Recherche en biologie-santé : les failles du système français

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence des défaillances dans le dispositif de recherche et d’innovation en sciences biologiques et en santé. L'OPECST a conduit une audition publique pour dresser un état des lieux du dispositif et avancer des propositions pour le rendre plus performant.

Chercheurs  dans un laboratoire.
Le rapport préconise particulièrement une augmentation des crédits dédiés à la recherche en biologie-santé et une meilleure coordination entre les divers niveaux et acteurs. © alphaspirit - stock.adobe.com

Le rapport sur l’état de la recherche en biologie et santé de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) paru en juillet 2021 révèle les faiblesses dont souffrent son financement et son organisation. Le député Cédric Villani, co-rapporteur avec Gérard Longuet, souligne "le traumatisme collectif sur ce qui est perçu comme un ensemble de défaillances françaises en matière de recherche en biomédecine, en particulier l'absence de vaccin français contre la Covid-19".

Un financement insuffisant et mal organisé

En France, la dépense intérieure brute en recherche et développement est inférieure à celle de la plupart des pays développés. Elle représentait 2,20% du produit intérieur brut en 2018, contre 3,26% au Japon, 3,04% en Allemagne, 2,84% aux États-Unis et 2,58% en moyenne dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La biologie et la santé en particulier sont sous-financées.

La recherche en biologie-santé dépend, à la fois, du ministèrede la santé et du ministère de la recherche. Son financement, complexe et fragmenté, ne permet pas d’atteindre des montants adaptés aux enjeux. Il provient :

Un système fragmenté et peu coordonné

La recherche en biologie-santé s’organise en trois niveaux :

  • les ministères de la santé et de la recherche sont chargés de définir les grandes orientations. Leur manque de coordination empêche l’émergence d’une stratégie nationale cohérente ;
  • les agences comme l’ANR programment les recherches et répartissent les moyens. La tendance à créer de nouvelles structures pour faire face aux urgences politiques les a multipliées ;
  • les opérateurs gèrent les laboratoires et organisent les recherches sur le terrain. Il s’agit des organismes de recherche, des universités et des centres hospitaliers universitaires (CHU). Leur faible coordination freine la mise en œuvre des recherches pluridisciplinaires. L’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan) a été créée en 2009 pour y remédier et regroupe aujourd’hui 20 institutions. Mais elle a peu de pouvoir et dépend des différentes tutelles.

La pluralité des acteurs et leur manque de coordination compliquent aussi :

  • la représentation de la recherche française dans les instances internationales ;
  • la valorisation de la recherche et le soutien à l’innovation.

Le rapport préconise particulièrement une augmentation des crédits dédiés à la recherche en biologie-santé et une meilleure coordination entre les divers niveaux et acteurs. Certaines mesures sont prévues par la loi de programmation de la recherche 2021-2030.