Interruptions volontaires de grossesse : un pic en 2019

La France a enregistré 232 200 interruptions volontaires de grossesse (IVG) en 2019. Le taux de recours à l’IVG atteint son plus haut niveau depuis 1990 : 15,6 pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans en métropole, et 28,2 pour 1 000 dans les départements et régions d’outre-mer (DROM).

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Jeune femme seule assise sur son lit face à une baie vitrée.
Les IVG tardives peuvent résulter de difficultés de parcours ou d’accès aux soins. Le rapport préconise donc d’allonger le délai légal de deux semaines, afin d’éviter aux femmes concernées d'avorter hors de France. © boyloso - stock.adobe.com

Une étude publiée en septembre 2020 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) présente le bilan 2019 des interruptions volontaires de grossesse. Quelles sont les femmes qui y ont recours ? Quelles sont les structures qui réalisent ces actes ? Quelle est la technique utilisée ?

Quel est le profil type d’une femme qui a recours à l'IVG ?

Il s’agit d’une personne :

  • de 20 à 29 ans. C’est dans cette tranche d’âge que les avortements sont les plus fréquents (près de 28 pour 1 000 femmes). Depuis 2010, le taux de recours à l'IVG baisse entre 15 et 19 ans mais augmente nettement après 25 ans ;
  • résidant outre-mer. Les outre-mer affichent les taux les plus élevés, surtout la Guadeloupe et la Guyane (plus de 39 IVG pour 1 000 femmes). Les mineures des DROM avortent deux fois plus que les métropolitaines. En métropole, le taux de recours varie de 11,8 IVG pour 1 000 femmes dans les Pays de la Loire à 22,9 pour 1 000 en Provence-Alpes-Côte d’Azur ;
  • ayant des revenus modestes. Il existe une corrélation entre niveau de vie et IVG. Les femmes les plus précaires y recourent davantage que les plus aisées.

Les méthodes et les lieux d’exercice de l’IVG évoluent

Une IVG se pratique selon deux procédés possibles :

  • la méthode instrumentale (jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée), réalisable également dans les centres de santé depuis la loi de modernisation de notre système de santé de 2016. Le nombre des IVG instrumentales ne cesse de diminuer depuis le début des années 2000. Elles représentent 30% du total des IVG en 2019, contre 70% en 2001 ;
  • la voie médicamenteuse (jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée), autorisée depuis 1989. Elle peut être mise en œuvre en cabinet libéral depuis 2005, et dans les centres de santé et les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) depuis 2009.

La pratique des IVG hors du milieu hospitalier se développe. En 2019, elle a concerné 61 200 interventions (soit 25% de l’ensemble des IVG en métropole et 42% dans les DROM). De fortes disparités territoriales apparaissent dans cette offre de soins.

Les IVG chirurgicales effectuées entre 12 et 14 semaines d’aménorrhée sont plus fréquentes chez les très jeunes femmes. Ces IVG tardives peuvent résulter de difficultés de parcours ou d’accès aux soins. Un rapport d’information de septembre 2020 sur l’accès à l’IVG préconise d’allonger le délai légal de deux semaines, afin d’éviter que des femmes en difficulté ne se trouvent dans l’impossibilité d’avorter en France.