Réseaux sociaux : un observatoire de la haine en ligne pour analyser les discours haineux

Mis en place par le CSA en juillet 2020 après la loi "Avia" du 24 juin 2020, l'observatoire de la haine en ligne débute sa mission. L'observatoire doit suivre et étudier les discours haineux sur internet, en particulier sur les réseaux sociaux (incitations au racisme, au terrorisme, harcèlement...) afin de lutter contre la "cyberhaine".

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Écran de smartphone avec icônes de réseaux sociaux
Le 15 octobre 2020, l'observatoire de la haine en ligne a mis en place son règlement intérieur et quatre groupes de travail thématiques. © wachiwit - stock.adobe.com

La création de l'observatoire de la haine en ligne était une recommandation du rapport "Renforcer la lutte contre le racisme et l'antisémitisme sur internet" remis au Premier ministre le 20 septembre 2018 par l'auteur et enseignant Karim Amellal, la députée Laëtitia Avia et le vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France Gil Taïeb.

Il a été institué avec la loi du 24 juin 2020 visant à lutter contre les contenus haineux sur internet, dont une grande partie avait été censurée par le Conseil constitutionnel.

Installé par le  le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) le 8 juillet 2020, l'observatoire de la haine en ligne s'est réuni pour la seconde fois le 15 octobre 2020.

Quelles missions ?

La  mission de l’observatoire de la haine en ligne est triple :

  • analyser et quantifier les contenus haineux en ligne ;
  • suivre l'évolution de la haine en ligne pour mieux comprendre son fonctionnement ;
  • partager les informations des différents acteurs concernés, publics et privés.

Il regroupe une cinquantaine de membres dont :

  • des représentants des grands opérateurs du numérique tels que Dailymotion, Facebook, Google, Twitter, Snapchat ou TikTok ;
  • des associations comme Civic Fab, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), e-Enfance, la Quadrature du net, la Ligue des droits de l’homme (LDH) ou la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), SOS homophobie ; 
  • des administrations avec le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, le Défenseur des droits, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), les ministères chargés du numérique, de l’éducation nationale, de l'intérieur ou encore de la justice et d'autres administrations ;
  • et des chercheurs.

Des groupes de travail thématiques

Le 15 octobre 2020, l'observatoire, réuni pour la seconde fois, a mis en place son règlement intérieur et quatre groupes de travail thématiques.

Le premier de ces groupes doit réfléchir à la notion de contenus haineux et proposer une définition, au travers des textes français, de la jurisprudence, des législations étrangères, de la manière dont sont produits et diffusés les contenus ou encore des critères retenus par le public.

Le deuxième doit étudier la pratique des contenus haineux et leurs évolutions, par le partage et la remontée d'expériences sur les nouvelles formes de haine sur internet et le vocabulaire employé et par la comparaison de leurs évolutions en Europe et à l'international.

Le troisième groupe est chargé d'analyser les mécanismes de diffusion et de propagation des discours haineux et de réfléchir à la façon de les détecter et les combattre.

Le quatrième est consacré à la prévention, à l'éducation et à l'accompagnement des publics.

Ces quatre groupes doivent se réunir une fois par trimestre minimum.