Départs en province : près de 240 000 Franciliens sont partis en 2018

Meilleure qualité de vie, prix de l’immobilier plus accessible… Chaque année, de plus en plus de Franciliens partent vivre dans les villes de province, selon une récente étude de l’Insee. Ce phénomène crée des écarts de niveau de vie importants dans les territoires. Où partent-ils ? Ont-ils un niveau de vie supérieur à leurs nouveaux voisins ?

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Les Franciliens emménagent surtout dans les territoires urbains, en particulier les jeunes ménages. © Nicolas Tucat / AFP

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié, le 22 septembre 2022, une étude sur les départs des Franciliens vers les villes de province.

L’Île-de-France perd chaque année des habitants, du fait d’un nombre plus important de départs que d’arrivées. En 2018, près de 240 000 Franciliens ont quitté la région parisienne pour la province ou les départements d'outre-mer et 139 000 personnes seulement s’y sont installées. Cela représente un déficit migratoire de plus de 100 000 habitants.

En dépit de ces déménagements, la population francilienne continue de croître depuis plus de 40 ans, portée par un solde naturel élevé (la région compte plus de naissances que de décès).

18 m² de plus en moyenne pour les logements

Les Franciliens qui quittent leur région sont surtout des personnes seules (43%) ou des couples sans enfant (27%). Près d’un ménage partant sur deux a moins de 40 ans. Pour ces jeunes ménages, le changement de région est souvent lié à un événement familial (départ du domicile parental, mise en couple, naissance d’un enfant, séparation).

Selon l’Insee, les départs des Franciliens sont motivés par le souhait d’améliorer leurs conditions de logement, le coût de l’immobilier étant plus faible en province. Ainsi, la superficie de leur logement augmente de 31% en moyenne, passant de 62 m² à 80 m². Le gain de surface atteint 18 m² pour une personne seule de moins de 30 ans et 30 m² pour un couple de 30 à 39 ans avec enfants. 46% s’installent dans une maison (85% lorsque le déménagement a lieu dans une commune rurale).

Les Franciliens emménagent surtout dans les territoires urbains, en particulier les jeunes ménages. Les dix premières communes d'arrivée sont des grandes villes telles que Lyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux. L’étude explique cette attraction urbaine par la présence d’un marché de l’emploi dynamique proche de celui de l’Île-de-France pour les jeunes actifs et de pôles universitaires pour les étudiants. À partir de 60 ans, ce sont plutôt les territoires ruraux qui attirent les Franciliens, ainsi que les villes balnéaires.

Des écarts de niveau de vie importants

Le niveau de vie médian des ménages qui quittent l'Île-de-France diminue très légèrement une fois installés en province, passant de 2 230 euros à 2 025 euros. Ils ont en moyenne un niveau de vie plus élevé de 15%, avec des disparités importantes sur le territoire.

Le niveau de vie médian des Franciliens âgés de 40 à 59 ans ayant quitté leur région est nettement supérieur à celui de leurs homologues de province (2 050 euros par mois contre 1 780 euros). Les écarts de niveau de vie avec les résidents déjà installés sont particulièrement importants pour les ménages de cette tranche d'âge, atteignant 90% à Lille et 51% à Lyon. Ces communes urbaines, situées à environ une heure de Paris laissent, en effet, la possibilité aux ex-Franciliens de garder leur emploi en région parisienne où le niveau de salaire est en moyenne plus élevé.