Quel bilan pour les territoires zéro chômeur de longue durée ?

Après cinq ans d’expérimentation, le ministère du travail dresse un bilan positif des "Territoires zéro chômeurs longue durée". Ce dispositif, qui vise à donner un emploi aux personnes les plus éloignées de marché du travail, s’étendra prochainement à 50 nouveaux territoires.

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Charpentière professionnelle avec son équipement de protection dans une entreprises de découpe de bois..
Les personnes recrutées dans ces entreprises à but d’emploi (EBE) sont plus souvent des femmes, des jeunes et des personnes peu diplômées. © DragonImages - stock.adobe.com

La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a présenté les résultats de l'expérimentation "Territoires zéro chômeur de longue durée".

À l’essai depuis 2017 sur dix territoires en France, ce dispositif propose une nouvelle approche en matière d’emploi et d’insertion sociale. Il consiste à réaffecter les coûts liés au chômage (allocations, RSA…) pour financer la création d’emplois.

Des entreprises à but d'emploi (EBE) ont été créées pour embaucher les chômeurs de longue durée en contrat à durée indéterminée (CDI). Elles exercent leurs activités dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Ces entreprises répondent à des besoins non couverts sur le territoire et utiles à la population (recycleries, épiceries ou garages solidaires...).

L'expérimentation a été prolongée de cinq ans et étendue à 50 nouveaux territoires par la loi du 14 décembre 2020.

Un impact positif sur les conditions de vie des salariés

Les personnes recrutées dans ces entreprises à but d’emploi (EBE) sont plus souvent des femmes, des jeunes (plus de la moitié ont moins de 42 ans) et des personnes peu diplômées. La majorité d’entre eux n’ont aucun diplôme (28,3%).

Le rapport souligne l’effet positif de cette expérimentation sur les bénéficiaires. En l’absence de ce dispositif, les salariés des EBE n’auraient été que 55,9% à être en emploi et à peine plus d’un tiers en contrat à durée indéterminée (CDI).

L’entrée en EBE a contribué à améliorer leurs conditions de vie et leur bien-être général (santé, insertion sociale, confiance en soi, sérénité vis-à-vis de l’avenir…). Les bénéficiaires déclarent avoir des dépenses de logement plus supportables et un accès facilité au permis de conduire et à un moyen de transport personnel. Ils sont également moins nombreux à renoncer aux soins pour des raisons financières.

 

Des fragilités qui subsistent

Les activités développées par les EBE ne doivent pas entrer concurrence avec les entreprises déjà présentes sur le territoire. Le rapport souligne les difficultés nées de ce principe de non-concurrence qui limite les performances des EBE. Celles-ci doivent trouver des activités suffisamment rentables pour assurer leur équilibre financier. Leur modèle économique a été d’autant plus bouleversé par la crise sanitaire qui a entraîné une diminution de leur chiffre d’affaires.

Les EBE se sont néanmoins fortement mobilisées pour répondre aux besoins de la population locale durant la crise (fabrication de masques, vente de fruits et légumes en circuit court, prise en charge des personnes fragiles…) ce qui a permis d’améliorer leur visibilité et leur légitimité sur les territoires, selon la Dares.