Élargissement de l'UE : évaluation des avancées des Balkans occidentaux

Début octobre 2020, la Commission européenne a publié une communication sur la politique d’élargissement dans laquelle elle évalue et définit les priorités de réformes pour les pays qui souhaitent adhérer à l'UE. Ce bilan est accompagné d'un plan économique et d’investissement pour soutenir les Balkans occidentaux.

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Belgrade (Serbie)
Belgrade (Serbie) © Lunja. Stock-adobe.com

La communication de la Commission européenne sur la politique d'élargissement de l'Union européenne présentée le 6 octobre 2020 présente les critères pour une adhésion à l'UE. Elle contient également les rapports annuels sur l'avancement des réformes dans les pays candidats.

Des négociations d'adhésion ont été ouvertes avec le Monténégro, la Serbie et la Turquie. En mars 2020, les États membres se sont entendus pour ouvrir des négociations avec la Macédoine du Nord et l'Albanie. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ont le statut de candidats potentiels.

Pour l'UE, l'élargissement est un investissement pour la paix, la sécurité et la croissance économique. La Commission souligne que l'adhésion des Balkans occidentaux est dans l'intérêt de l'UE. En revanche, les négociations avec la Turquie débutées en 2005 "sont au point mort" en raison "de politiques opposées aux intérêts de l’UE". 

Le suivi des réformes dans les Balkans occidentaux

L'adhésion à l'UE repose sur des critères établis et nécessite des réformes complexes de la part des pays candidats dans des domaines clés comme l'État de droit, la réforme de la justice et la lutte contre la corruption. L'état des lieux de la politique d'élargissement évalue la volonté politique d'adhérer à l'UE.

Selon la Commission, l'évolution de la protection de l'État de droit reste un problème majeur dans les Balkans occidentaux. La Commission relève un manque de volonté politique et un attachement insuffisant au principe d'indépendance de la justice. De même, les résultats obtenus dans la lutte contre la corruption ne satisfont pas aux exigences d'une adhésion à l'UE. Enfin, la Commission juge faibles les progrès dans le domaine de la liberté d'expression et du pluralisme des médias.

La Commission évalue l'équilibre des discussions d'adhésion avec le Monténégro et la Serbie et propose un cadre pour les prochaines conférences intergouvernementales. S'agissant de l'Albanie et de la Macédoine du Nord, les premières conférences intergouvernementales devraient être organisées rapidement. La Commission confirme de nouvelles avancées dans la mise en œuvre des réformes en Albanie et en Macédoine du Nord. Elle salue les progrès "décisifs" de l'Albanie.

En revanche, la Bosnie-Herzégovine a peu avancé dans l'application des priorités formulées lors de sa demande d'adhésion. De même, le Kosovo a réalisé peu de progrès dans ses réformes (Accord de stabilisation et d'association) pour adhérer à l'UE. Ces deux États restent des candidats potentiels à l'UE.

Le plan économique et d'investissement

Pour soutenir les pays candidats dans l'accomplissement des réformes et stimuler la relance économique, la Commission a également adopté un plan économique et d'investissement global pour les Balkans occidentaux. Ce plan prévoit 9 milliards d’euros d'investissements pour dix initiatives phares (réseau de transport Est-Ouest et Nord-Sud, énergie renouvelable, gestion des déchets...).

La Commission a par ailleurs exposé les grandes lignes d'un programme dédié à la transition verte et numérique avec l'action pour le climat, l’économie circulaire, la biodiversité ou encore la lutte contre la pollution