Interview de M. Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, à Public Sénat le 8 novembre 2022, sur la grippe aviaire, la question des bassines, la hausse des prix des produits alimentaires, l'état de la forêt et la vie politique.

Texte intégral

 

ORIANE MANCINI
Notre invité politique ce matin, c’est Marc FESNEAU. Bonjour.

MARC FESNEAU
Bonjour.

ORIANE MANCINI
Merci beaucoup d’être avec nous. Ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire. On est ensemble pendant un peu plus de 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane VERNAY de Ouest France. Bonjour Stéphane.

STEPHANE VERNAY
Bonjour. Bonjour !

MARC FESNEAU
Bonjour.

ORIANE MANCINI
On va évidemment parler du modèle agricole du futur, notre modèle agricole, Marc FESNEAU, mais d’abord, un mot de la grippe aviaire, puisque des annonces de cas de grippe aviaire, ces dernières heures, dans le Gard, dans l’Aude, combien y a-t-il de cas à l’heure actuelle sur le territoire ?

MARC FESNEAU
Plus d’une cinquantaine de cas depuis le début de l’été, avec un phénomène particulier, c’est que d’habitude, la grippe aviaire, elle vient avec les migrations d’oiseaux automnales. Or, la grippe aviaire est restée sur le sol français dans la faune sauvage, comme on dit, et donc elle réapparaît un peu plus tôt, et elle réapparaît assez fortement. On a déjà élevé le niveau de risque de faible à modéré, on est en train de regarder s’il ne va pas falloir prendre des mesures complémentaires.

ORIANE MANCINI
Elevées à nouveau ?

MARC FESNEAU
Eh bien, pour essayer de protéger le maximum d’élevages dans une période qui est particulièrement cruciale, comme vous le savez, on a beaucoup accompagné la filière et je voudrais saluer les efforts de la filière, l’Etat a mis un milliard, cent millions d’euros pour accompagner les pertes, et aussi pour faire évoluer ce qu’on appelle la dé-densification, pour faire en sorte que les élevages soient mieux protégés, et puis, 2°) : on a un sujet particulier à l’Ouest, puisque c’était la zone où se concentraient ce qu’on appelle les accouvoirs, les zones où on produit les jeunes canetons en particulier qui vont après dans d’autres élevages, et donc qu’on a besoin de protéger absolument, parce qu’il y a de la ressource génétique, il y a de la qualité de produit à venir, et donc on a besoin de travailler. Donc on va regarder, là, dans les heures et les jours qui viennent, s’il y a nécessité ou non d’élever le niveau de risque, on est dans un niveau de risque qui est très important, on l’avait déjà fait en…

ORIANE MANCINI
Qu’est-ce qui vous ferait prendre cette décision ?

MARC FESNEAU
Il y a un certain nombre de pays qui l’ont déjà fait d’ailleurs, donc on va regarder.

ORIANE MANCINI
Qu’est-ce qui vous ferait prendre cette décision ?

MARC FESNEAU
Ah, c’est la dynamique au mauvais sens du terme de cette épidémie, c’est-à-dire le nombre d’élevages concernés et la répartition géographique souvent sur les zones de migration, d'abord.

ORIANE MANCINI
Est-ce que, justement, sur ces zones de migration, il faut prendre des mesures de confinement, notamment…

MARC FESNEAU
Les mesures qu’on prend généralement, c’est des mesures qui visent à confiner toutes…

ORIANE MANCINI
Que vous envisagez de prendre ?

MARC FESNEAU
Mais ça fait partie de la panoplie des mesures, mais vous permettrez qu'on en discute avec les représentants professionnels, parce que ce sont des mesures qui sont compliquées à prendre, il y a des mesures qui sont difficiles pour les éleveurs, et donc, il faut aussi qu'on travaille avec eux pour voir comment on ajuste au mieux ces difficultés-là.

ORIANE MANCINI
Il y a de nouveaux abattages qui sont prévus ?

MARC FESNEAU
Eh bien, la règle, quand un élevage est contaminé, il y a des abattages, et il y a des zones d'exclusion, et où on fait du vide sanitaire, donc, le protocole est assez connu, par ailleurs, on travaille pour ajuster depuis quelques mois, parce que c'est une demande qui n'était pas illégitime, Il faut l'étayer par la science, regarder les élevages qui sont en plein air, regarder ceux qui sont des labels de plein air, regarder ce qu'on peut faire pour ajuster les choses, et puis, les espoirs qu'on nourrit autour de la mise en place d'un vaccin, puisqu'on avait obtenu, Julien DENORMANDIE et moi, dans sa suite, mais c'est Julien DENORMANDIE qui avait beaucoup travaillé pour faire en sorte qu'on puisse obtenir une expérimentation vaccinale, qui est en cours, et dont on aura des résultats…

ORIANE MANCINI
Il n’y a pas de bilan encore…

MARC FESNEAU
Non, non, vous savez que sur les vaccins, il faut toujours avoir un peu de recul, en animal comme en humain, et donc, on a besoin d'avoir un peu de recul.

