Qui dirige l’administration ?

On distingue, dans l’organisation de l’administration, l’administration d’État, dont les compétences s’étendent à tout le territoire, et l’administration territoriale, dont les pouvoirs sont limités à la région, au département ou à la commune.

Selon la Constitution, le Gouvernement dirige l’administration. Il s’agit de l’administration d’État. L’article 20 précise qu’il en "dispose". Ce terme fort a été utilisé en réaction à la IVe République, sous laquelle, en raison de l’instabilité gouvernementale, l’administration avait pris une importance croissante assurant ainsi un pôle de stabilité que les institutions politiques ne pouvaient plus offrir et, partant, disposait d’une forme de pouvoir de fait.

L’administration territoriale, quant à elle, est sous l’autorité de l’exécutif de la région, du département ou de la commune, c’est-à-dire du président du conseil régional, départemental ou du maire.

Néanmoins, des spécialistes de science administrative font valoir que l’administration a également tendance à se "diriger elle-même". En effet, il existe, au sein des différentes administrations, des habitudes, des "phénomènes de corps", qui peuvent constituer un obstacle à leur direction par le Gouvernement. Les ministres choisissent d’ailleurs souvent, comme membres de leur cabinet, des hauts fonctionnaires de leur ministère qui en connaissent parfaitement les rouages et "l’esprit". C’est pourquoi on considère parfois que le ministre tend à devenir le porte-parole de son administration au sein du Gouvernement, au lieu d’être le relais du Gouvernement vers son administration.