Pics de pollution de l'air : faut-il revoir les seuils d'information et d’alerte ?

Les pics de pollution de l’air affectent la santé : le nombre d'hospitalisations pour troubles cardiaques ou respiratoires, voire de décès, augmente. Afin de limiter ces effets, l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) préconise de modifier les seuils à partir desquels sont déclenchées les mesures de protection des populations.

Vue aérienne de Paris dans la pollution.
L'Anses recommande de revoir à la baisse les seuils d’information et d’alerte et d'intégrer à leur définition la surveillance des PM2,5 (particules de – 2,5 micromètres) afin de mieux protéger la santé de la population. © Altabena - stock.adobe.com

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a ainsi rendu, fin septembre 2021, son avis sur la modification des seuils de déclenchement des procédures préfectorales en cas d’épisodes de pollution de l'air ambiant. L'Anses souligne les bénéfices potentiels d’un abaissement de ces seuils. Les risques sanitaires apparaissent en effet à des niveaux de concentration en polluants inférieurs aux seuils actuels.

Seuils d'information et d'alerte

La France enregistre chaque année des épisodes (ou pics) de pollution de l’air ambiant dont l’intensité, l’ampleur géographique et la durée dépendent des conditions météorologiques. Le préfet peut alors décider de mettre en œuvre des mesures adaptées. Les seuils de déclenchement de ces procédures reposent sur la mesure de la concentration dans l’air de différents polluants : les particules de diamètre inférieur à 10 micromètres (PM10), le dioxyde d’azote (NO2), l'ozone (O3) et le dioxyde de soufre (SO2).

La réglementation en vigueur prévoit déjà :

  • un seuil d’information et de recommandation, "au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine de groupes particulièrement sensibles au sein de la population". Une fois ce seuil atteint, des informations et des recommandations sont diffusées à destination de ces personnes ; 
  • un seuil d’alerte, "au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou de dégradation de l’environnement, justifiant l’intervention de mesures d’urgence" (restrictions de circulation, obligation pour les industriels de réduire leurs émissions…).

Des seuils à revoir ?

L’indice Atmo informe les citoyens au quotidien sur la qualité de l’air. Cet indice qui intègre,  depuis le 1er janvier 2021, les particules de moins de 2,5 micromètres (PM2,5) qualifie l’air de "bon", "moyen", "dégradé", "mauvais", "très mauvais" ou "extrêmement mauvais".

Les autorités publiques veillent à la cohérence entre la procédure de gestion des pics de pollution et l’indice Atmo. Par conséquent, souhaitant modifier le dispositif de déclenchement des mesures, elles ont saisi l’Anses. Le nouveau seuil d’information correspondrait au passage d’un niveau d’Atmo "dégradé" à "mauvais", et le seuil d’alerte au passage de "mauvais" à "très mauvais".

Dans ses conclusions, l'Anses recommande :

 

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