Biodiversité : les nouveaux objectifs de l'UE d'ici 2030

Le Parlement européen a adopté, le 8 juin 2021, la stratégie de l’Union européenne (UE) pour la biodiversité à l’horizon 2030. Face à la détérioration des écosystèmes, les députés demandent des mesures contraignantes pour les États. Pour mener des actions adaptées, 20 milliards d’euros par an seraient nécessaires.

Les abeilles noires, menacées d'extinction, produisant du miel hautement qualifié.
Une des résolutions adoptée au Parlement européen est de réviser en urgence l'initiative de l'UE sur les pollinisateurs afin de mettre en place un nouveau cadre de surveillance des abeilles et autres pollinisateurs. © Sylvain Thomas/AFP

La majorité des députés européens a voté pour la "stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 : ramener la nature dans nos vies". Cette résolution se base sur les recommandations de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

Bien que de nombreux objectifs de protection de l'environnement aient déjà été prévus de 2010 à 2020 (directives "Oiseaux" ou "Natura 2000", par exemple), aucun n'a été atteint aujourd'hui. Selon le rapport sur la stratégie de l'UE en faveur de la biodiversité, il n'est cependant pas trop tard à condition de réaliser des changements importants rapidement.

Les priorités pour 2030

La résolution adoptée au Parlement européen prévoit des mesures phares :

  • protéger au moins 30% des zones marines et terrestres de l'UE (forêts, zones humides, tourbières, prairies et écosystèmes côtiers), contre 15% aujourd'hui ;
  • laisser intacts 10% des océans et des terres de l'UE, y compris les forêts primaires et anciennes et les autres écosystèmes riches en carbone ;
  • réviser en urgence l'initiative de l'UE sur les pollinisateurs afin de mettre en place un nouveau cadre de surveillance des abeilles et autres pollinisateurs dans toute l’Union ;
  • créer une plateforme européenne pour le verdissement urbain avec des objectifs contraignants : quota minimal de toitures végétalisées, soutien à l'agriculture urbaine, interdiction des pesticides chimiques, par exemple ;
  • affecter au moins 25% des terres agricoles à l’agriculture biologique ;
  • réduire de 50% l'utilisation des pesticides plus dangereux et chimiques, et interdire celle des herbicides à base de glyphosate après décembre 2022.

Les eurodéputés demandent que les objectifs soient inscrits dans un accord pour la biodiversité lors de la prochaine conférence des Nations unies, en octobre 2021. Seules des contraintes légales peuvent inciter les États à agir.

L'urgence environnementale

Un million d’espèces sont en voie de disparition sur environ huit millions. La menace qui pèse sur la nature et ses habitants est sans précédent dans l'histoire, selon le rapport de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire. "Seuls 23% des espèces et 16% des habitats sont dans un état de conservation favorable", souligne le document.

Le rapport rappelle que "l'extinction des espèces est un phénomène définitif [...] qui met en péril le bien-être et la survie des humains". Ainsi, la baisse du nombre de pollinisateurs met en danger la biodiversité mais représente aussi "une menace pour la sécurité alimentaire"..

Par ailleurs, 90% des terres devraient subir des modifications significatives d’ici à 2050 et devront être protégées. 87% des zones humides sont déjà "perdues".

La biodiversité et le changement climatique sont "interconnectés" et doivent être traités ensemble et d'urgence, insiste le rapporteur.