STEPHANE VERNAY
Vous évoquiez la nouveauté, le fait que la grippe aviaire était restée sur le sol français, finalement, toute l’année, il n’y a plus de saisonnalité, est-ce qu’on sait pourquoi ?

MARC FESNEAU
Non, on est en train d'y travailler avec l’ANSES, avec les spécialistes de la question, les ornitho aussi. On ne sait pas bien pourquoi, il faut reconnaître parfois quand on ne sait pas, et que la science ne peut pas éclairer, on est en train d’y travailler pour regarder pourquoi en faune sauvage c’est resté cette année.

STEPHANE VERNAY
Vous avez des infos sur l'état de la faune sauvage justement, parce que cette épidémie, elle ne décime pas que les élevages, elle a de grès gros impacts sur…

MARC FESNEAU
Alors, on essaie de travailler avec les organisations non-gouvernementales de protection de l'environnement, notamment avec la LPO, pour essayer de déterminer, alors, on a eu des cas dans certains... c'est plutôt circonscrit, mais parfois, il y a des éléments difficiles en faune sauvage, puisque par nature, tous les animaux ne sont pas recensés, il y a ceux d'abord qui sont porteurs et qui tombent peu malades, parce qu'ils sont moins sensibles…

STEPHANE VERNAY
Vous avez des espèces qui sont décimées par la maladie…

MARC FESNEAU
Non, pas particulièrement, on a eu des cormorans, enfin, on a un certain…

STEPHANE VERNAY
Les goélands en Bretagne…

MARC FESNEAU
Les goélands, voilà, on a eu ça en Bretagne en particulier, vous qui êtes plutôt de cette région-là.

STEPHANE VERNAY
Et on le voit physiquement…

MARC FESNEAU
Oui, on le voit physiquement. Et donc le risque aussi, c'est... alors, ça, ne on peut pas y faire malheureusement grand-chose, on l'a vu aussi au Canada, on l'a vu au nord de l'Europe, des populations de faune sauvage qui sont assez en risque, oui.

STEPHANE VERNAY
Est-ce que le risque à l'arrivée, c'est qu'on finisse par avoir un élevage aviaire, qu’il ne puisse plus y avoir de l'élevage en extérieur ?

MARC FESNEAU
Mais c'est pour ça qu'on essaie de travailler, et ça peut être un des risques, mais la vaccination peut être un élément, et puis, il faut qu'on dose notre réponse aussi à ce que nous dit la science au fur et à mesure qu’on a des connaissances plus nombreuses sur cette épidémie de grippe aviaire. Et donc, c'est ça qu'on essaie de regarder, le risque, ça peut être celui-là, et donc, c'est ce sur quoi il faut qu'on travaille.

ORIANE MANCINI
Un dernier mot puisqu'on approche de Noël, est-ce que la filière foie gras française est en danger aujourd'hui ?

MARC FESNEAU
Alors, elle a été en danger, elle reste en grande fragilité, parce que tous les élevages n'ont pas pu avoir les animaux dont ils avaient besoin pour produire du foie gras. Simplement, je voudrais saluer d'abord la capacité de résilience de cette filière, qui permettra d'avoir du foie gras pour les fêtes de fin d'année, mais évidemment, c'est un équilibre fragile, parce ce qu'il va y avoir une baisse de production, et donc, on aura des éléments, on aura de quoi avoir et fournir en foie gras évidemment en moins grande quantité que les années précédentes pour des questions de recharge, mais ça, ça a été vu avec la filière, ils le savent.

ORIANE MANCINI
Ça veut dire une hausse de prix ?

MARC FESNEAU
Pas forcément, légère, mais pas forcément très significative.

ORIANE MANCINI
Et des aides prévues pour cette filière ?

MARC FESNEAU
Les aides, oui, les aides ont été faites à la fois pour couvrir les pertes liées à l'enfermement ou à la destruction parfois d'élevages entiers pour des raisons sanitaires, et puis, par ailleurs, pour accompagner la filière.

ORIANE MANCINI
Sur la question des bassines, puisqu'il y a 10 jours, avait lieu une manifestation interdite d'opposants aux bassines à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, parmi les manifestants, il y avait des députés, dont Sandrine ROUSSEAU et 36 députés de la majorité à l'Assemblée, dont des MoDem, ont écrit à la présidente Yaël BRAUN-PIVET pour demander des sanctions contre les députés présents dans ces manifestations interdites, disant avoir été choqués par leur présence, et que ce type de comportement abîme l'image de l'Assemblée, c'est ce qu'il y a écrit dans leur lettre. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?

