Apprentissage et alternance : quelle insertion professionnelle des jeunes ?

L’insertion des jeunes sur le marché du travail par l’apprentissage ou l’alternance fait l’objet de deux études distinctes publiées récemment. L’une cible le taux d’emploi pour les lycéens professionnels et apprentis un an après leur sortie d'études tandis que la seconde s’intéresse aux étudiants issus de l’enseignement supérieur par l’alternance.

Apprentis cuisiniers à l'écoute le long de leur plan de travail.
L'étude confirme une progression du taux d’emploi pour les jeunes en apprentissage ou en alternance douze mois après leur sortie d'études à l'été 2019. © Mychele Daniau/AFP

L’étude menée en 2020 par la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) confirme une progression du taux d’emploi pour les lycéens professionnels et les apprentis douze mois après leur sortie d'études à l'été 2019.

Concernant l'insertion des diplômés de l'enseignement supérieur, une note de mai 2021 du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation montre un taux de réussite dans l’emploi à l’avantage des étudiants ayant suivi la voie de l’alternance professionnelle.

Infléchissement du taux d'insertion dans l'emploi en 2020

Globalement, pour tous les niveaux de formation des filières courtes, l’insertion professionnelle a progressé au delà des six premiers mois de sortie de scolarité en 2020.

Toutefois, le taux d'insertion est variable selon les niveaux de formation (CAP, BP, Bac pro, BTS), l'obtention du diplôme et le sexe. Ainsi, le taux d’insertion dans l’emploi reste inférieur pour les femmes après leur sortie d'études, l'écart étant d'ailleurs légèrement plus important à douze mois qu'à six mois.

Par ailleurs, le taux d’emploi des lycéens professionnels dans les six premiers mois évolue peu entre la génération sortie d'études en 2019 et celle sortie d'études en 2018 (41% pour ceux de 2019 contre 42% pour ceux de 2018). Mais, au-delà des six mois, l’étude constate un infléchissement de la progression du taux d'emploi sous l’effet des mesures sanitaires prises en 2020 (44% pour ceux de 2019 contre 50% pour ceux de 2018).

La comparaison avec les chiffres de l’année 2019 démontre aussi une baisse de la progression du taux d’emploi au-delà de six mois (-3 points) notamment dans les secteurs professionnels les plus touchés par les mesures sanitaires liées au Covid-19 en 2020 (audiovisuel, aéronautique). En revanche, l’insertion dans les métiers de service aux personnes (santé, social) entre six et douze mois a augmenté davantage que la moyenne.

Meilleure insertion pour les diplômés du supérieur en alternance

La note des services statistiques du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation évoque une plus grande réussite et un meilleur taux d’insertion dans l’emploi pour les diplômés issus de la formation par alternance par le biais d'un contrat de qualification ou d'un contrat d’apprentissage, comparativement aux diplômés sous statut d’étudiant.

En 2017, 33% des diplômés en licence professionnelle ont obtenu leur diplôme en apprentissage et 24% en contrat de professionnalisation. L’étude constate également, en décembre 2019, un taux d’insertion à 30 mois supérieur de 4 à 6 points dans l’emploi pour les diplômés de licence professionnelle et de master LMD par rapport aux diplômés en formation initiale sous statut étudiant.

Les diplômés par la voie de l’alternance sont généralement mieux rémunérés (plus vrai encore pour les titulaires d’un master) et éprouvent une plus grande satisfaction une fois dans l’emploi (2 à 3 points selon l’étude statistique). Ils sont enfin plus nombreux que les diplômés sous statut d’étudiant à trouver un emploi dans leur région de formation.