Neutralité carbone 2050 : des efforts à accélérer pour l'UE

Malgré de réels progrès, l’Union européenne (UE) doit accélérer ses efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre estime un récent rapport parlementaire. Avec le Pacte vert et la plan de relance européen notamment, les États de l'UE doivent se fixer des objectifs plus contraignants pour atteindre cette neutralité carbone.

Temps de lecture  3 minutes

Vue de Lyon sous la pollution.
Chaque État est invité à se fixer des objectifs nationaux contraignants et adaptés. Les rapporteurs soulignent la nécessité de dépasser le simple engagement collectif afin de permettre des avancées significatives. © jef 77 - stock.adobe.com

En 2008, l’Union européenne (UE) s’est engagée pour l’abandon progressif des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables. L’accord de Paris de 2015 a introduit un objectif de neutralité carbone pour les pays signataires.

Toutefois, pour lutter contre le changement climatique à court terme, les États de l'UE doivent fournir des efforts conséquents ces prochaines années estime un rapport sur l’objectif européen de neutralité climatique en 2050 en date de janvier 2021.

Des progrès fragiles

Les pays membres de l'UE ont réalisé de réels progrès  vers un modèle moins carboné et plus favorable à la lutte contre le changement climatique. Les cibles fixées pour 2020, en terme de réduction des émissions, d’amélioration de l’efficacité énergétique ou de déploiement des énergies renouvelables sont toutes en passe d’être atteintes, voire dépassées. Entre 1990 et 2018, l’UE a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de presque 25%.

Néanmoins, elles doivent diminuer de 55% en 2030 par rapport à 1990, puis atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 afin de prévenir les effets du changement climatique. Ainsi, la trajectoire actuelle ne permettra pas d’atteindre les objectifs fixés en 2015.

Selon le rapport, les prévisions scientifiques décrivent des trajectoires de réchauffement qui vont au-delà des 2 °C d'augmentation maximale prévus par l’accord de Paris. Pour respecter cette limite, il faudrait atteindre dès 2020 le pic des émissions et les diviser par deux d’ici à 2050, ce qui équivaudrait à une réduction des émissions de 7,6% par an.

En comparaison, la baisse des émissions projetée pour l’année 2020 est de 6,7% en raison de l'épidémie de Covid-19 et du quasi-arrêt de l’économie qu’elle a provoqué.
   

Pacte vert et plan de relance

La pandémie de Covid-19 a entraîné des retards dans les négociations diplomatiques internationales. La COP26, initialement prévue en novembre 2020 à Glasgow, a été reportée à novembre 2021. C’est durant cette conférence sur les changements climatiques que les pays signataires de l’accord de Paris doivent présenter leur stratégie de développement à long terme pour un modèle moins dépendant des émissions carbones. 

D’ici là, les objectifs européens sont révisés sous l’impulsion de la loi européenne pour la neutralité climatique à l’horizon 2050. À travers le Pacte vert et le plan de relance européen, c’est un ensemble très vaste des politiques de l’Union qui doit être reconsidéré sous l’angle de la transition vers la neutralité carbone. Les États de l'UE ont en effet une approche différente de la transition énergétique en fonction de leur situation propre. Les États les plus éloignés de leur objectif en terme  d’émission carbone doivent pouvoir bénéficier des mécanismes de solidarité mis en place au niveau européen. En outre, chaque État est invité à se fixer des objectifs nationaux contraignants et adaptés. De même, les rapporteurs soulignent la nécessité de dépasser le simple engagement collectif afin de permettre des avancées significatives.