MARC FESNEAU
Alors, moi, il ne m'appartient pas, j'étais aux Relations avec le Parlement, d'interférer dans les décisions disciplinaires de l'Assemblée. Deuxième élément, je pense que ce n'est pas... vous me permettrez de dire, je pense que ce n’est pas la seule voie, on peut aussi essayer de faire entendre raison aux uns aux autres, quand vous êtes parlementaire, vous votez la loi. Et donc vous entendez que la loi soit respectée, donc quand vous êtes parlementaire et que vous allez sur le site d'une manifestation qui est interdite, et deuxièmement, sur un projet qui, lui, a respecté l'ensemble des critères de la loi, qui a purgé tous les recours qui étaient possibles, et qui, par ailleurs, on en reparlera peut-être, a plein de vertus, je trouve qu'on fait défaut à son mandat de député, parce que sur d'autres sujets sur lesquels, ces mêmes députés pourraient trouver que la loi est bien, qu'est-ce qu'on fera le jour où d'autres personnes viendront sur tel ou tel endroit pour dire : moi, je ne respecte pas la loi, donc la loi, elle n’est pas à deux vitesses, et donc j'en appelle un peu à la raison de chacun, la loi, en démocratie, si on commence à se mettre dans la philosophie de ne pas respecter la loi et d'inciter à ne pas respecter la loi, dans une manifestation dont on savait qu'elle pouvait produire des risques violents, au fond, vous accréditez malgré vous parfois, d'ailleurs, vous accréditez parfois les phénomènes violents, je répète, parfois malgré vous. Et 2°) : en démocratie, le principe de base, c'est de respecter la loi, sinon, c'est la loi du plus fort qui va s'imposer.

ORIANE MANCINI
Est-ce que le chantier a repris sur place ?

MARC FESNEAU
Il est en cours, je n’ai pas des éléments récents, mais le chantier va reprendre ou il a repris aussi…

ORIANE MANCINI
Mais il va reprendre, vous ne cédez pas aux demandes des manifestants…

MARC FESNEAU
Oui, il va reprendre, mais, pardon…

ORIANE MANCINI
Qui demandent un moratoire de 15 jours…

MARC FESNEAU
Non, non, après, c’est le calendrier du chantier, vous savez comme moi... enfin, vous savez comme moi que les chantiers reprennent au gré parfois d'événements qui n'ont pas de lien avec des manifestations, mais la volonté, c'est que le chantier reprenne, c'est bien pour ça d'ailleurs que nous avons fait en sorte qu’il n’y ait pas eu une dégradation majeure sur le site, parce qu'il faut que ce chantier reprenne, pourquoi, parce que ce projet, il a été validé, il a été y compris validé par des associations de protection de l'environnement. Et donc, il faut que ce chantier... sinon, là aussi, on donnerait raison aux casseurs, on donnerait raison à ceux qui, comme seul moyen d'action, une fois qu'ils ont purgé les moyens légaux, utilisent des moyens illégaux, ça ne peut pas marcher comme ça en démocratie.

STEPHANE VERNAY
Enfin, excusez-moi, mais dans un passé récent, on a eu l'exemple de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes où tous les recours juridiques avaient été purgés, il y a eu un référendum local, etc, le projet était validé, il devait se faire, il ne s’est jamais fait. Donc…

MARC FESNEAU
Je ne sais plus si tous les recours juridiques avaient été tous purgés, mais en tout état de cause, mais là, reconnaissons pour avoir suivi, à l’époque, j’étais président de groupe, du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, que nous avions un abcès de fixation, et un point de fixation avec des phénomènes de violence qui étaient très prégnants, et, 2°) : une difficulté…

STEPHANE VERNAY
Est-ce qu’on peut avoir le même type de…

MARC FESNEAU
Eh bien c’est ça ce qu’on a fait en sorte d'éviter, il y a une dizaine de jours pour éviter qu'il y ait des points de fixation et que des gens viennent s'installer sur des territoires pour empêcher que des projets puissent naître. A vrai dire, sur Notre-Dame-des-Landes, juste pour dire un mot, un projet qui a 30 ans de recul, parce que c'est presque 30 ans, il faut se poser la question quand même de pourquoi il a mis 30 ans avec autant d'atermoiements, parce que, pour avoir été élu local, je reste élu local, quand un projet met 30 ans à sortir de terre, c'est qu'il y a peut-être des questions à se poser.

STEPHANE VERNAY
Les bassines, là, elles sont vraiment indispensables, l'agriculture française en a besoin aujourd'hui dans le contexte qui est le nôtre ?

MARC FESNEAU
Alors, d’abord, je suis désolé de rappeler des choses qui sont un peu des évidences, s'il n’y a pas d'eau, il n’y a pas d'agriculture, et quand il n’y a pas d’eau pendant 4 mois, il n’y a pas d'agriculture, et quelles que soient les cultures, du maraîchage aux prairies, quelles que soient les cultures, il y a besoin d’eau. Deuxième élément, on a une arythmie de la pluviométrie, on le voit très bien cette année, on a 1 mois, 2 mois, 3 mois sans aucune goutte d'eau, j'ai vécu ça dans mon propre département, et puis après des mois avec…

STEPHANE VERNAY
Et des orages très violents…

MARC FESNEAU
Des orages très violents, j'étais l'autre jour dans la Marne, au mois de septembre, si j’ai bonne mémoire, ils ont eu 300 millimètres d'eau. Donc, ils ont eu…

STEPHANE VERNAY
Donc il y a une nécessité à stocker l'eau, a-t-on les moyens de stocker l’eau ?

