Quelle est la population pénitentiaire ?

Début 2018, la France comptait près de 244 000 personnes placées sous main de justice, suivies par l’administration pénitentiaire. Il faut cependant distinguer les personnes effectuant leur peine en milieu ouvert et les détenus.

Le nombre des personnes soumises à une obligation judiciaire en milieu ouvert s’élevait début 2018 à quelque 164 000. Il s’agit de condamnés effectuant une peine de sursis avec mise à l’épreuve (qui implique le respect de certaines obligations : se soigner, travailler, etc.) ou de travail d’intérêt général ou encore de personnes suivies dans le cadre d’une libération conditionnelle ou d’un contrôle judiciaire.

On comptait, début 2018, environ 69 000 détenus incarcérés, dont 3,5 % de femmes. Ce nombre est en constante augmentation depuis 2000, et il a plus que doublé au cours des quarante dernières années. Il faut noter que 29 % des détenus sont incarcérés dans le cadre de la détention provisoire et se trouvent donc en attente d’un jugement. La capacité opérationnelle du parc pénitentiaire français était, début 2018, d'environ 60 000 places, soit un taux d'occupation moyen de 115 %. Le taux de détention est de 103 détenus pour 100 000 habitants, ce qui place la France dans la moyenne européenne. Les États-Unis possèdent un taux près de huit fois supérieur.

Une donnée préoccupante concerne la forte prévalence des troubles mentaux parmi la population carcérale : plus du tiers des détenus présentent des troubles psychiatriques ou psychologiques. Le nombre annuel des suicides en détention s’élève à plus d'une centaine (131 en 2018).

Concernant les modes alternatifs d’exécution de la peine d’emprisonnement, on comptait, début 2018, environ 1 500 condamnés qui effectuaient leur peine dans le cadre d’un centre de semi-liberté, 10 200 qui bénéficiaient d’un bracelet électronique et près de 850 qui étaient hébergés dans le cadre d’un centre de placement extérieur.