Délinquance : une répartition inégale sur le territoire français

La délinquance se répartit inégalement sur le territoire français. La majorité des crimes et délits sont commis sur seulement 1% des communes métropolitaines, en général des villes de plus de 100 000 habitants. La délinquance frappe beaucoup moins les zones rurales.

Gendarmerie dans une commune française.
Le nombre de crimes et délits pour 1 000 habitants est plus élevé au sein des grandes unités urbaines. Le niveau d’exposition à la délinquance croît avec la densité de population. © OceanProd - stock.adobe.com

En mars 2022, le ministère de l’intérieur a publié une étude sur la géographie de la délinquance qui analyse la délinquance à l’échelle communale pour dix indicateurs correspondant à des grandes catégories de crimes et délits : coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus (en distinguant les violences intrafamiliales des autres), violences sexuelles, vols avec armes, vols violents sans arme, vols sans violence contre des personnes, cambriolages de logement, vols de véhicules, vols dans les véhicules, vols d’accessoires sur véhicules.

Une répartition inégale

Au 1er janvier 2021, la France métropolitaine comptait 34 836 communes, dont près de 70% de moins de 1 000 habitants (petites communes) et 0,1% de plus de 100 000 habitants (grandes villes).

En 2021, d’après les services de police et de gendarmerie :

  • 1% des communes ont enregistré la majorité des faits de délinquance, pour chaque catégorie étudiée (50% des cambriolages, 50% des coups et blessures volontaires sur personnes d’au moins 15 ans commis dans le cadre familial, 85% des vols violents sans arme) ;
  • 15% des communes n’ont recensé aucune des dix catégories d'infraction.

Une délinquance très concentrée dans les grandes villes

Le nombre de crimes et délits pour 1 000 habitants est plus élevé au sein des grandes unités urbaines. Le niveau d’exposition à la délinquance croît avec la densité de population. On observe que :

  • les vols avec arme, les vols violents sans arme (75 fois plus fréquents en grande ville) et les vols sans violence contre des personnes (12 fois plus nombreux) sont caractéristiques des communes les plus peuplées ;
  • la répartition territoriale des violences sexuelles, des coups et blessures volontaires intrafamiliaux et des cambriolages s’avère plus uniforme. Le taux de victimes pour 1 000 habitants passe de 0,8 dans les petites villes à 1,5 dans les grandes pour les violences sexuelles, de 0,8 à 4 pour les coups et blessures volontaires hors cadre familial, et de 0,8 à 3,1 pour les vols de véhicules. Le cambriolage constitue la forme de délinquance la plus uniformément répartie : le taux pour 1 000 logements varie de 2,1 (petites communes) à 4,1 (grandes villes).

Ainsi, la délinquance touche surtout :

  • les capitales régionales (nouvelles ou anciennes, au regard de la réforme de 2015) et leur banlieue (Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes…), hormis Ajaccio et Châlons-en-Champagne ;
  • les côtes méditerranéenne et atlantique ;
  • la vallée du Rhône ;
  • la frontière franco-belge.

Des communes rurales relativement épargnées

Les communes qui n’ont enregistré aucun acte de délinquance pour plusieurs des dix indicateurs retenus se situent :

  • le long d’une diagonale allant des Ardennes aux Pyrénées ;
  • dans une partie des massifs montagneux (Alpes, Jura, Pyrénées).

Dans les communes rurales, qui accueillent 33% de la population métropolitaine, les forces de sécurité ont néanmoins recensé près d’un quart de chaque grande catégorie de crimes et délits en 2021. Cette part est maximale pour les violences sexuelles (27%) et les cambriolages (24%).