MARC FESNEAU
Donc arythmie, le GIEC,, ce n’est pas moi qui le dis, le GIEC dit : même quantité d’eau qui va tomber, donc on a besoin dans les périodes où il y a beaucoup d'eau de pouvoir la retenir, sinon, elle file à l'océan, et pardon de cette phrase un peu bizarre, mais l'océan n'a pas besoin d'eau, ou ces quantités d'eau-là, quand ça tombe fortement, en particulier, quand c’est des pluies orageuses, ça file en moins de 8 jours à l'océan, et donc on a besoin dans ces périodes-là de retenir cette eau pour que dans les périodes de basses eaux, dans les périodes où on n’a plus d’eau, on puisse la restituer pour l'irrigation, mais on peut... cette question-là, elle se pose pour l'irrigation, elle se pose pour le soutien des étiages de cours d'eau, elle se pose pour l'alimentation en eau potable, et à l'inverse, elle se pose pour les incendies, y compris dans l'Ouest et y compris dans le Nord de la France, on a assisté cette année, ce qui est une nouveauté, à des incendies dans des forêts, enfin, qui aurait pu penser qu'un jour, on nous dirait qu'il y aurait un incendie en forêt de Brocéliande. Et donc, et puis, dernier élément... c’est pour lutter aussi contre les inondations, parce que quand il y a beaucoup d'eau, donc c'est à la fois vertueux quand on manque d’eau, et vertueux quand il y a trop d'eau, parce que ça permet de stocker un peu d'eau et d'éviter qu'elle déborde.

ORIANE MANCINI
Mais est-ce qu’il y a d'autres pistes que ces bassines pour gérer ?

MARC FESNEAU
Mais, il y a plusieurs pistes, le principe de ces réserves de substitution, c'est un principe : on pompe dans la nappe en période hivernale, c'est le principe de ce projet, dans le moment, avec, on pompe ce qui est autorisé, ce n'est pas…

ORIANE MANCINI
Donc le surplus de la nappe phréatique…

MARC FESNEAU
Le bar n’est pas ouvert, si vous me permettez cette expression, on pompe la quantité qui est autorisée en fonction du niveau de la nappe, dans ce territoire en particulier, ce sont des nappes qui réagissent beaucoup à la pluviométrie, dès qu'il pleut, la nappe se remplit, ce n'est pas le cas dans mon territoire, dans mon territoire, la percolation de la nappe, jusqu'à la nappe est beaucoup plus lente, et donc là, on a on a des mesures d'une autre nature, mais ici, c'est sous cette modalité-là, dans d'autres cas, c'est des réserves collinaires plus classiques. Dans des troisièmes cas, c'est des ouvrages plus importants, je pense à l'ouvrage qui a été fait, il y a 60 ans, de Serre-Ponçon, qui s’il n'existait pas aujourd'hui, il n’y aurait plus d'agriculture dans une grande partie de la vallée du Rhône jusqu'au delta, c'est comme ça que ça se passerait. Donc la multiplicité des outils, et puis, dire aussi que, parallèlement, et c'est le projet de Sainte-Soline en particulier, comme la plupart des projets, c'est des projets qui par ailleurs portent des exigences pour les agriculteurs, en particulier, la réduction de la consommation d'eau dans ces territoires…

ORIANE MANCINI
Donc une contrepartie, parce que c’est aussi ça que disent les opposants, qu’il faut demander des contreparties ?

MARC FESNEAU
Oui, mais, alors, il y a des contreparties, elles sont sur la table, elles sont signées, ça fait partie du protocole, et les opposants les plus virulents et de mauvaise foi, il y a beaucoup de gens aussi dans ces associations qui sont de bonne foi, mais là, il y en a qui sont de mauvaise foi et qui disent : ils ne vont pas les respecter, alors, ça corrobore ce qu'ils disent, c'est-à-dire qu’il n'y a aucun engagement qui tient, la loi ne tient pas, les engagements ne tiennent pas ; il y a des engagements qui ont été pris, il y avait plus de 20 millions de mètres cubes qui étaient pris dans ce territoire pour l'agrégation, on n'est plus qu'à 12. Et sur les 12, il n’y en aura plus que 6 qui seront pris en période estivale, je le répète, on passe de 20 donc à 6...

ORIANE MANCINI
Mais pourquoi, parce qu'il faut travailler sur des cultures moins gourmandes en eau, parce qu’on a d’autres moyens ?

MARC FESNEAU
Pour tout, enfin, il y a cultures moins gourmandes, parce qu'on a de l’irrigation qui est plus de précision, le plan France relance, il sera poursuivi d'ailleurs d'en France 2030, va permettre d'accompagner des systèmes d'irrigation qui permettent que chaque goutte d'eau soit utile, si vous me permettez cette expression.

