Conseil des ministres du 12 octobre 2022. La mise en place du comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires – La stratégie vaccinale de l'automne.

Texte intégral

Le ministre de la santé et de la prévention a présenté une communication relative à la mise en place du comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires et à la stratégie vaccinale de l’automne.

L’épidémie est marquée, depuis plusieurs semaines, par une résurgence de la circulation virale : le taux d’incidence dépasse les 570 cas pour 100 000 habitants, et le taux de reproduction du virus s’établit depuis plusieurs semaines à 1,19. 

Cette circulation virale, qui a initialement ciblé les classes d’âge les plus jeunes, concerne désormais toutes les classes d’âges, et notamment les personnes les plus âgées. La situation hospitalière reste à ce stade maîtrisée, même si les indicateurs hospitaliers marquent une hausse sur les derniers jours : plus de 5 300 personnes sont actuellement hospitalisées pour Covid, et près de 550 bénéficient d’une prise en charge en soins critiques. 

Dans ce contexte, et conformément aux recommandations de la Haute autorité de santé, la campagne pour un rappel vaccinal a été lancée le 3 octobre dernier, au bénéfice des personnes de 60 ans et plus, des personnes immunodéprimées ou présentant des risques face à la maladie, de leur entourage et des professionnels de santé, ou encore des femmes enceintes. 

Les Français entrant dans cette cible vaccinale et n’ayant pas reçu de rappel vaccinal depuis plus de 6 mois (ou depuis plus de 3 mois pour les résidents d’EHPAD, les personnes de plus de 80 ans et immunodéprimées) sont éligibles à la vaccination, quel que soit le nombre de rappels reçus jusqu’à présent.

Cette nouvelle campagne repose sur des vaccins bivalents, ciblant à la fois la souche originelle du virus et le variant actuellement en circulation. Ces vaccins sont dès à présent disponibles chez les professionnels de santé de ville. 

La vaccination doit être couplée avec un strict respect des gestes barrières, alors que s’ouvre la période hivernale – très propice à la circulation de différents virus (Covid, grippe, bronchiolite). 

A ce titre, la campagne de vaccination contre la grippe sera lancée le 18 octobre prochain. Cette vaccination est pleinement compatible avec celle contre la Covid.

Le ministre de la santé et de la prévention et la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ont en outre évoqué l’installation du nouveau comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (COVARS) qui sera chargé d’exercer un rôle d’expertise et de conseil indépendant s’agissant des risques sanitaires, parmi lesquels le risque infectieux tel que la Covid. 

Le COVARS travaillera aux enjeux d’anticipation et de prévention des risques sanitaires et leurs conséquences sur la population (veille scientifique, prédiction et modélisation, recommandations pour réduire les risques et prendre en charge et accompagner nos concitoyens). S’inscrivant pleinement dans l’approche « Une seule santé » (« One Health »), ce nouveau comité élargira son analyse à l’ensemble des agents infectieux atteignant l’homme et l’animal, aux polluants environnementaux et alimentaires, et au changement climatique.

Le COVARS est présidé par la Pr Brigitte Autran, professeure émérite de Sorbonne Université, et compte 16 membres scientifiques de haut niveau et professionnels de santé issus de spécialités très différentes (vétérinaires, épidémiologistes, virologues, infectiologues, entomologistes, urgentistes…). La société civile y est également représentée par une représentante des citoyens et deux représentants d’associations de patients.

Ses travaux seront menés en étroite collaboration avec les structures de recherche et d’innovation ainsi qu’avec les agences et hauts comités déjà existants.  Rapidement mobilisable et agile, le COVARS dispose de la capacité de s’auto-saisir selon les risques potentiels qu’il identifiera.

La première saisine confiée à ce comité par les deux ministres porte sur l’anticipation de l’évolution de l’épidémie de Covid et notamment l’analyse de la circulation des variants émergents, le devenir de l’épidémie de Monkeypox, l’avenir des vaccins à ARN messager et l’identification précoce de microorganismes transmissibles susceptibles de se développer sur le territoire français.