Roms : une nouvelle stratégie européenne pour lutter contre les discriminations

Souvent sans accès au logement, à l'eau, aux services de santé, à l'emploi, les communautés roms sont marginalisées dans beaucoup de pays de l'UE. Face à cette situation persistante, la Commission européenne a adopté, le 7 octobre 2020, une nouvelle stratégie pour améliorer l'inclusion des Roms dans les sociétés européennes d'ici 2030.

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Caravane et linge qui sèche à l'extérieur
Dans le cadre du plan décennal de soutien aux Roms, la Commission européenne a proposé des objectifs minimaux à atteindre pour tous les pays de l'UE. © Lulu Berlu - stock.adobe.com

Selon un rapport sénatorial de 2012 sur les Roms, il y aurait entre 10 à 12 millions de Roms en Europe. Ils seraient environ 8 millions dans l’Union européenne (UE) présents plus spécifiquement en Bulgarie, en Slovaquie, en Roumanie et en Hongrie. Dans les États qui comptent les populations roms les plus importantes, 80% des Roms vivent sous le seuil de pauvreté. Cette population est au quotidien victime de nombreuses discriminations et d’exclusion socio-économique.

Le nouveau plan décennal de soutien aux Roms dans l'UE de la Commission poursuit comme objectif l'amélioration du niveau de vie quotidien des Roms. Il s'articule autour de sept axes : égalité, inclusion, participation, éducation, emploi, santé et logement.

Un long chemin vers l'égalité

Dans le cadre de ce plan, la Commission a proposé des objectifs minimaux à atteindre pour 2030. Les États membres sont appelés à présenter des stratégies nationales d'ici septembre 2021 et à rendre compte de leur mise en œuvre tous les deux ans.

Les Roms, qui sont-ils ?

Cette dénomination regroupe autant les Gitans, que les Tsiganes, les Sintis, les Kalés, les Manouches partageant les mêmes ancêtres du nord de l’Inde et ayant migré vers les Balkans. La pluralité des dénominations englobées sous le terme de "Rom" révèle une certaine méconnaissance à l’égard des communautés appelées en France "gens du voyage". Voyageurs, ils ne le sont plus pour la plupart d’entre eux : 80% à 85% des Roms d’Europe sont sédentaires.

Les objectifs prévus sur dix ans visent à réduire de "moitié au moins" :

  • la proportion de Roms victimes de discriminations ;
  • les écarts en matière d'espérance de vie et de pauvreté entre les Roms et la population en général ;
  • les différences concernant l'éducation des enfants ;
  • les disparités sur l'emploi et celles sur l'emploi entre les femmes et les hommes.

Par ailleurs, la Commission veut également favoriser l'accès au logement et faire en sorte qu'au moins 95% des Roms aient accès à l'eau potable d'ici 2030.

Des mesures d'inclusion

Les nombreux fonds de l’Union européenne ont permis néanmoins de mettre en place des projets favorisant l’inclusion des communautés roms.

Dans son évaluation sur l'intégration des Roms publiée en 2014, la Commission européenne a fait état aussi de quelques progrès par exemple :

  • sur l’accès au logement ;
  • sur les questions de santé avec des campagnes de vaccination dans plusieurs pays ;
  • sur l’éducation (loi rendant obligatoire la fréquentation de l’école en Hongrie ou en Bulgarie, programmes d’enseignement itinérants en Irlande).

Depuis l’adoption d’un cadrage européen pour la mise en œuvre de stratégies nationales à l’égard de l’intégration des Roms en 2011, la mise à l’agenda politique de l'UE de la question des Roms a fait gagner en légitimité les projets d’inclusion sociale de ces populations.

Institut européen des arts et de la culture roms

L’Institut européen des arts et de la culture roms (ERIAC) créé notamment à l'initiative du Conseil de l’Europe a été fondé en 2017. Il met en avant l’art, la culture et l’éducation dans le but de promouvoir les droits de l’homme et la compréhension interculturelle. Il s'agit aussi de combattre les discriminations envers les Roms en Europe tout en améliorant l’image qu'ils peuvent avoir d’eux-mêmes.