Déclaration de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, sur la relation économique franco-allemande, à Paris le 22 novembre 2022.

Intervenant(s) :

  • Bruno Le Maire - ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique

Circonstance : Point presse conjoint avec M. Robert Habeck, ministre de l'économie et de la protection du climat de la République fédérale d'Allemagne

Prononcé le

Texte intégral


Bonjour à tous,

Je suis très heureux d'accueillir une nouvelle fois le vice-chancelier Robert Habeck à Paris, à l'occasion de la conférence de l'Agence spatiale européenne, qui nous a amenés ce matin, comme vous l'avez certainement vu, à conclure un accord entre l'Italie, la France, l'Allemagne sur la politique des lanceurs, signe de notre détermination à avancer main dans la main en matière spatiale, comme dans beaucoup d'autres domaines.

Je pense que tout le monde le voit, nous traversons des temps économiques difficiles. Nous avons la guerre en Ukraine, avec son impact sur la croissance partout dans le monde. Nous avons une inflation à deux chiffres qui touche beaucoup de pays européens, et nous avons des perspectives sur la croissance mondiale qui se sont assombries depuis plusieurs semaines.

Face à cette situation économique difficile, il y a deux possibilités : le repli sur soi ou l'unité. Nous avons fait avec Robert Habeck le choix de l'unité, et je dirais même plus, nous avons décidé aujourd'hui, après plusieurs jours de travail, de donner un nouvel élan à la relation économique franco-allemande. Ce jour est donc un jour important à mes yeux pour la relation économique entre nos deux pays.

Le signe concret de ce nouvel élan, il se traduit sous trois formes.

En premier lieu, nous voulons apporter des réponses solides à ce qui sera certainement la grande question économique du XXIème siècle, l'énergie. Nous voulons accélérer sur les achats communs de gaz. Nous voulons, avec ces achats communs de gaz, faire baisser le prix du gaz le plus rapidement possible en Europe, pour les consommateurs comme pour les entreprises.

Nous voulons travailler ensemble sur le développement de l'hydrogène, et nous partageons depuis plusieurs mois avec Robert Habeck la conviction que l'hydrogène est une des solutions possibles en matière de transition climatique et qu'il est indispensable d'accélérer sur le développement des technologies, le déploiement des infrastructures, et le développement de l'hydrogène vert.

Nous voulons également, et enfin travailler sur de meilleures interconnexions européennes, nous allons accélérer nos travaux sur ce point.

Par ailleurs, sur cette question de l'énergie, parce que je sais que c'est une des inquiétudes en France, nous veillerons, vous le verrez dans le communiqué commun que nous avons publié, à ce que les aides aux entreprises en Allemagne comme en France respectent strictement et rigoureusement le cadre européen qui a été défini par la Commission européenne, de façon à maintenir une équité de concurrence entre nos deux pays.

En deuxième lieu, nous voulons marquer une nouvelle étape de la politique industrielle européenne et nous considérons qu'entre la Chine et les Etats-Unis, il est temps d'accélérer en matière de réalisations industrielles européennes et en matière d'ambition industrielle européenne. Nous voulons aller plus vite, plus loin, plus fort en matière d'industrie européenne.

Nous travaillerons ensemble sur de nouveaux projets concrets industriels franco-allemands, qui pourront aller de l'intelligence artificielle jusqu'aux calculs quantiques, en passant par l'hydrogène, que j'ai déjà mentionné. Nous voulons sécuriser ensemble notre approvisionnement en métaux critiques et en métaux rares, de façon à garantir notre indépendance industrielle d'un bout à l'autre de la chaîne industrielle.

Nous voulons demander à la Commission européenne d'accélérer le déploiement des projets importants d'intérêt européen communs (PIIEC) car nous estimons, Robert Habeck comme moi-même, que nos procédures européennes face à l'accélération de la Chine et des Etats-Unis sont trop lourdes, trop longues, trop complexes. Ce n'est pas normal que nous mettions deux ans à obtenir des résultats concrets sur un PIIEC et sur des projets dans le PIEC, alors même qu'aux Etats-Unis ou en Chine, il faudra quelques mois, voire quelques semaines.

Enfin, troisième élément de ce nouvel élan que nous voulons donner à la relation économique franco-allemande : apporter une réponse commune aux décisions américaines sur l'Inflation Reduction Act. Je redis notre préoccupation sur les conséquences que pourraient avoir ces décisions américaines sur l'industrie française, allemande ou européenne en général. Nous voulons donc pouvoir, sur la base des travaux que lancera la Commission européenne, apporter aussi des réponses communes avec l'Allemagne sur ce sujet de l'Inflation Reduction Act.

Donc, une nouvelle fois, il y en a, d'un côté, des commentaires qui vous disent qu'il y aurait des relations compliquées entre la France et l'Allemagne. Et puis, il y a la réalité des décisions politiques et la réalité des décisions politiques, c'est au contraire une détermination encore plus puissante à renforcer nos liens économiques, à donner un nouvel élan à l'industrie européenne pour garantir la souveraineté de notre continent.

Je vous remercie.


Source https://www.economie.gouv.fr, le 24 novembre 2022

Thématiques :