Covid-19 : baisse du transport ferroviaire de voyageurs en 2020

Selon le bilan ferroviaire 2020 de l'Autorité de régulation des transports (ART), la pandémie de Covid-19 a fait baisser la part du transport ferroviaire de voyageurs par rapport à la route. Cependant, cette baisse a moins affecté le fret et le transport express régional (TER).

Arrivée d'un TGV en gare de Bordeaux.
En 2020, la fréquentation ferroviaire a chuté de 42% en nombre de voyageurs, la France se situant à un niveau équivalent ou inférieur à la baisse de plus de 40% constatée dans la plupart des pays européens. © katatonia - stock.adobe.com

Après une première synthèse dévoilée fin décembre 2021, l'Autorité de régulation des transports (ART) a publié un bilan ferroviaire de l'année 2020 complet et enrichi de nouveaux indicateurs.

Transport ferroviaire 2020 : des taux de fréquentation à nuancer

La crise sanitaire a touché, à des degrés divers, l'ensemble du secteur du transport ferroviaire. Toutefois, les conséquences n'ont pas eu la même portée pour le réseau ferré national ou les trains à grande vitesse (TGV), les trains express régionaux (TER) ou encore le fret.

Ainsi : 

  • l'utilisation du réseau ferré national a baissé de 25% par rapport à son dernier niveau haut de 2017 (le trafic étant plus concentré sur les parties les plus utilisées du réseau ferré) ;
  • la fréquentation ferroviaire a chuté de 42% alors que l’offre ferroviaire diminuait de 21%, ce qui a conduit à de fortes baisses du taux d’occupation de l’ensemble des services ; 
  • les activités domestiques des TGV et des TER ont repris plus rapidement que les activités internationales et la ponctualité des services s'est améliorée ;
  • la part modale (répartition en % des différents modes de déplacements) du transport ferroviaire de voyageurs a baissé de 2,5 points pour atteindre 7,6% en 2020, la route ayant été moins touchée ;
  • la part du transport de fret s'est maintenue à 9,7%, soit une légère baisse de 0,2 point par rapport à 2019 ;
  • les revenus des gestionnaires d’infrastructure liés aux péages ont baissé de 12,5% en 2020 mais les coûts d'exploitation (gestion des circulations, entretien et surveillance) n'ont diminué que de 6%.

Poursuite du renouvellement des équipements et de l'ouverture à la concurrence

Le rapport complet de l'ART présente de nouvelles analyses concernant notamment les dépenses d’entretien de l’infrastructure ferroviaire ou l'activité des corridors de fret. Il relève également que la crise sanitaire n'a pas affecté l'ouverture à la concurrence des services domestiques de transport ferroviaire de voyageurs.

L'âge moyen des voies est 28,9 ans. Les lignes classiques ont rajeuni de près de deux ans depuis 2015 du fait des actions de renouvellement et de fermeture des lignes les plus vétustes (soit 21% des voies considérées comme "hors d'âge"). En revanche, l'état moyen des lignes à grande vitesse (LGV) s’est dégradé en particulier sur l’axe le plus fortement fréquenté (LGV Sud-Est). 

La crise sanitaire n'a cependant pas freiné l’intérêt des opérateurs alternatifs et des régions pour l’ouverture à la concurrence. Celle-ci est, pour les régions, effective depuis le 13 décembre 2020.

Cinq opérateurs alternatifs ainsi que l'opérateur historique, SNCF Voyageurs, ont déclaré leur intention d’exploiter des services librement organisés sur lignes à grande vitesse et lignes classiques. 
 
Depuis 2019, les régions peuvent recourir à une attribution directe de contrats ou au terme d'une mise en concurrence. Cinq régions se trouvent engagées dans le lancement de processus d'appels d'offres : la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour la ligne Marseille-Nice, celle des Hauts-de-France mais aussi le Grand Est, les Pays de la Loire et l'Île-de-France.