Investissements dans les transports : un retard à rattraper

En place depuis 2021, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) a rendu un avis sur l’action publique en matière d’investissements dans les secteurs des mobilités et des transports. Il souligne les efforts réalisés en matière de décarbonation mais pointe des retards importants pour la modernisation des infrastructures ferroviaires.

Péniche sur la Seine, à Paris, transportant des conteneurs.
Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) note une accélération des mutations en matière de transports, sous l'effet notamment d'un volontarisme politique européen et d'un rôle croissant des collectivités locales. © hcast - stock.adobe.com

Place du fret ferroviaire et du fret fluvial, transports publics, conversion des véhicules thermiques… tous ces aspects sont abordés dans le rapport du COI sur le bilan et les perspectives des investissements pour les transports et les mobilités remis le 16 mars 2022 au gouvernement.

Le travail des rapporteurs s'appuie sur des réunions territoriales qui se sont tenues avec les présidents de conseils régionaux et les préfets de région pour faire un point sur les réalisations et les attentes des acteurs locaux.

Une montée en puissance des investissements dans les transports

Si le COI note une accélération des mutations en matière de transports ces dernières années, sous l'effet d'un volontarisme politique européen et d'un rôle croissant des collectivités locales, il fait le constat d'un retard important dans le renouvellement des infrastructures.

Des efforts d'investissements ont toutefois été entrepris dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités (LOM) et sous l'effet de la relance consécutive à la crise sanitaire, notamment pour les routes nationales non concédées et les voies fluviales.

Dans le secteur ferroviaire, les rapporteurs soulignent aussi une mobilisation des pouvoirs publics en matière de desserte fine des territoires mais ils estiment les crédits de renouvellement pour le réseau ferroviaire "très en deçà du niveau requis". Conséquence : un retard pris dans la modernisation du réseau.

Les efforts d'investissements réalisés en marge de la LOM, en association avec les collectivités locales sont d'ailleurs évoqués avec :

  • un renforcement des soutiens à la conversion industrielle en vue de la décarbonation des mobilités ;
  • une accélération des projets ferroviaires de lignes à grande vitesse après une pause en 2017 ;
  • une mise en place d'une stratégie nationale portuaire intégrant la réduction des importations d’hydrocarbure ;
  • une stratégie de développement du fret ferroviaire et un contrat de performance de Voies navigables de France.

Des efforts financiers à prolonger

Ce volontarisme devra être réaffirmé dans les années à venir, selon les rapporteurs, malgré un contexte contraint des finances publiques. Le COI précise les secteurs d'investissements à renforcer avec :

  • un effort en matière de commodité pour les voyageurs dans les transports publics urbains et régionaux, malgré les futures dépenses de fonctionnement déjà conséquentes ;
  • une mise à niveau avec les autres pays européens (régénération du matériel, commande centralisée du réseau, développement du système européen de gestion du trafic ferroviaire ERTMS et de la 5G) ;
  • une modernisation des infrastructures pour les routes, les ports et les voies navigables en intégrant les nouveaux dispositifs de la loi sur la différenciation, la décentralisation et la déconcentration dite loi 3DS et la fin éventuelle des concessions autoroutières dans dix ans.

Pour tenir ces objectifs, l’effort financier devra atteindre 200 milliards d’euros sur dix ans et se prolonger ultérieurement. Le COI recommande une amélioration de la gouvernance des programmes, des projets et des relations entre cofinanceurs et maîtres d’ouvrages.

Dans un prochain rapport à venir à l'automne 2022, le Conseil soumettra au futur gouvernement trois scénarios d’investissements pour les 20 prochaines années.