Lutte contre les fausses informations : bilan contrasté du CSA sur les plateformes numériques

Le CSA publie un deuxième bilan des mesures mises en place pour lutter contre la manipulation de l'information. L'étude cible particulièrement onze plateformes en ligne majeures. Elle observe les moyens mis en œuvre pour le signalement de "fake news" via des systèmes d'algorithmes. Un enjeu majeur à l'approche de l'élection présidentielle.

Clavier équipé d'une touche rouge indiquant "Vérification des faits".
Les dispositifs de signalement de fausses informations ont été mis en place par l'ensemble des opérateurs, à l'exception de la Fondation Wikimédia dont le contenu est actualisé en continu par les modérateurs. © momius - stock.adobe.com

Conformément à la loi du 22 décembre 2018 relative à la manipulation de l'information, les plateformes numériques sont soumises à des obligations de transparence lorsqu'elles diffusent des contenus contre rémunération. Elles doivent notamment rendre publics leurs algorithmes. C'est sur la base des informations provenant de onze grands acteurs du secteur que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a publié, le 21 septembre 2021, un bilan de l'année 2020 sur les mesures mises en place par les plateformes en ligne, en observant la prise en compte des recommandations précédemment émises.

Les recommandations du CSA

Après analyse des données recueillies, le CSA formule une série de préconisations aux plateformes en ligne parmi lesquelles celles de :

  • simplifier l’outil de signalement avec une meilleure visibilité afin que l’envoi d’un signalement puisse être finalisé en trois clics maximum ;
  • mieux informer les auteurs de signalements des procédures et risques encourus avec une précision sur les délais ;
  • maintenir une intervention humaine, en complément des systèmes automatisés dans les moyens de détection de fausses informations même en période de crise aigüe et d'afflux d'informations sujettes à caution.  

S'agissant des systèmes d'algorithmes mis en place pour déceler les fausses informations, le CSA suggère : 

  • d'être plus explicite sur leur mode de fonctionnement vis-à-vis des utilisateurs ;
  • de déclarer toutes ressources, outils, modifications opérées pour lutter contre les informations biaisées. 

Onze plateformes concernées

L'étude du CSA cible onze plateformes dépassant un seuil de connexions de cinq millions de visiteurs uniques par mois qui sont, conformément à la loi, tenues à un devoir de coopération. Il s'agit de : Dailymotion, Facebook, Google, Linkedin, Microsoft, Snapchat, Twitter, Unify (Doctissimo), Webmedia (jeuvideo.com), Fondation Wikimédia, Verizon Media (Yahoo search).

Le CSA observe un niveau très hétérogène de réponses même s'il note une progression dans la quantité et la qualité des réponses transmises.

Il signale cependant un manque général d'informations sur : 

  • le fonctionnement des systèmes algorithmiques ;
  • les moyens mis en œuvre par les publicitaires pour lutter contre la manipulation de l'information et les recettes publicitaires potentielles émanant de comptes propageant de fausses informations ;
  • les données chiffrées sur l'effectivité des moyens déployés.  

Toutefois, des dispositifs de signalement de fausses informations ont été mis en place par l'ensemble de ces opérateurs, à l'exception de la Fondation Wikimédia dont le contenu est actualisé en continu par les modérateurs.

Par comparaison avec le bilan 2019, le CSA constate une hausse de la quantité d'informations transmises par les opérateurs mais regrette un manque de transparence à l'égard des utilisateurs, notamment en ce qui concerne les systèmes automatisés et la recommandation de contenus.

Autres points d'amélioration évoqués : les sources d'autorité sont mieux identifiables sur les sites et les mesures à l'encontre de comptes propageant de fausses informations sont en hausse. Le CSA regrette néanmoins une hétérogénéité des niveaux de mise en garde contre la manipulation de l'information avec une multiplicité de termes employés qui peut produire une confusion (infox, fake news, mésinformation, désinformation...).

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