate en effet une forte implantation de généralistes dans la partie sud de la France et en Île-de-France et des écarts parfois considérables avec le reste du pays : ainsi, la région Centre-Val de Loire a une densité de généralistes de 124 contre 179 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca).
Concernant les médecins spécialistes, la densité est de 185 pour 100 000 habitants. Là encore, on relève des écarts très significatifs entre, par exemple, les régions Île-de-France (251) ou Paca (229) et la région Centre-Val de Loire (141). C’est encore plus net avec les territoires ultramarins, notamment Mayotte (32) et la Guyane (29).

Cette disparité ne doit toutefois pas s’apprécier uniquement au niveau régional. Ainsi, au sein même de régions bien dotées en médecins généralistes ou spécialistes, il existe des différences très fortes entre départements (par exemple, en Île-de-France, la densité de médecins généralistes est de 858 à Paris contre 258 en Seine-Saint-Denis) et, au sein même des départements, entre bassins de vie. Cet échelon territorial mesure au plus près l’accès de la population aux équipements les plus courants comme la santé, les commerces ou l’enseignement.

Une faible densité de professionnels de santé au sein d’un bassin de vie peut ainsi avoir plusieurs conséquences :

  • des difficultés d’accès liées à l’absence de praticiens ou à leur éloignement ;
  • des délais de rendez-vous très importants chez les professionnels de santé présents, ce qui peut conduire certaines personnes à renoncer aux soins ;
  • des difficultés de permanence des soins durant les périodes ou les horaires de fermeture des cabinets médicaux, ce qui alourdit la fréquentation des Services d’aide médicale urgente (Samu) ou des services des urgences des hôpitaux pour des actes ou des pathologies qui ne relèvent pas de ce pourquoi ils ont été créés ;
  • la nécessité de maintenir une permanence de médecins libéraux (médecins de garde). Les agences régionales de santé ont la compétence pour définir les modalités et le montant des indemnités qui sont versées à ces derniers. L’organisation de la permanence des soins des médecins généralistes et des médecins spécialistes en libéral relève quant à elle de la compétence du Conseil national de l’ordre des médecins. Elle est réalisée sur une base de volontariat pour chaque période de garde et par secteur départemental.