ORIANE MANCINI
Pour finir sur cette question de l’eau, est-ce qu'il faut aussi travailler sur le traitement des eaux usées, sur la récupération…

MARC FESNEAU
Oui, alors ça fait partie... alors, il y a deux sujets, si vous me permettez, parce que c'est un sujet important, et c'est important qu'on puisse dire les choses, il y a d'abord un certain nombre de masses d'eau qui sont peu utilisées, il y a beaucoup d'ouvrages en France et qui peut-être pourraient être mobilisés, je pense aux canaux qui sont parfois très envasés et qu'on aurait besoin de désenvaser, parce que ça ferait des masses d’eau qui sont... on considère parfois que dans certains territoires, un tiers du volume d'eau qui pourrait être stocké dans les canaux n'est pas stockable du fait d'un envasement qui est trop important. Donc il faut qu'on travaille sur ces masses d'eau qui existent déjà, les ouvrages existent déjà, qu'on pourrait mobiliser, et puis, 2°) : la réutilisation des eaux, des eaux de stations d'épuration, comme on dit, en France, c’est 1% de l'eau qui est réutilisée, en Italie, c'est 14%, en Espagne, c'est 8 %, en Californie, c’est 80%…

ORIANE MANCINI
Donc on est très en retard…

MARC FESNEAU
Que je sache, il n’y a pas de sujet sanitaire qui a été posé par cela, donc on a besoin de développer une culture qui soit une culture de la réutilisation, d'ailleurs, c'est valable pour l'agriculture, c'est valable aussi pour l'agroalimentaire.

STEPHANE VERNAY
Juste une précision sur la sécheresse, on est toujours en état de sécheresse ou pas, et à quoi est- ce qu’il faut s’attendre…

MARC FESNEAU
On est toujours en état sécheresse…

STEPHANE VERNAY
Pour la suite…

MARC FESNEAU
Je réunirai, dans les prochaines semaines, aussi, on va regarder où on en est de... parce que là, on rentre dans la phase où pour les cultures, puisqu'il y a peu de choses qui nécessitent beaucoup d'appels d’eau, on rentre en période automnale et hivernale. La crainte, c'est, et la vigilance qu’on doit avoir, c’est de regarder si ça va se recharger…

STEPHANE VERNAY
Est-ce que les nappes phréatiques vont avoir le temps de se renouveler ?

MARC FESNEAU
Pour l’instant, on n’est pas à ce stade-là, il y a beaucoup de départements qui sont encore en vigilance avec des mesures de restriction parfois encore faibles, mais qui existent encore, parce que les nappes ne se sont pas rechargées…

STEPHANE VERNAY
Est-ce que ça veut dire qu’il faut qu’on s’attende à une année... on peut avoir une année catastrophe l'année prochaine, comme cette année ?

MARC FESNEAU
Ce n’est pas comme ça que vous le dites, et ce n’est pas comme ça que je veux le dire, j'essaie de ne pas être collapsollogue chaque mois, parce que sinon, ça va être compliqué pour chacun d'entre nous. En tout cas, faut être vigilant, oui, parce que c'est de la recharge de la nappe, de la pluviométrie qui va tomber dépend l'année qui va venir.

ORIANE MANCINI
On va parler des hausses de prix, Stéphane.

STEPHANE VERNAY
Oui, alors concernant les hausses de prix, Bruno LE MAIRE dit qu'il n'y a pas eu de profiteur de distribution dans l'alimentaire, ni les agriculteurs, ni les distributeurs, ni l'industrie agroalimentaire, n’ont pris au passage de rémunération excessive, est-ce que vous confirmez, ses propos ?

MARC FESNEAU
C'était notre intuition, d'ailleurs, le rapport…

STEPHANE VERNAY
Vous avez pu objectiver ça ?

MARC FESNEAU
Oui, eh bien, c’est objectivé dans le rapport d’ailleurs, qui a été produit, pas par moi, par des inspecteurs qui ont fait les choses sérieusement, je vous dis qu’au coeur de l’été, il y avait eu une polémique de certaines enseignes qui disaient : il y a des profiteurs de guerre, donc, c'est…

ORIANE MANCINI
C’est Michel-Edouard-LECLERC qui avait…

MARC FESNEAU
Et donc, ce rapport démontre l'inverse, c'est-à-dire que l’augmentation des tarifs…

STEPHANE VERNAY
Tout le monde a joué le jeu…

MARC FESNEAU
Alors, c'est un deuxième sujet, si vous me permettez, mais sur l'augmentation des tarifs, les tarifs, les hausses qui ont été passés, et parfois, on est encore un peu loin, je pense à la transformation ou, la transformation, et à la fois la répercussion des prix agricoles, et puis, la répercussion de tous les coûts indus après quand vous transformez, l'appel d'énergie et les emballages de natures diverses qui font des surcoûts, et donc, là, on a encore des difficultés, mais je crois que de ce point de vue-là, les opérateurs, ils ont essayé d'être raisonnables pour une raison simple, c'est qu'en face d'eux, ils ont des consommateurs, et donc il faut essayer d'être modéré dans les choses. La deuxième chose que dit le rapport, c'est que Egalim a plutôt bien fonctionné, et qu'il a permis, alors, ça ne veut pas dire que c'est parfait quand on dit ça, quand on dit ça a plutôt bien fonctionné…

ORIANE MANCINI
Egalim, c’est la loi qui était censée rééquilibrer les relations entre distributeurs et producteurs.

