De plus en plus de femmes sont éloignées d'une maternité

La moitié des femmes de 15 à 44 ans résidaient à près de neuf minutes de la maternité la plus proche en 2017. Ce temps de trajet a augmenté de 15,3% depuis 2000 car beaucoup de maternités ont fermé. La situation se dégrade surtout dans le sud et l’est de la France. Or accoucher hors d’une maternité présente des risques pour la mère et son enfant.

Femme enceinte côté passager dans une voiture.
L’accessibilité aux maternités s’est dégradée dans le Lot, la Nièvre et le Cantal et s’est améliorée en Corse et dans les Alpes-de-Haute-Provence, mais elle y reste moindre qu’au niveau national. © hedgehog94 - stock.adobe.com

Une étude publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) révèle que la part des femmes en âge de procréer vivant à plus de 45 minutes d’une maternité a augmenté entre 2000 et 2017 et analyse cette évolution.

De moins en moins de maternités

Entre 2000 et 2017, la part des femmes en âge de procréer résidant à plus de 30 minutes d’une maternité s’est accrue d’un tiers pour atteindre 7% (soit quelque 900 000 femmes). La part de celles résidant à plus de 45 minutes d’une maternité a augmenté de 40% et se situe entre 1% et 2%.

Les mouvements de population intervenus en France durant cette période ont rapproché les femmes en âge de procréer des maternités. Mais la forte baisse du nombre de maternités (de 717 en 2000 à 496 en 2017) a finalement éloigné de plus en plus de femmes de ces structures.

De nombreuses maternités ont fermé, d’autres ont été restructurées. Elles ont déménagé, ont été regroupées sur un seul site déjà existant ou en ont rejoint un nouveau. La plupart des maternités qui ouvrent aujourd’hui résultent de la fusion de plusieurs établissements.

L’accessibilité aux maternités :

  • s’est dégradée dans le Lot, la Nièvre et le Cantal ;
  • s’est améliorée en Corse et dans les Alpes-de-Haute-Provence mais elle y reste moindre qu’au niveau national.

Des maternités plus grandes et spécialisées

L’offre de maternités a été réorganisée par deux décrets de 1998. Les maternités réalisant moins de 300 accouchements par an doivent fermer, les autorités sanitaires estimant qu’en deçà de ce seuil, la sécurité des soins n’est plus assurée. On distingue les maternités :

  • de type 1, qui possèdent un service d’obstétrique ;
  • de type 2, qui ont aussi un service de néonatologie sur le même site ;
  • de type 3, qui disposent en plus d’un service de réanimation néonatale.

Les soins sont coordonnés et gradués au niveau régional. Ainsi, les femmes présentant une grossesse à haut risque sont adressées à une maternité de type 3, spécialisée dans cette prise en charge et assurant un meilleur pronostic aux grands prématurés.

Le nombre des petits établissements (de type 1 principalement) est passé de 448 en 2000 à 202 en 2017. Le temps d’accès moyen à une maternité de type 3 était de 22 minutes en 2017, contre 24 minutes en 2000. Ces établissements se situent au sein ou à la périphérie de grandes agglomérations. Les difficultés d’accessibilité touchent donc surtout des départements ruraux. En 2000 et 2017, les femmes résidaient toutes à plus de 45 minutes d’une maternité de type 3 dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, l’Aveyron, le Cantal, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, l’Indre, le Lot, le Lot-et-Garonne, la Lozère et la Nièvre.