Les dépenses d'éducation en baisse en 2020

En 2020, la France a consacré 160,6 milliards d’euros au financement des dépenses d'éducation, en recul de 2,6% par rapport à 2019. Ces dépenses ont été impactées par la crise sanitaire et par la fermeture des écoles et établissements scolaires pendant plusieurs semaines.

Marelle dessinée au sol dans une cour d'école.
Les collectivités territoriales ont vu leur contribution au financement de l'éducation diminuer (-1,3%), mais restent les deuxièmes financeurs de la dépense intérieure d'éducation, après l'État, © Marc Meinau - stock.adobe.com

Une note de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) chiffre le montant de la dépense intérieure d'éducation (DIE) de la France à 160,6 milliards d'euros en 2020.

Cette dépense a atteint 7% du PIB national (son plus haut niveau depuis 2010). Selon la Depp, ce chiffre s'explique par le fait que la baisse de la DIE (-2,6%) a été moins conséquente que celle de l’activité économique (-7,9%).

En 2020, la dépense moyenne pour un élève ou un étudiant s’établit à 8 900 euros et croît avec le niveau d’enseignement.

Une moindre dépense des collectivités territoriales et des ménages

La fermeture des écoles et des établissements lors du premier confinement a occasionné moins de dépenses pour les familles, notamment de cantines, d'internat, de transports et de voyages scolaires. En revanche, le port du masque, rendu obligatoire à la rentrée 2020, a représenté un coût supplémentaire. Au final, la participation des ménages à la DIE s'élève à 10,4 milliards d'euros en 2020 (-1,4%).

Les collectivités territoriales ont également vu leur contribution au financement de l'éducation diminuer (-1,3%), mais restent les deuxièmes financeurs de la DIE, après l'État, avec un total de 36 milliards d'euros. Les communes sont en charge des écoles maternelles et élémentaires, les départements des collèges et les régions des lycées.

Si la participation des départements à la DIE reste inchangée (3,8%), celle des communes a reculé (11,9%) en raison d'une baisse des dépenses de fonctionnement pendant le confinement, mais aussi d'une chute de l'investissement qui serait due aux élections municipales. 

L'année 2020 a également été marquée par la réforme du financement de l'apprentissage, transférée des régions aux entreprises par la loi de 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. De ce fait, la participation des régions à la DIE a baissé (6,7%), tandis que celle des entreprises a augmenté (9,1%).

Un renforcement du rôle de l'État

La part de l’État au financement de l'éducation se renforce en 2020 (+1,5%) pour une dépense totale de 94,4 milliards d'euros.

La Depp explique cette hausse par la mise en place :

  • d'aides exceptionnelles accordées aux familles pour faire face à la crise, en particulier sur les bourses d'études dans l'enseignement supérieur (+150 millions d'euros) et l’allocation de rentrée scolaire qui a été majorée de 100 euros par bénéficiaire (+530 millions) ; 
  • de mesures décidées avant la crise sanitaire. La priorité accordée au premier degré depuis 2017 s'est traduite par la poursuite du dédoublement des classes aux grandes sections de maternelles dans les zones REP ou REP+. Dans le second degré, il s'agit de mesures en faveur de l'inclusion scolaire, avec notamment la création de 8 000 postes d'accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).