MARC FESNEAU
Oui ça a fait auto-satisfait, mais la question n’est pas d’être auto-satisfait, ça a plutôt bien fonctionné, alors évidemment la crise ukrainienne vient percuter parce qu'on a des hausses d'inflation qui sont très fortes, mais ça a plutôt bien fonctionné.

ORIANE MANCINI
Mais ça a quelles conséquences juste la crise ukrainienne sur le fonctionnement…

MARC FESNEAU
Ça a la conséquence que quand vous avez une inflation qui est comme ça exponentielle évidemment la répercussion des hausses se fait parfois à des temps, dans un pas temps qui est trop lent et donc une charge de trésorerie pour les producteurs qui est parfois trop forte. Et puis cette année enfin en fin d'année les questions des coûts énergétiques qui montent encore et qui posent des problèmes à d'autres types de production, je pense aux endives, je pense aux pommes de terre, enfin je pense à un certain nombre de secteurs qu'on va accompagner qu'on va tâcher d'accompagner. 2ème et 3ème élément…

ORIANE MANCINI
Donc il y aura des aides notamment pour les endives, parce que Xavier BERTRAND, il a l’air…

MARC FESNEAU
On est en train de caler un dispositif qui permettra, je le pense et je le crois et je l'espère de répondre à ces exigences là même si c'est difficile pour tout le monde reconnaissons-le. Après est-ce que les opérateurs ont toujours joué le jeu ? Vous avez vu par ailleurs que sur la sollicitation des ministères de l'Economie et du ministère de l'Agriculture, je voudrais saluer le travail qui a été fait que Roland LESCURE et Olivia GREGOIRE. On a travaillé sur ce qu'on appelle les pénalités logistiques, la direction générale de la répression des fraudes a constaté qu'il y avait des opérateurs…

STEPHANE VERNAY
C’est un peu…

MARC FESNEAU
Qui visent en fait à dire que quand vous n’êtes pas livré dans les temps alors parfois ça mériterait d'être montré un jour, il n’y a pas de secret sans donner le nom de l'enseigne puisqu'on n’est pas là pour faire ça mais des gens qui arrivent avec 5 minutes de retard et on leur affiche des pénalités logistiques. Quand vous savez les difficultés qu'il y a eu sur le gasoil ; quand vous savez les difficultés qu’il y a à trouver des chauffeurs pour conduire, aller appliquer une pénalité à la première minute de retard et donc ces pénalités elles visent à dire, vous avez du retard et donc je vous demande une réfaction…

STEPHANE VERNAY
C’est une façon, on ne va pas se mentir, de réintroduire les rétro commissions qui existaient dans la grande distribution.

MARC FESNEAU
Et c’est pour ça qu'elles ont été encadrées, c'est pour ça qu'on avait demandé un moratoire, d'ailleurs globalement pour essayer d'avoir des pratiques commerciales, sauf le fournisseur qui est de mauvaise foi et qui ne veut pas livrer, mais globalement les transformateurs, ceux qui fournissent la grande distribution ils essaient de le faire dans des conditions qui sont pas faciles en ce moment-là, parce qu’il manque des emballages et donc c'était une manière déguisée d'essayer de retrouver de la marge.

STEPHANE VERNAY
Ce que vous vous êtes un train de nous dire, c'est que la loi Egalim a permis d'améliorer les conditions de rémunération des producteurs.

MARC FESNEAU
Oui.

STEPHANE VERNAY
Des agriculteurs eux-mêmes, donc ça c'est plutôt positif.

MARC FESNEAU
C’est plutôt positif.

STEPHANE VERNAY
Par contre pour tout ce qui est opérateurs intermédiaires, les transformateurs…

MARC FESNEAU
On a un sujet…

STEPHANE VERNAY
Il y a toujours une grosse pression de la grande distribution.

MARC FESNEAU
… à travailler avec eux et qu'il faudra qu'on travaille avec eux de désormais cette chaîne supplémentaire, les industries agro-alimentaires comme on dit, qui doivent retrouver de la marge et c'est un élément important.

ORIANE MANCINI
Sur cette question juste des rémunérations des agriculteurs parce que c'est important, est-ce qu'au-delà d’Egalim il va y avoir des mesures prises en ces temps d'inflation pour aider les agriculteurs ?

MARC FESNEAU
Il y a des mesures qui ont été prises dans le plan de résilience Ukraine, des mesures pour prendre en charge les cotisations sociales ici, prendre en charge l'alimentation animale, tout ça c'est presque 600 millions d'euros qui ont été mis sur la table. Et puis deux, ils rentreront dans le dispositif qu'on est en train de finaliser notamment pour les plus petits producteurs d'entreprise énergo-intensives pour alléger la charge de l'énergie, une partie en aides, une partie de ce que font les uns et les autres et puis une partie évidemment dans les prix.

