Startups industrielles : un financement à renforcer

Biotechnologies, santé, robotique, énergie... Les startups industrielles représentent environ 12% des startups en France. Publié en septembre 2021, un rapport sur le développement de ces startups en phase d'industrialisation propose un certain nombre de leviers pour mieux accompagner et financer les nouveaux projets d'usines.

Photomontage illustrant le concept de création et de virtualité d'un projet startup.
Difficulté à trouver un financement, manque d'expérience et obstacles administratifs empêchent souvent les startups de passer à la phase d'industrialisation. © sdecoret - stock.adobe.com

Présentes dans les domaines des biotechnologies de l'intelligence artificielle, de la robotique ou encore par exemple de l'informatique quantique, les startups industrielles sont environ 1 500 en France. Elles constituent un levier pour créer des usines et des emplois. Selon l'analyse récente d'un cabinet de conseil, les 15 principales startups à vocation industrielle du French Tech 120 (promotion 2020) pourraient créer 3 000 emplois d'ici 2025 et jusqu’à 10 000 en 2030.

Toutefois, le rapport de la mission de l’Inspection générale des finances (IGF) et du Conseil général de l’économie (CGE) sur les startups industrielles souligne l'existence de freins pour entrer dans la phase d'industrialisation. Ses conclusions proposent ainsi des pistes pour améliorer la capacité des startups à produire elles-mêmes.

Des obstacles à la phase d'industrialisation

Lorsque le travail d'innovation a abouti, l'entreprise a trois possibilités, explique le rapport :

  • sous-traiter la fabrication à une autre entreprise ;
  • vendre le produit de leur recherche à une autre société ;
  • ou produire elle-même.

Or, si les startups industrielles sont soutenues par les aides publiques pour la partie recherche et développement (R&D) avec le plan France relance par exemple, il en va autrement pour la phase d'industrialisation.

Elles connaissent en effet trois types de freins :

  • difficulté à trouver un financement pour ouvrir des sites de production, les financeurs en fonds propres, les banques, les garanties et prêts publics sont limités (notamment en raison des risques) ;
  • manque d'expérience des dirigeants de startups en création de site industriel ;
  • obstacles administratifs (délais trop longs, blocages, par exemple).

Plus de financements et d'accompagnements

Face à constat, le rapport de l'IGF-CGE publie 13 recommandations pour aider les startups à vocation industrielle à entrer en production.

Pour trouver des financements, le document propose ainsi plusieurs pistes pour augmenter l'offre de capitaux et notamment créer : 

  • un fonds "multi-corporate" reposant sur une contribution des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) industrielles françaises ;
  • ou un fonds public "pré-SPI" (société de projets industriels) dédié au financement de démonstrateurs ;
  • un prêt "industrialisation" géré par Bpifrance.

Par ailleurs, accompagner les startups pourrait être le rôle d'un programme territorialisé répondant aux besoins des startups industrielles chaque année pour :

  • détecter, dès la phase de R&D, 300 à 400 projets de startups susceptibles de passer en production ;
  • aider à produire, en partenariat avec les régions et Bpifrance, 100 dossiers d’industrialisation de startups industrielles ;
  • labéliser et accompagner 40 startups portant un projet de production en France, le French Fab 40, sur le modèle du French Tech 120.

Quant à l’implantation des sites industriels et aux obstacles administratifs et réglementaires, les startups pourraient demander un suivi renforcé en "mode projet" au niveau local, un accès facilité au futur "guichet de résolution des blocages" de France Expérimentation.

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