Action climatique : un impact économique élevé

Répondant à une lettre de mission de la Première ministre, France stratégie consacre une note d’analyse à la stratégie française sur la transition vers la neutralité carbone. Il en ressort, d’une part, que son coût pour les finances publiques sera extrêmement élevé tandis que, d’autre part, elle ne sera pas immédiatement synonyme de croissance.

Concept d'immeubles modernes végétalisés.
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Quel prix mettre sur une ressource (un climat stable) qui était auparavant disponible à coût nul ? Dans le cadre de la lutte d'ampleur à mener contre le réchauffement climatique, France stratégie a publié, le 9 novembre 2022, une note sur l'action climatique et ses enjeux macroéconomiques. Rédigée par Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz, cette note d'étape sera suivie d'un rapport au printemps 2023.

Une transition climatique indispensable où l'État jouera un rôle majeur

La création de la stratégie d'action climatique française requerra des moyens considérables. "Il ne manque pas de prétextes pour refuser ou reporter l’effort."

Pourtant, souligne France Stratégie dans sa note, "les politiques publiques ont la capacité de réduire très substantiellement les coûts de transition."

Réaliser le projet, d'ici dix ou vingt ans, d'une économie neutre pour le climat est un objectif atteignable et le mener à bien "est très probablement plus aisé qu’on ne le croyait encore récemment."

Toutefois, cette transition, comparée pour son ampleur aux révolutions industrielles du passé, "va impliquer une obsolescence accélérée du capital", "nécessiter des politiques d’accompagnement" et beaucoup "solliciter les finances publiques."

Pour faire face à ces défis, l'État jouera un rôle central.

Évaluer les coûts macroéconomiques de la transition

Les analyses de cette note portent sur les effets à moyen terme (2030) et à long terme (2050) des politiques qu'il convient d'engager dès maintenant.

Or, "la réflexion macroéconomique sur la transition est en retard." Pourtant, son impact est systémique : elle "va affecter la croissance, l’inflation, les finances publiques, la compétitivité, l’emploi et les inégalités", en France et au niveau international.

Les auteurs de l'étude souligne divers points :

  • "l'égalité des sacrifices", condition "particulièrement exigeante", comme en témoigne le rejet de la taxe carbone ;
  • l'équilibre à trouver entre substitution de capital aux énergies fossiles, réorientation accélérée de la recherche vers cet objectif, modération des consommations (sobriété) ; 
  • enfin, "il ne faut pas se voiler la face" sur les difficultés : prétendre que ces transformations se feront de façon indolore n'est ni convaincant, ni mobilisateur précise la note.

En définitive, un projet faisant véritablement consensus relève de choix collectifs clairement énoncés et crédibles.