Covid-19 : l'évolution des pratiques culturelles lors du premier confinement

Le confinement du printemps 2020 lié à la pandémie de Covid-19 a modifié l'accès à la culture et aux loisirs. Les pratiques culturelles ont-elles été plus importantes durant ce confinement ? Les écarts entre les groupes sociaux se sont-ils maintenus ? Autant de questions auxquelles tente de répondre une récente étude du ministère de la culture.

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Guitariste dans son salon faisant une démonstration face à son ordinateur et des internautes.
Par rapport à 2018, musique et danse, arts graphiques ou encore le montage audio et vidéo, ont progressé  de 5 à 6 points et ont séduit près de 13% à 20% de la population. © Вадим Пастух - stock.adobe.com

Mesurer les écarts des pratiques culturelles liées à la pandémie : tel est l'objectif de la Collection Culture études du ministère de la culture dans son numéro de décembre 2020 qui a comparé les résultats de deux enquêtes précédentes.

La première est l'enquête "Conditions de vie et aspirations" réalisée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) pendant le premier confinement qui a porté sur les pratiques culturelles d'une population âgée de 15 ans et plus.

La deuxième enquête intitulée Pratiques culturelles avait été réalisée tout au long de l'année 2018 auprès de 9 200 personnes en France métropolitaine.

Une pratique culturelle plus importante ?

Les pratiques culturelles en amateur et la culture d'écran ont progressé lors de ce premier confinement (du 17 mars au 11 mai 2020), avec un rajeunissement des publics par rapport à 2018. La proportion d’amateurs au sein de la population des 15 ans et plus est sensiblement la même en 2018 et lors du confinement. 

Les personnes ayant des activités culturelles ont réalisé en moyenne 2,5 activités lors de ce premier confinement contre 1,8 en 2018. Les hommes ont plus pratiqué la danse et l’écriture, réduisant ainsi l’écart souligné en 2018 avec les femmes. Celles-ci ont rattrapé le taux de pratique instrumentale et chorale des hommes. Seule la pratique des arts graphiques (dessin, peinture, sculpture) s'est encore féminisée pendant le confinement.

Par rapport à 2018, la musique, la danse, les arts graphiques ou encore le montage audio et vidéo ont progressé de 5 à 6 points et ont séduit près de 13% à 20% de la population. La pratique d’une activité scientifique ou technique (astronomie, recherches historiques...) déclarée par 17% de la population de 15 ans et plus a progressé de 10 points.

Des écarts qui se réduisent ?

Parmi les très nombreuses données chiffrées, l'enquête montre comment le confinement à réduit les écarts entre les groupes sociaux et entre les catégories d’âge, y compris parmi les lecteurs de livres et de bandes dessinées. 

La consommation de films et de séries s'est maintenue à un niveau très élevé. Le confinement a stimulé, notamment parmi le public féminin et les personnes de 60 ans et plus, le visionnage de vidéos sur internet et la pratique de jeux vidéo, au détriment de formes de sociabilité propres aux jeux de société. Toutes les catégories sociales ont accru leur "pratique vidéoludique". L'engouement pour les jeux vidéo a connu une augmentation notable parmi les non-diplômés et les ouvriers (passant respectivement de 28% et 42% en 2018 à 44% et 58%).

L'offre en ligne de nombreux établissements culturels leur a permis une meilleure visibilité au cours du premier confinement. Si la comparaison avec 2018 se révèle complexe, il ressort que ce sont les 60 ans et plus qui ont le plus consulté les ressources culturelles numériques (+ 12 points) et visionné les spectacles vivants en ligne. Enfin, la consultation des réseaux sociaux a augmenté de 25 points pendant le confinement, soit 79% des personnes âgées de 15 ans et plus, contre 54% en 2018. L'enquête révèle également un recul de la consultation quotidienne d’informations, en particulier chez les 25-59 ans.