Égalité femmes-hommes : un sexisme persistant selon le Haut Conseil à l'égalité

Pour la 3e année, le Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes (HCEfh) publie un rapport sur l’état du sexisme en France à travers une observation des évolutions dans la sphère professionnelle et familiale. Le rapport 2021 s’arrête sur les effets des confinements. Il s’intéresse aussi au sexisme dans certains secteurs comme celui de la presse.

Femme travaillant en caisse.
Pendant les confinements, les femmes ont dû, plus que les hommes, concilier activités professionnelles et familiales. © hedgehog94 - stock.adobe.com

Remis le 18 novembre 2021, le 3e rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) porte sur l’année 2020 et le début de l’année 2021. Ce rapport couvre les périodes de confinements pendant lesquelles les inégalités entre les sexes ont pu s'accentuer. Il évoque également l’effet du mouvement #Metoo étendu à certains secteurs de l'enseignement tout en observant plus particulièrement le sexisme dans le milieu de la presse écrite.

Des femmes plus nombreuses dans les emplois précaires

Les périodes de confinements successives liées au Covid-19 ont renforcé les inégalités entre les sexes en sollicitant davantage les femmes, plus nombreuses dans les secteurs tertiaires de la santé (infirmières, aides-soignantes, auxiliaires de vie) ou dans les commerces essentiels (caissières). Plus que les hommes, elles ont dû concilier activités professionnelles et familiales.

Les chiffres des violences conjugales en 2020

D'après un communiqué du ministère de l'intérieur du 22 novembre 2021, 102 femmes ont été tuées par leur partenaire en 2020. Dans le même temps, les forces de sécurité ont enregistré 159 400 victimes de violences conjugales commises par leur partenaire (+10% par rapport à 2019). Parmi les victimes de ces violences physiques, 139 200 sont des femmes.

Occupant plus que les hommes des emplois en CDD ou en interim, elles ont été également les premières victimes de la destruction d’emplois causée par la baisse d’activité liée au Covid-19.

Dans le monde du travail, les observateurs font remarquer encore le peu d’améliorations en matière de lutte contre le sexisme depuis 2019, avec un "plafond de verre" persistant pour les femmes souhaitant atteindre des fonctions à haut niveau managérial.

Un sexisme particulièrement présent dans certains secteurs

Le mouvement #Metoo, qui a émergé dans le milieu du cinéma, a révélé des cas de violences sexistes ou sexuelles dans d’autres secteurs où existe un fort rapport de domination :

  • le sport (un sportif sur sept – dans 83% des cas des femmes – victime de violences sexuelles ou sexistes avant ses 18 ans) ;
  • les écoles d’art ;
  • les écoles de commerce ;
  • et les IEP.

Dans le secteur plus spécifique de la presse écrite, sur lequel le HCEfh a porté son attention dans cette 3e édition, le sexisme est particulièrement présent.

Le rapport cite pour exemple : 

  • le peu de femmes signataires d’articles longs ;
  • 80% à 95% des articles de journaux analysés concernent essentiellement des hommes ;
  • une exacerbation des stéréotypes sur les femmes (blanches, blondes, jeunes et minces) dans certaines publications.

Pour lutter contre ce phénomène déjà observé dans l'état des lieux sur le sexisme du HCEfh publié en 2020, le Haut Conseil émet des recommandations, parmi lesquelles celles :

  • d'introduire des quotas de femmes aux postes décisionnaires et à responsabilité éditoriale ;
  • de conditionner les aides à la presse à un système de bonus/malus basé sur le respect de l’égalité femmes-hommes ;
  • de créer un "observatoire de l’égalité dans la presse" pour accompagner les entreprises.

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