Commerce en ligne : quels effets sur l’environnement et l'emploi ?

Le commerce en ligne a connu une hausse inédite en 2020 avec la crise du Covid-19 et les périodes de confinement souligne un récent rapport de France Stratégie. Mais quel est l'impact de cette évolution sur l’environnement et l’emploi ? Et quelles solutions adopter pour un développement durable du commerce en ligne ?

Colis sur une ligne de production avant envoi.
Les rapporteurs prônent l’adoption d’une série de mesures visant à un rééquilibrage entre commerces traditionnels, commerces en ligne et géants du numérique. © Maksym Yemelyanov - stock.adobe.com

Un milliard de colis, c’est le volume annuel de produits expédiés essentiellement à domicile par le commerce en ligne. Apparu au début des années 2000, le e-commerce a connu une hausse de 37% de 2019 à 2020 précise le rapport de France Stratégie pour le développement durable du commerce en ligne.

Si les géants du numérique occupent largement le secteur, 200 000 entreprises disposent de sites marchands. Le commerce en ligne représente 13% du commerce de détail des biens et capte 70 à 90% de la population.

Des conséquences sur l’environnement et l’emploi

Pour estimer les effets de l’accroissement du commerce en ligne sur l’environnement, les auteurs du rapport de France Stratégie se penchent en particulier sur deux indicateurs  :

  • les émissions carbones générées par la livraison des colis lors du "dernier kilomètre" reliant le site de stockage à l’adresse du client ;
  • l’expansion des entrepôts de stockage liée à cette croissance qui peut avoir un impact environnemental local important (artificialisation des terres).

En matière d’emploi, malgré une croissance des effectifs salariés dans le secteur du commerce de détail, les chiffres sont en recul sur la période plus récente :

  • +3% par an entre 1994 et 2002 ;
  • +1% par an entre 2002 et 2019.

Le rapport constate notamment des destructions d’emploi importantes dans certains secteurs (jouet, chaussure, habillement).

Le recours de plus en plus fréquent à l’automatisation dans la grande distribution (entrepôts et magasins) est un autre facteur d’interrogation. Elle est souvent mise en place pour compenser la baisse des marges bénéficiaires induite par le passage à la  gratuité de la livraison dans un secteur très concurrentiel.

Rééquilibrage avec les commerces traditionnels

Pour contrer ces impacts négatifs sur l’emploi et l’environnement, les rapporteurs prônent l’adoption d’une série de mesures visant à un rééquilibrage entre commerces traditionnels, commerces en ligne et géants du numérique. Parmi celles-ci :

  • un renforcement de la fiscalité et de la réglementation à l’égard des géants du numérique (taxe carbone aux frontières de l’UE, révision de la directive TVA de 2017 qui doit être effective au 1er juillet 2021, réforme d’ensemble de la fiscalité du commerce, réglementation plus sévère en matière de conformité des produits à des normes) ;
  • une plus grande régulation logistique lors de l’implantation d’entrepôts, en adéquation avec les enjeux environnementaux, mieux concertée avec les acteurs publics locaux à l’image de la procédure d’agrément existant en Ile-de-France ;
  • une amélioration du bilan environnemental du commerce en ligne en émission de gaz à effet de serre (véhicules plus écologiques et livraisons en points relais dans les zones urbaines, prise en compte du bilan carbone dans la facturation…).

Par ailleurs, le rapport recommande d’inciter davantage les TPE et les PME à mettre en œuvre leurs propres outils numériques de commerce en ligne. Il préconise ainsi la création d’un label "commerce en ligne durable" afin de mettre en valeur les acteurs du marché les plus vertueux.