Covid-19 : 206 milliards d’euros pour aider les entreprises

Dès le début des restrictions sanitaires en mars 2020, des mesures pour soutenir les entreprises dans la crise ont été mises en place. Un rapport d'étape en dresse un premier bilan plutôt positif.

Temps de lecture  3 minutes

Femme devant son ordinateur faisant sa comptabilité d'entreprise.
Les petites entreprises sont concernées par 56% du montant total des contributions sociales reportées. © Kittiphan - stock.adobe.com

Les mesures de soutien auraient finalement permis de limiter à +3 points l'augmentation de la part d'entreprises insolvables (contre +8 points en l'absence de dispositifs) estime la Direction générale du Trésor, citée dans un rapport publié le 20 avril 2021 par le Comité de suivi et d’évaluation des mesures de soutien financier aux entreprises.

Au total,  206 milliards d’euros ont été mobilisés à la fin mars 2021, soit 9% du PIB français. Les quatre principales mesures de soutien sont :

  • l’activité partielle ;
  • le fonds de solidarité ;
  • les prêts garantis par l’État (PGE) ;
  • les reports de cotisations sociales.

Le soutien de l'État

Éviter un effondrement du tissu économique du pays et un chômage de masse constituaient l'objectif essentiel des dispositifs d'aide. Quels en sont les premiers enseignements ?

  • Les effets d'aubaine suscités par les dispositifs sont restés "modérés."
  • Sur les 135 milliards d’euros de PGE accordés fin mars 2021, près de 90% l’ont été dès la première vague du printemps 2020 à fin septembre 2020.
  • Depuis le début de la deuxième vague, la dépense pour le fonds de solidarité dépasse chaque mois les autres dépenses. En février 2021, elle a représenté 2,4 milliards d'euros, contre 1,6 milliard pour l’activité partielle. Les entreprises qui touchent le plus d'aides sont celles dont la santé financière était qualifiée de médiane avant la pandémie.
  •  La répartition sectorielle a varié entre la première vague et février 2021. L'hébergement-restauration est l'activité qui a sollicité des aides plus que d'autres secteurs.
  • Les petites entreprises ont davantage mobilisé les dispositifs : les TPE sont concernées par 56% du montant total des contributions sociales reportées.

Dans la moyenne européenne

Fin 2020, l’ampleur de la récession situe la France dans la moyenne des grands pays européens, mais le taux de marge de ses entreprises et la balance courante se sont dégradés plus qu'ailleurs.

L'évolution du PIB

En 2020, le PIB a baissé de 8,2% en France, contre 6,2% en moyenne dans l’UE-27 et 6,6% dans la zone euro.

L'augmentation de l’épargne des ménages

La consommation a chuté alors que le revenu des ménages a résisté au sein de l'UE. En France, l'épargne a augmenté de près de moitié en 2020 par rapport à 2019, passant de 14,9% à 21,3% du revenu disponible brut.

L'emploi

Le phénomène de rétention d’emploi au début d’un ralentissement économique a été accentué par l’activité partielle dans tous les pays européens.

L'endettement des sociétés

Dans tous les grands pays européens, la combinaison des PGE, de la baisse des investissements et des dividendes s’est traduite par une augmentation parallèle de l’endettement brut et de la trésorerie. En France, cette double expansion a été la plus importante.

La France se distingue néanmoins sur trois points :

  • le taux d’intérêt du PGE la première année est le plus bas des pays analysés dans le rapport ;
  • s’agissant de l’activité partielle, le plafond de 4 600 euros mensuels pour l’allocation versée aux entreprises paraît le plus élevé des pays étudiés ;
  • l’accès au fonds de solidarité, initialement très restrictif (en termes de champ et de montant) a été facilité à partir de la deuxième vague.

.