Fret ferroviaire : comment faciliter son développement ?

La loi d’orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019 avait marqué une volonté d’accélérer la renouveau des réseaux de transport ferroviaire. Le projet de stratégie nationale pour le développement du fret ferroviaire, élaboré avec cet objectif, a été soumis au Conseil d’orientation des infrastructures (COI) qui vient de remettre son avis.

Locomotive diesel tractant un train de marchandises en gare de Montbéliard, dans le Doubs (25).
Le COI (Conseil d'orientation des infrastructures) préconise une vision quinquennale de la stratégie de développement du fret ferroviaire, avec trois phases successives jusqu’en 2043. © Leonid Andronov - stock.adobe.com

Le fret ferroviaire représente, avec le fret fluvial, une alternative au fret routier très largement dominant. Il constitue un levier important pour la réduction des émissions de carbone. Dans son avis sur la stratégie de développement du fret ferroviaire remis le 15 septembre 2021 au gouvernement, le COI (Conseil d'orientation des infrastructures) prône une stratégie quinquennale pour redynamiser ce secteur, le développer et l'amplifier d'ici 2043.

Une nécessaire montée en puissance du fret ferroviaire

Ce rapport fait suite aux dispositions de l’article 178 de la loi d'orientation des mobilités du 24 décembre 2019 qui prévoit la réalisation d’une stratégie pour le développement du fret ferroviaire sur des points de recommandation du COI.

En préambule de son rapport, le COI insiste sur les enjeux environnementaux qui fondent la stratégie en matière de transports, notamment la décarbonation par la voie d’une offre de transports plus diversifiée. Le Conseil argumente la nécessité d’une montée en puissance du fret ferroviaire par :

  • une conversion de motorisation aux énergies décarbonées qui sera certes plus tardive pour les modes de transport longues distances (modes fluviaux et ferroviaires) ;
  • un rattrapage nécessaire du retard pris par la France par rapport à ses voisins européens qui ont fait le choix du recours à l’éco-contribution pour financer la transition énergétique ;
  • la nécessité de redresser un secteur en déclin depuis 30 ans en dépit des politiques d’encouragement au développement du ferroviaire issues du Grenelle de l’environnement.

Les préconisations du Conseil d'orientation

Pour y parvenir, les rapporteurs recommandent plusieurs axes :

  • impliquer davantage les acteurs (chargeurs et clients), en perte de confiance dans la fiabilité du système ferroviaire, par une meilleure stratégie de communication de la SNCF tout en s’inspirant des bonnes pratiques de voisins européens concernant la prise en charge financière des coûts fixes des installations ;
  • moderniser les infrastructures de transport ferroviaire en améliorant notamment l’exploitation et la signalisation du réseau mais aussi les matériels roulants, en réduisant les nuisances sonores, en développant les technologies de suivi GPS dans le respect des systèmes européens de gestion ferroviaire (ERTMS) ;
  • associer les collectivités locales aux stratégies de développement du fret ferroviaire et fluvial pour une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des territoires.

Le COI préconise enfin une vision quinquennale de la stratégie de développement du fret ferroviaire, en trois phases successives jusqu’en 2043 avec, à l’issue de chacune d’elle, "un volet d’évaluation des efforts et des résultats atteints en matière de logistique".