Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, à Europe 1 le 30 septembre 2022, sur les prix de l'énergie, la réforme des retraites et la situation de la Zone euro.

Texte intégral


DIMITRI PAVLENKO
Bonjour Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Dimitri PAVLENKO.

DIMITRI PAVLENKO
Bienvenue sur Europe 1, ministre de l'Economie, des Finances, de la Souveraineté industrielle et numérique. Vous êtes inquiet pour cet hiver Bruno LE MAIRE ?

BRUNO LE MAIRE
Non, je ne suis pas inquiet, mais je suis, avec tout gouvernement, avec la Première ministre, totalement déterminé à apporter les bonnes réponses sur la question stratégique qui est la question du prix de l'énergie, ça va être la question qui va nous occuper, qui nous occupe depuis des semaines, le prix de l'énergie et la disponibilité de l'énergie, pour les ménages, comme pour les entreprises.

DIMITRI PAVLENKO
Donc la question de prix, c'est l'urgence du moment, pas les pénuries éventuelles !

BRUNO LE MAIRE
C’est l’urgence absolue, ça a été l'urgence pour les ménages, mais je crois que ce qui singularise la France c'est d'avoir, à la demande du président de la République, depuis 2021, c'est-à-dire avant tous les autres Etats européens, anticipé cette flambée des prix, et mis en place un bouclier énergétique pour un coût, je tiens à le dire parce qu’on voit aujourd'hui les annonces que fait le gouvernement allemand, qui représente près de 100 milliards d'euros sur 2021, 2022, 2023, ça nous a permis…

DIMITRI PAVLENKO
L’Allemagne annonçait 200 milliards hier !

BRUNO LE MAIRE
Parce que l’Allemagne a réagi plus tard, que l'Allemagne est plus dépendante du gaz russe, et donc elle a pris cette mesure, et elle a aujourd'hui une inflation qui est de près de 10%. La France a réagi très tôt, a mis 100 milliards d'euros sur la table, a une inflation qui est la plus basse de tous les pays de la zone euro, et aujourd'hui protège mieux que n'importe quel autre pays européen nos compatriotes contre la flambée des prix du gaz et contre la flambée des prix de l’électricité, je rappelle que si on n'avait pas pris ces mesures-là les factures augmentaient de 180 euros pour l’électricité et 200 euros, par mois, pour le gaz, au mois de janvier, là ce sera uniquement 15%.

DIMITRI PAVLENKO
Alors on aura d'ailleurs le chiffre de l'inflation en septembre, le chiffre provisoire tout à l'heure, dans une petite demi-heure. Vous signez ce matin dans le journal " Les Echos ", Bruno LE MAIRE, une tribune conjointe avec votre homologue allemand, le Vert Robert HABECK, pour dire en substance à l'Union européenne, voilà le message, " il faut prendre des décisions maintenant, il faut surtout simplifier le système des aides en direction des entreprises. "

BRUNO LE MAIRE
Il y a deux messages dans cette tribune, qui est un acte politique important, de la part du gouvernement allemand et du gouvernement français. Le premier message c'est que l'Allemagne nous rejoint sur cette idée que nous défendons, avec Emmanuel MACRON, depuis septembre 2021, il faut découpler le prix du gaz et le prix de l'électricité, et il faut avoir des prix plus bas, c'est-à-dire que pour la première fois l'Allemagne reconnaît que la priorité absolue c'est d'abord de faire baisser les prix de marché qui s'envolent de manière totalement délirante, avec des mouvements spéculatifs qui sont insupportables pour nos concitoyens, et insupportable pour les entreprises, c'est le premier message, il faut de manière urgente que la Commission européenne nous fasse des propositions concrètes, dans les jours qui viennent, pour faire baisser les prix, parce que ces prix ils mettent en péril notre tissu productif et nous entreprises.

DIMITRI PAVLENKO
Mais elle a formulé un plan l’Union européenne !

BRUNO LE MAIRE
Et le deuxième message c’est, il faut que la Commission européenne simplifie le dispositif d’aides, parce qu'il est trop compliqué, et vous avez beaucoup d’énergéticiens aujourd'hui, qui ne peuvent même pas l'appliquer, beaucoup d'entreprises qui consomment beaucoup d'énergie, ça peut être ALUMINIUM Dunkerque, ça peut être ARC, qui ne peuvent pas disposer des aides, auxquelles pourtant elles auraient droit, parce que les critères sont trop compliqués, ils doivent être simplifiés, ils le seront en octobre.

DIMITRI PAVLENKO
Très concrètement, quelles sont ces entraves aujourd'hui dans ce dispositif d’aides Bruno LE MAIRE, très concrètement pour que les Français se rendent compte ?

BRUNO LE MAIRE
Très concrètement on demande, pardon d'être un tout petit peu technique, que l'entreprise ait un Ebitda, un résultat négatif, sur trois mois, le malheur c'est qu'une entreprise industrielle, si elle a un résultat négatif sur un mois, en général elle arrête sa production ou elle la réduit, ou elle licencie, et c'est justement ce qu’on veut éviter, donc nous voulons des dispositifs qui soient beaucoup plus rapides à mettre en oeuvre pour ne pas menacer l'emploi, ni l'activité industrielle. On voit aujourd'hui en Allemagne certaines entreprises qui délocalisent leurs activités vers des pays où l'énergie est moins chère. J’ai vu en France, j'étais dans la vallée de l'Arve il y a quelques jours, en Haute-Savoie, des entreprises qui réduisent leur production parce qu'ils disent « désolé, ça nous coûte trop cher de produire », donc il faut des aides qu'on puisse débloquer plus rapidement, et puis des aides plus massives, aujourd'hui le plafond maximum c'est 50 millions d'euros, nous nous voulons qu'il soit doublé à 100 millions d'euros.

