Covid-19 : l'UE veut limiter les voyages non essentiels

Limitation des voyages "non essentiels", tests PCR, quarantaine, accélération des vaccinations, certificats de vaccination... Le 21 janvier 2021, les dirigeants européens ont souhaité coordonner au mieux leurs ripostes face aux dernières évolutions liées aux variants du coronavirus.

Voyageur tenant en main son passeport ainsi que son portable avec test Covid-19.
La France a avancé son couvre-feu à 18 heures et a imposé, dès dimanche, aux voyageurs provenant d'autres États de l’UE un test PCR négatif réalisé 72 heures avant le départ. © ronstik - stock.adobe.com

Plusieurs États de l'Union européenne (UE) ont décidé de durcir les restrictions pour essayer de freiner la propagation du virus, qui continue de circuler avec l’apparition de nouveaux variants.

Les Pays-Bas ont mis en place un couvre-feu dès 21 heures, la France a avancé le sien à 18 heures et a imposé dès le 24 janvier aux voyageurs provenant d'autres États de l’UE un test PCR négatif réalisé 72 heures avant le départ. Cette obligation ne s’applique ni aux voyages "essentiels", ni aux travailleurs transfrontaliers. La Belgique a interdit les voyages "non essentiels", sauf pour raisons impérieuses.

Dans une déclaration du 21 janvier 2021 sur la situation sanitaire dans l'UE, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a conclu après le sommet européen que tous les voyages non essentiels devraient être fortement déconseillés à l'intérieur d'un même pays mais aussi d'un pays à l'autre. "Nous sommes de plus en plus inquiets des différents variants du virus", a-t-elle reconnu.

Tests PCR et quarantaine

Le 25 janvier 2021, la Commission a proposé une mise à jour de la coordination des mesures de restriction de la libre circulation dans l'UE. Elle préconise des actions ciblées supplémentaires concernant certaines restrictions à la libre circulation au sein de l'UE.

Cette mise à jour concerne deux domaines dans lesquels les États membres ont déjà accepté de collaborer :

  • une mise à jour des couleurs de la cartographie des zones à risque ; une nouvelle couleur, le "rouge foncé", désignera les zones où le virus circule à des niveaux très élevés (plus de 500 contaminations pour 100 000 personnes pendant 14 jours) ;
  • les États membres devraient exiger des voyageurs venant d'une zone "rouge foncé" qu'ils effectuent un test avant leur arrivée et qu'ils respectent une quarantaine.

Les habitants des zones frontalières et les déplacements essentiels devraient être exemptés de ces restrictions. Par ailleurs, les États membres se sont accordés sur une reconnaissance mutuelle des résultats des tests, tant PCR qu’antigéniques.

Vaccinations

La Commission incite les États à accélérer la vaccination, espérant protéger 80% des personnels de santé et des plus de 80 ans d'ici mars 2021 et 70% de la population adulte d'ici la fin de l'été.

Alors que les laboratoires Pfizer et BioNTech avaient annoncé un retard de livraison de leur vaccin, ils ont assuré à Ursula von der Leyen que les vaccins seraient livrés pour le premier trimestre. Le vaccin Moderna a été validé par l’UE et l’Agence européenne des médicaments (EMA). Celle-ci devrait étudier également le vaccin d’AstraZeneca avant le 29 janvier ; pourtant, ce laboratoire a annoncé qu'il ne livrerait que 25% des doses promises au premier trimestre. Ainsi, l'UE exige que le contrat soit respecté dans les plus brefs délais.

Au total, l'UE a signé six contrats concernant la commande de vaccins. Et elle est en négociation pour deux autres. Néanmoins face aux retards, plusieurs États membres ont demandé au président du Conseil européen d’accélérer le processus d’approbation des vaccins par l’EMA. 

Enfin, la Grèce a demandé aussi la mise en place d’un certificat "standardisé" de vaccination dans l’UE. Cependant, plusieurs États considèrent l’idée prématurée en raison du nombre de personnes vaccinées et des incertitudes concernant l’efficacité du vaccin sur la propagation du virus.