Prix du pétrole russe : le baril plafonné à 60 dollars par le G7 et l'UE

Décidé par l'UE et le G7, le plafonnement du prix du pétrole à 60 dollars par baril concerne le pétrole russe transporté par bateau et vendu à des États tiers. Ce plafonnement est entré en vigueur le 5 décembre 2022, le même jour et en complément de l'embargo de l’UE sur les importations par voie maritime de pétrole brut en provenance de Russie.

Des barils avec le logo du consortium Lukoil, le plus grand producteur russe de pétrole.
© Kirill Kudryavtsev/AFP

L’embargo européen sur le pétrole brut russe, dispositif décidé par l'Union européenne (UE) fin mai 2022, est entré en vigueur le 5 décembre 2022. Cet embargo supprimera les deux tiers des achats européens de pétrole russe. L’Allemagne et la Pologne ont de surcroît décidé d’arrêter leurs achats via un oléoduc d’ici la fin 2022. Les ventes russes de pétrole brut à destination de l'UE seront alors touchées à plus de 90%.

L'embargo s’accompagne aussi de la mise en place, le 5 décembre, du plafonnement du prix du pétrole russe transporté par voie maritime vers des pays tiers à 60 dollars le baril. Ce nouveau dispositif a été adopté le 3 décembre par l’UE, les pays du G7, groupe des sept (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et l’Australie. Cette mesure de plafonnement du baril de pétrole à 60 dollars a pour objectif de limiter les revenus de la Russie mais aussi, selon le communiqué de presse de la Commission européenne, de stabiliser le marché mondial.

Le mécanisme de plafonnement renforcera l’efficacité de l'embargo, c'est-à-dire qu'il rendra plus difficile une réorientation des exportations du pétrole russe vers des pays tiers.

Réduire les revenus pétroliers russes

Le dispositif prévoit que seul le pétrole vendu à un prix inférieur ou égal à 60 dollars le baril sera désormais autorisé à être transporté et livré. Au-delà de ce montant, il sera interdit pour les entreprises basées dans les pays de l’UE, du G7 et en Australie de fournir des services (négoce, fret, assurance, armateurs...) permettant le transport maritime de pétrole russe vers des pays tiers.

Ce plafond sera revu pour la première fois à la mi-janvier 2023, puis tous les deux mois par l'Union européenne.

L'objectif de ce plafonnement des prix est double, selon la Commission européenne :

  • réduire les revenus qui permettent à la Russie de financer l'effort de guerre contre l'Ukraine ;
  • faire en sorte que le pétrole russe à bas prix continue à alimenter les marchés mondiaux.

Et préserver la stabilité des marchés mondiaux

Les États-Unis, l'UE et d'autres pays du G7 se sont d'ores et déjà engagés à arrêter progressivement leurs achats de pétrole russe.

Toutefois, le plafonnement des prix autorise les opérateurs européens à fournir des services en lien avec le transport de pétrole russe vers les pays d'autres continents comme l'Afrique, l'Asie ou l'Amérique latine, seulement si ce pétrole est acheté à un prix inférieur au plafond fixé.

Les prestations d’assurance de 90% des cargaisons mondiales sont, à l'heure actuelle, fournies par les pays du G7. L’UE pour sa part est un acteur majeur du fret maritime, d’où une certaine capacité à répercuter ce plafonnement sur le pétrole livré à la majorité des clients de la Russie qui n'imposent pas d'embargo, comme l'Inde ou la Chine.

Par ailleurs, tous les pays sont invités à s’associer à ce mécanisme de plafonnement. S’ils ne le font pas, ils pourront continuer cependant à acheter du pétrole russe au-delà du plafond fixé, mais sans recourir aux services de pays occidentaux (assurances, transport, courtage…) pour l’acquérir ou le transporter.