Violences conjugales : l'accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie s'améliore

Pour la première fois, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale et l'Inspection générale de la police nationale publient un audit sur l’accueil des victimes des violences conjugales. Les victimes se déclarent globalement satisfaites de la qualité de leur prise en charge.

Femme en pleurs accueillie par un officier de police prenant son témoignage.
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En 2021, 62 000 victimes de violences conjugales ont été prises en charge judiciairement par les services de gendarmerie et près de 58 000 par les services de police.

Les rapports publiés le 20 octobre 2022 par les services de police et de gendarmerie s’inscrivent dans la continuité des conclusions du Grenelle sur les violences conjugales de 2019. L’amélioration de l’accueil et de la prise en charge des victimes font partie des priorités du Grenelle.

Des victimes globalement satisfaites de leur prise en charge

Dans les services de gendarmerie

Selon le rapport de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale, 95% des victimes déclarent ne pas avoir eu de difficultés à déposer plainte. 93% des personnes qui ont déposé plainte estiment que l'enquêteur a pris en compte leur situation dans tous ses aspects. En revanche, 31% d’entre elles n’ont pas été interrogées sur les facteurs possibles de danger. 

La gendarmerie constate que 49% des interventions sont initiées par des tiers, contre 34% en 2020. Cela révèle une prise de conscience plus importante de l’entourage de victimes de violences conjugales.

Dans les services de police

Selon le rapport de l'inspection générale de la police nationale, 84% des personnes estiment que l’environnement et les locaux d’accueil sont satisfaisants. Toutefois, le cheminement entre l’espace d’attente et le bureau de recueil de plaintes est susceptible de mettre les victimes en présence de personnes retenues dans 21% des sites.

Le taux de satisfaction sur la relation policier victime (accueil au standard, gestion des appels 17 police-secours...) baisse de 88% en 2020 à 84% en 2021. Cela s’explique notamment par la baisse de la qualité des "renseignements administratifs" et par l’insuffisance des messages d’accueil téléphonique.

Dans l’ensemble, la qualité de service rendu est reconnue. L’évaluation positive de la qualité de prise de plainte par les victimes se confirme (93% contre 92% en 2020) tout comme celle de la prise en compte globale de la plainte par le policier (91%).

Comment améliorer le dispositif

Les rapports d'audit ont permis de dégager des pistes d’amélioration de l’accueil des victimes, notamment :

  • la formation des personnels dans la compréhension de situations conjugales ou familiales complexes ;
  • le suivi des procédures mises en œuvre après le dépôt de plainte : 20% des victimes de violences conjugales disent ne pas avoir reçu d’explications suffisantes sur les suites judiciaires à leur plainte. 

D’autres pistes sont évoquées comme  :

  • l'amélioration de la confidentialité dans les locaux d’accueil ;
  • la réduction de la durée d’attente pour recevoir les dépôts de plainte ;
  • l'amélioration de la qualité du renseignement téléphonique et celle des réponses aux appels police secours.