Accès à l’éducation : mieux accompagner les enfants en situation de handicap

En 2021, près de 20% des saisines de la Défenseure des droits relatives aux droits de l’enfant concernent des difficultés d’accès à l’éducation de jeunes en situation de handicap. La plupart des réclamations portent sur l’accompagnement humain qui repose sur les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Le point sur cette situation.

Un jeune enfant en situation de handicap intégré dans une classe.
La Défenseure des droits déplore que le système scolaire demande trop souvent aux enfants handicapés de s’adapter et que la qualité de l’accompagnement ne réponde pas toujours aux besoins de l’enfant. © Andreysha74 - stock.adobe.com

Le 26 août 2022, la Défenseure des droits a publié un rapport sur l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap. Si des avancées existent, le rapport dresse toutefois un état des lieux préoccupant et avance des pistes pour une école réellement inclusive et sans discrimination.

Des avancées

Ces dernières années, une impulsion politique en faveur de l’école inclusive a fait progresser :

  • le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire, passé de 321 500 à la rentrée 2017 à plus de 400 000 en 2021 (+19%) ;
  • le nombre d’AESH recrutés par l’Éducation nationale (125 000 en 2021, soit +35% en cinq ans).

Mais un décalage persiste entre l’augmentation des moyens humains et financiers en faveur de l’accompagnement des élèves handicapés et le nombre croissant d’enfants dont les besoins sont non ou mal couverts.

Des freins à l’inclusion scolaire

La Défenseure des droits déplore que :

  • le système scolaire demande trop souvent aux enfants handicapés de s’adapter. Les prescriptions d’AESH par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ne cessent de croître, devenant la principale réponse à l’inclusion. Or, selon la Défenseure, cette approche individuelle peut contribuer à restreindre l’environnement scolaire des élèves concernés et à compliquer leur scolarisation en l’absence d’AESH. Elle estime que l’école doit rendre son environnement (infrastructures, contenu et supports des cours…) accessible aux jeunes ;
  • des contraintes de gestion priment sur l’intérêt supérieur de l’enfant. Beaucoup de jeunes ne peuvent pas bénéficier de l’accompagnement humain dont ils ont besoin, faute de budget ou de candidatures. Ils peinent à suivre les apprentissages et se retrouvent parfois déscolarisés. Le métier d’AESH est devenu moins précaire et s’est professionnalisé, mais reste trop peu attractif (en général, contrat de 24 heures par semaine pour 800 euros par mois). Par ailleurs, les intervenants du temps périscolaire (cantine…) étant gérés par les collectivités locales, les AESH ne peuvent pas couvrir ce temps, au détriment du besoin de stabilité de l’enfant ;
  • la qualité de l’accompagnement ne réponde pas toujours aux besoins de l’enfant. Les AESH sont peu formés, peu intégrés à la communauté éducative, et leurs missions mal définies.

Pour une école plus inclusive

La Défenseure recommande notamment :

  • de mieux former tous les acteurs de l’Éducation nationale à l’accueil des enfants en situation de handicap ;
  • de garantir des aménagements effectifs de la scolarité, adaptés aux besoins de chaque élève ;
  • d’adopter des outils statistiques permettant d’appréhender finement les modalités et le temps de scolarisation réel des élèves handicapés, le temps de présence des AESH, les modes d’accompagnement… ;
  • d’organiser des formations communes aux enseignants et aux professionnels du secteur médicosocial ;
  • de développer la collaboration entre professionnels de l’école (AESH, enseignant, directeur…) ;
  • d’impliquer davantage l’État dans le recrutement des accompagnants sur le temps périscolaire, afin d’assurer la continuité de l’accompagnement.