ORIANE MANCINI
Sur le chèque alimentaire, un dernier mot là-dessus c'était une promesse d'Emmanuel MACRON alors que l'inflation sur les produits alimentaires grimpe et évidemment est-ce qu'il va voir le jour ?

MARC FESNEAU
alors on a plusieurs phases dans cette affaire-là, le chèque alimentaire, c'est une la Première ministre et le président de la République ont toujours dit que c'était un horizon sur lequel il fallait essayer d'aller, au-delà les sujets budgétaires qui peut effectivement être prégnant, on a lancé hier avec Jean-Christophe COMBE un 1er dispositif d'aide alimentaire de 60 millions d'euros qui viendra s'adresser en particulier aux associations qui oeuvrent dans le soutien alimentaire aux banques alimentaires dont il faut saluer le travail. 2e élément sur le chèque alimentaire la difficulté dans laquelle on est c'est d'essayer de trouver un outil ou un dispositif unique qui essaie de répondre à trop d'équations et à trop d'inconnues, parce qu’on va en faire quoi de ce chèque alimentaire, pour moi le chèque alimentaire produit de la convention citoyenne, ça montre que quand même il y a des choses qui ont été, contrairement à ceux qui parfois disent rien n'a été produit par la convention citoyenne, on pourrait penser aux zéro artificialisation nette même si c'est un autre débat, tout ça c'est le résultat de ça. La convention citoyenne, elle disait il faut qu'on puisse permettre aux plus démunis d'accéder à une alimentation de qualité et diverse, c'est ça l'objectif. Et donc alimentation de qualité, il y a des tas de débats qui sont sur quel type de produits, est-ce que c'est des produits transformés ou est-ce que c'est des produits frais ? Quel mode de distribution ? Est-ce que c'est la grande distribution ou est-ce que c'est des circuits plus directs ? Est-ce que ça passe par les banques alimentaires ? Première étape les moyens qu'on met en oeuvre, je crois que ça a été plutôt salué par les entreprises, par les associations d'aide alimentaire, première étape, c'est celle-là on est en train de retravailler avec Jean-Christophe COMBE pour avoir un dispositif qu’il faut qu'on essaie de faire le plus clair possible, le plus simple possible, mais il ne fera pas tout, il ne va pas répondre à la fois au sujet de décarbonation, au sujet de filières, au sujet de revenus des agriculteurs et au sujet…

ORIANE MANCINI
Mais il y aura un chèque alimentaire, c’est ce que vous nous dites, vous travaillez dessus.

MARC FESNEAU
On est en train de travailler sur un dispositif pour regarder…

ORIANE MANCINI
A quel horizon ?

MARC FESNEAU
Il faut qu'on garde dans les mois qui viennent, il faut qu'on essaie de stabiliser les choses dans un cadre budgétaire aussi qui est contraint. Il y a eu une première mesure alimentaire qui a été prise à l'automne, vous vous en souvenez au mois de septembre, 100 euros par foyer les plus démunis plus 50 euros par enfant, c'est une forme de réponse alimentaire donc, mais on a besoin d'un dispositif qui soit mieux calé.

ORIANE MANCINI
Le problème c’est le ciblage en fait.

MARC FESNEAU
Ciblage à tous points de vue, quel type de… quelles populations, quel type de produits. Et quels objectifs ?

STEPHANE VERNAY
Sur un tout autre sujet peut-être, un mot sur l'état de la forêt en France, ça fait partie de votre portefeuille, après les grands incendies de l'été ou est-ce qu'on en est, comment on reboise le pays, selon quelle politique ?

MARC FESNEAU
Alors état de la forêt, c'est paradoxalement on s’est d'ailleurs bercé depuis des dizaines d'années sur l'idée que la forêt progressait en surface, c'est vrai, factuellement la forêt progresse en surface, sauf que sa fonction de stockage carbone diminue, presque la moitié moins de stockage carbone ces de 10 ou 15 dernières années.

STEPHANE VERNAY
Et vous avez des essences qui sont particulièrement menacées ?

MARC FESNEAU
Les résineux et puis même pas seulement les résineux il y a un certain nombre de feuillus, les châtaigniers qui ne supportent pas l'épisode de stress hydrique qui sont trop importants, donc. On a un sujet…

STEPHANE VERNAY
La forêt française est en train de changer.

