Contrôle de la sûreté des centrales nucléaires : les recommandations de l'IRSN

Tous les dix ans, EDF réexamine les règles de sûreté de ses réacteurs nucléaires. Les réacteurs de 900MW vont ainsi faire l'objet d'un 4e réexamen périodique entre 2022 et 2030. L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a rendu son avis sur les actions envisagées par EDF.

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L’avis, remis le 31 mars 2020 par les experts de l’IRSN à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), concerne les 32 réacteurs d’une puissance de 900 Mégawatts (MW) en fonctionnement sur le territoire français, dont l’âge avoisine les 40 ans.

Sûreté des installations : EDF doit poursuivre ses efforts 

Les experts de l’IRSN soulignent l’ampleur des actions entreprises par EDF pour rapprocher le niveau de sûreté des réacteurs de 900 MW de celui défini pour le réacteur EPR de Flamanville.

Parmi les améliorations, l’Institut constate la mise en place de nouveaux dispositifs de réduction des conséquences d’accidents nucléaires, tels que le renforcement des moyens de la force d’action rapide nucléaire (FARN) ou l’installation d’équipements destinés à la stabilisation du corium, matériau radioactif qui se forme en cas de fusion nucléaire. 

L’IRSN estime que les travaux consistant à maîtriser le vieillissement des centrales sont globalement satisfaisants. Ainsi, le "service des cuves des réacteurs n°1 du Tricastin et n°2 du Bugey, premiers réacteurs concernés par le réexamen RP4-900, est démontrée pour 10 ans de fonctionnement au-delà des quatrièmes visites décennales". S’agissant des autres réacteurs, de plus amples études doivent être menées afin de confirmer ces premières constatations.
En revanche, les contrôles réguliers menés par EDF pour vérifier la conformité des installations doivent être étendus. Certains ne sont pas menés à leur terme comme le plan ventilation qui vérifie la robustesse des systèmes de ventilation en cas de grand froid ou d’explosion. 

Recommandations pour prolonger la durée de vie des réacteurs

Si l’Institut reconnaît les efforts et la qualité du travail mené par l’exploitant pour rehausser la sécurité des installations, certains points sont à améliorer. Parmi les 69 recommandations présentées figurent :

  • l’épaississement de la zone du radier (socle de béton) dédiée à la réception du corium. Les 14 réacteurs concernés se situent à Saint-Laurent-des-Eaux, Chinon, Dampierre et au Blayais ;
  • l’amélioration de la protection contre un transfert de contamination radioactive vers les eaux souterraines ;
  • la vérification de la capacité à fonctionner des moteurs diesels de secours en situation de température extérieure élevée ;
  • le contrôle de la résistance des installations au risque sismique.

Selon EDF, les études et travaux associés au 4e réexamen périodique des installations ont déjà mobilisé près d’une dizaine de millions d’heures d’ingénierie et des investissements de l’ordre de 7 milliards d’euros.