Carte bleue européenne : attirer des travailleurs hautement qualifiés

Les conditions d’entrée et de séjour au sein de l’Union européenne sont en train de changer : le Parlement et le Conseil européens sont parvenus, le 17 mai 2021, à un accord sur un système d’admission avec des critères plus flexibles pour les travailleurs hautement qualifiés et leur famille.

Drapeau européen en premier plan et ceux de l'Europe en arrière-plan.
Les travailleurs migrants apportent d'ores et déjà une contribution importante à l'économie de l'UE. Et en raison de sociétés européennes vieillissantes, elle doit attirer les compétences et les talents de l'étranger. © Grecaud Paul - stock.adobe.com

De nouvelles règles vont s'appliquer au sein de l'Union européenne (UE) pour les travailleurs migrants dotés de compétences élevées. La présidence du Conseil et les représentants du Parlement européen se sont mis d'accord sur un projet de directive qui établira les conditions d'entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers hautement qualifiés dans l'UE (directive "carte bleue européenne").

Ce système d'admission à l'échelle de l'UE a pour objectif de rendre le système de la carte bleue européenne plus attractif, notamment dans les secteurs où le marché européen de travail est confronté à des pénuries de compétences.

L’Union européenne manque de main-d’œuvre qualifiée

Au sein de l'UE, la formation professionnelle n’a pas suivi le rythme de la demande de travailleurs qualifiés provoqué par la révolution technologique (ingénieurs logiciels ou techniciens experts en informatique par exemple). "La carte bleue européenne contribuera à soutenir la croissance économique, à répondre aux besoins du marché du travail et à accroître la productivité pour permettre à l'UE de ressortir plus forte de cette pandémie" a déclaré la Commission européenne dans un communiqué de presse. Elle a salué l'accord auquel le Parlement européen et le Conseil sont parvenus le 17 mai. Cet accord va constituer une pièce maîtresse du nouveau pacte sur la migration et l'asile proposé par la Commission en septembre 2020.

La Commission va également lancer des partenariats avec des pays extérieurs à l'UE pour créer un réseau des entreprises participantes et pour mettre en relation travailleurs qualifiés, employeurs, partenaires sociaux, institutions du marché du travail, et prestataires d'enseignement et de formation.

Renforcer l'attractivité de la carte bleue européenne

Les règles révisées relatives à la carte bleue européenne mise en place en 2009 permettent une plus grande souplesse, une amélioration des conditions et une mobilité simplifiée. Elles sont appelées à placer l'UE parmi les destinations les plus prisées par les travailleurs hautement qualifiés.

Ce feu vert à la migration légale pour réussir la transformation écologique et numérique de l'UE doit faciliter le travail et la mobilité. Les nouvelles règles doivent renforcer l'attractivité de la carte bleue européenne :

  • elles définissent des critères d'admission plus inclusifs : les candidats - qui pourront également postuler depuis le territoire de l’UE - devront présenter un contrat de travail ou une offre d’emploi contraignante d’une durée minimale de six mois (contre douze mois à présent). Dans certains cas (par exemple, dans le secteur des technologies de l’information et de la communication), les qualifications peuvent être remplacées par une expérience professionnelle pertinente ;
  • elles facilitent la mobilité au sein de l'UE, notamment en réduisant la durée de séjour minimale dans le premier État membre, en simplifiant et en accélérant la procédure pour l'exercice de la mobilité et en autorisant le cumul des séjours effectués au titre de différents régimes pour acquérir le statut de résident de longue durée ;
  • elles simplifient les procédures pour les employeurs.