MARC FESNEAU
Oui, oui la forêt française est en train de changer malgré elle, si je dire et donc on a besoin de produits, d'abord un, on a besoin d’étayer encore en point de vue de recherche, on est en train d'accompagner avec ma collègue de la recherche un certain nombre de dispositifs et on aura sans doute des annonces dans les semaines qui viennent, dispositifs de recherche puissant avec l'INRA et avec d'autres pour faire en sorte qu'on voit les essences, parce qu’il ne faut pas se tromper parce qu’une fois qu'on s'est trompé, on part pour 80 années ou plus. Donc le temps est long. Et donc il ne faut pas se tromper. Donc un travail sur la recherche et deux un travail qu'on conjugue avec un travail de renouvellement qu'a annoncé le président de la République, de renouvellement forestier, renouvellement des essences dans des forêts qui sont en cours de dépérissement, ça c'est un élément qui est très important.

ORIANE MANCINI
Un mot sur un texte qui va être examiné dans les prochains jours à l'Assemblée nationale, la proposition de loi du député La France insoumise Aymeric CARON qui vise à interdire la corrida. Quel est votre position sur ce sujet ?

MARC FESNEAU
Ma position, elle est simple, ça fait partie des traditions culturelles françaises. La question n'est pas d'être aficionados et d'aimer ou de ne pas aimer la corrida, ça fait partie des traditions françaises. Il y a derrière alors là c'est le ministre de l’Agriculture qui parle une filière d'élevage qui entretient, je pense à la Camargue en particulier, un paysage et pas seulement un paysage une biodiversité qui est exceptionnelle dans ce territoire et donc dans le moment qu'on traverse et c'est un rendez-vous pour beaucoup de gens très populaires. C’est par ailleurs empreint de beaucoup de cultures locales et moi j'ai trop de respect pour les cultures locales même si ça n'est pas la culture que je porte moi puisque, étant plutôt quelqu'un du nord de la Loire, je trouve que dans le moment qu'on traverse, essayons d'écouter les uns et les autres. On ne peut pas à la fois dire il faut respecter les cultures, la diversité de chacun et sur un sujet comme ça qui est le même sujet que d'autres, ne pas le respecter. Donc je trouve que ce texte n'est pas opportun pour dire les choses très clairement.

ORIANE MANCINI
Une dernière question sur la dissolution.

STEPHANE VERNAY
On parle beaucoup, on en parle sans arrêt dans tous les sens, vous en pensez quoi vous ?

MARC FESNEAU
Je pense qu'on en parle trop.

ORIANE MANCINI
Vous y êtes favorable, vous y seriez favorable ?

MARC FESNEAU
D’abord ça n'est pas une décision du ministre de l'Agriculture donc commençons… moi j'essaie de m'occuper du périmètre qui est le mien comme vous le voyez. Je trouve que les parlementaires de la majorité essaient de faire un travail dans des conditions qui sont difficiles, passer son temps tous les matins à dire attention comme s'ils pouvaient être sensible à ce type de menaces, je pense qu’il faut…

STEPHANE VERNAY
Vous avez longtemps été ministre des Relations avec le Parlement donc vous avez peut-être un petit, un avis que la question quand même.

MARC FESNEAU
Non mais il faut en avoir, la dissolution au fond, elle était produite, quand elle a été produite par le sentiment que la majorité faisait défaut, au sens dans sa cohérence. Aujourd’hui la majorité ne fait pas défaut, le seul problème, c’est qu’il y a une majorité relative. Et la deuxième hypothèse théorique, c’est est-ce qu’on est dans une situation de blocage ? La vérité non, d’abord il y a des outils constitutionnels, 49.3 pour les éléments budgétaires et deux sur un certain nombre de textes, ça s’est encore passé au Sénat, je vois bien qu’il y a des textes sur lesquels on est capable d’avancer. Et donc ce n’est pas blanc ou noir cette affaire-là, il faut qu’on essaie de trouver les voies et moyens parce que l’exigence pour avancer et pour produire des textes parce qu’aucun concitoyen que je croise dans mon département, me dit alors quand est-ce que vous allez dissoudre ? Ils me disent alors quand est-ce qu’on essaie de sortir de cette crise ? Qu’est-ce qui va se passer sur l’inflation ? Est-ce qu’on aura des produits alimentaires dans nos rayons ?

ORIANE MANCINI
C’est un appel aux oppositions que vous faites ?

MARC FESNEAU
C’est un appel aux oppositions, je pense qu’on…

ORIANE MANCINI
A toutes les oppositions ?

MARC FESNEAU
Alors, moi, je vois bien les attitudes du Rassemblement national et de La France Insoumise qui, quel que soit le texte, quel que soit l'objet, quel que soit le sujet, au fond, font commerce à la fois de la crise qu'on traverse et font commerce de l'opposition pour l'opposition, moi, je pense que je n'ai pas besoin de gens qui viennent m'amener des problèmes, j'ai besoin de gens qui m'amènent des solutions, et donc, partout, il y aura des gens qui cherchent des solutions et qui se mettent dans la situation où ils gouverneraient eux-mêmes, c'est-à-dire une situation de responsabilité, pas d'irresponsabilité, je trouve que ce serait un bon chemin.

ORIANE MANCINI
Merci Marc FESNEAU.

MARC FESNEAU
Merci à vous.

ORIANE MANCINI
Merci beaucoup d’avoir été notre invité.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 15 novembre 2022