Hôpitaux et cliniques  : les chiffres clés de l'année 2019

Capacités d'accueil en soins critiques, parcours des patients, personnels, équipements... La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie son édition 2021 sur les établissements de santé en 2019. Cette édition sur la situation en 2019 souligne en particulier une baisse du nombre d'hôpitaux.

Fronton d'un hôpital moderne.
En 2019, le nombre d'établissements hospitaliers a baissé de 3,7% et touche surtout les hôpitaux publics, -4,6% entre 2013 et fin 2019. © Lulu Berlu - stock.adobe.com

L'édition 2021 sur les établissements de santé comprend 32 fiches thématiques, des tableaux, cartes et graphiques, une bibliographie et des définitions sur les données de l'année 2019 concernant en particulier les hôpitaux publics et les cliniques privées.

Ces documents présentent certaines activités spécifiques : chirurgie et obstétrique, psychiatrie, hospitalisation à domicile... Ils proposent aussi des indicateurs de qualité et de sécurité des soins, ainsi que des éléments de cadrage économique et financier. Deux nouvelles fiches cette année : les effectifs hospitaliers et les capacités d’accueil en soins critiques (réanimation, soins intensifs et surveillance continue).

Moins d'hôpitaux et plus d'hospitalisation partielle

En 2019, le nombre d'établissements hospitaliers a baissé : 3 008 structures, contre 3 125 fin 2013 (-3,7%). Cette évolution touche surtout les hôpitaux publics, qui sont passés de 1 420 en 2013 à 1 354 fin 2019 (-4,6%).

En 2019, 123,9 millions de journées d'hospitalisation ont été enregistrées. Une hausse due au vieillissement de la population et au développement de l'hospitalisation partielle (court et moyen séjour).

Cette évolution s'accompagne d'une diminution de l'hospitalisation complète (avec nuits), comptée en lits : 11,7 millions de séjours (-76 000 par rapport à 2003). Cette baisse intervient surtout en médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie (MCO), qui représentent 86% des séjours avec nuitées, et en psychiatrie. La plus importante suppression de lits en court séjour concerne les unités de soins de longue durée (USLD), en raison notamment de leur transformation en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Le document pointe également une nette augmentation de l'hospitalisation partielle (sans nuitées) comptée en places : 17,6 millions de journées enregistrées en 2019 (+6,8% entre 2016 et 2019), dont les courts séjours ("virage ambulatoire"), devenus possibles grâce aux innovations techniques et médicales (anesthésie, par exemple). La hausse des capacités d'hospitalisation (79 000 en 2019 contre 49 000 en 2003) concerne les courts séjours, qui ont progressé de 6% par an entre 2003 et 2013, puis ont ralenti (+0,8% par an jusqu'en 2019).

La Drees note par ailleurs, pour la première fois depuis 2002, un recul du taux d’endettement des hôpitaux publics. Enfin, les données révèlent un ralentissement des effectifs salariés hospitaliers depuis 2013.

Évolution des prises en charge

L'hospitalisation complète a beaucoup diminué en médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie.

L'ouvrage note le développement continu des soins en ambulatoire, qui concernent en majorité les séances de dialyse (7,2 millions), de radiothérapie (4,1 millions) et de chimiothérapie (2,9 millions).

L'hospitalisation à domicile (HAD) progresse également. En 2019, les séjours en HAD représentent 6,3% des journées d'hospitalisation complète et ont lieu en majorité dans le secteur privé à but non lucratif.

Si les cliniques privées effectuent 63% de la chirurgie ambulatoire ambulatoire (cataracte, arthroscopie...), les actes plus complexes et plus longs sont réalisés dans les établissement publics (soins de longue durée et psychiatrie). Les hôpitaux se chargent aussi des urgences : des blocs opératoires spécifiques à l'urgence y sont disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La Drees note d'ailleurs que le nombre annuel de passages aux urgences progresse moins rapidement depuis 2016.

Autre activité réalisée majoritairement à l'hôpital public, les interruptions volontaires de grossesse (88% des IVG). Quant aux accouchements, une part croissante est réalisée dans des maternités presque exclusivement publiques ou privées à but non lucratif.