DIMITRI PAVLENKO
Vous avez parlé de délocalisation industrielle, c'est vrai, le journal " Le Monde " rapportait des entreprises allemandes qui prennent cette décision, en catimini, elles ne le disent pas publiquement, mais c’est ce qu’elles font. Est-ce que vous craignez que tous les efforts, pour lesquels vous militez depuis longtemps, de réindustrialisation, de relocalisation dans le pays, que tout ça soit fichu par terre par l'actuelle crise des prix de l'énergie ? Je donne ce chiffre aux gens, c'est Patrick ARTUS dans " Les Echos " qui le dit ce matin, il dit " pendant au moins deux ans les prix de l'énergie seront sept fois plus élevés en Europe qu'aux Etats-Unis ", sept fois plus élevés.

BRUNO LE MAIRE
Je pense que c’est très dur de faire des prévisions comme cela, quand on regarde aujourd'hui les niveaux de prix personne n'avait anticipé qu'ils flamberaient à ce point-là, nous nous avions anticipé qu'ils augmenteraient, mais pas qu'ils flamberaient et de manière aussi significative, donc mon ma responsabilité n'est pas de faire des plans sur la comète, c'est de protéger les entreprises, et donc ma priorité absolue…

DIMITRI PAVLENKO
Mais vous avez des signaux, elles vous disent " moi j'arrête certains projets de relocalisation " ?

BRUNO LE MAIRE
Non, moi je pense que la relocalisation c'est un mouvement très profond, qui est un mouvement qui est en marche, on le verra sur l'industrie automobile dans les prochains jours, on l'a vu sur les semi-conducteurs avec l'investissement de GlobalFoundries, 6 milliards d'euros à Crolles, près de Grenoble, c'est un vrai mouvement de relocalisation, donc on le voit sur beaucoup d'activités, on le voit sur l'hydrogène, avec la Première ministre on a lancé les 10 nouveaux projets sur l'hydrogène qui font de la France aujourd'hui la première nation en Europe en termes d'investissements sur l'hydrogène, donc ce mouvement il est très profond, il est engagé, et à mon sens il est irréversible, mais il doit se faire dans les meilleures conditions économiques possibles, ça veut dire aider des entreprises à passer le cap sur l'énergie, faire baisser les prix de l'énergie sur les marchés, et ça veut dire une troisième chose aussi, qui me tient très à coeur, c'est que les fournisseurs d'énergie, TOTAL, ENGIE, EDF, jouent le jeu, et je vais vous dire le fond de mon sentiment…

DIMITRI PAVLENKO
Jouent le jeu.

BRUNO LE MAIRE
Je pense qu’aujourd'hui ils ne jouent pas suffisamment le jeu avec leurs clients.

DIMITRI PAVLENKO
C’est quoi jouer le jeu ?

BRUNO LE MAIRE
Eh bien ça veut dire qu'ils proposent des tarifs raisonnables à leurs clients, notamment les PME, dans des conditions raisonnables, c'est-à-dire possibilité de réviser si jamais les prix baissent, et avec des délais raisonnables, c'est-à-dire la possibilité pour l'entreprise d'examiner le contrat sans qu’ils aient le couteau sous la gorge en disant " il faut que vous signez demain parce que les prix sont trop volatils "…

DIMITRI PAVLENKO
Mais c'est quoi un prix raisonnable Bruno LE MAIRE ? C’est un prix de marché là !

BRUNO LE MAIRE
C’est ce que nous allons discuter ; c’est un prix de marché, mais ce n'est pas le prix anticipé à deux ou trois mois. Moi je vais être très concret avec vous, j'ai des patrons de PME qui viennent me voir, qui me montrent ce que leurs proposent les fournisseurs d'énergie, c'est-à-dire des prix de l'ordre de 600 ou 700 euros le mégawatheure, là où les fournisseurs d'énergie anticipent un prix à 200 ou 300 euros, alors là, vous voyez, c'est le cas de le dire, il y a deux fils qui se touchent, d'un côté l'énergéticien qui me dit " nous on anticipe qu’à échéance de deux, trois, quatre mois, on sera plutôt à 200, 250 euros le mégawatt ", et le même énergéticiens qui va proposer à un patron de PME un tarif moyen à 500 euros le mégawatt, donc ce n'est pas acceptable. Donc nous réunirons, avec Agnès PANNIER-RUNACHER, mercredi prochain…

DIMITRI PAVLENKO
Donc ce sont des profiteurs de crise, comme le disent certains membres de l’opposition ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne vais pas pointer du doigt les uns ou les autres, je dis simplement que ma responsabilité c'est l'ordre public économique, donc la garantie que tout le monde est solidaire dans ces périodes de crise énergétique, donc nous réunirons, avec Agnès PANNIER-RUNACHER, mercredi prochain à 8h30 pour être tout à fait précis, tous les énergéticiens pour leur demander de signer un code de conduite, une charte d'engagement, dans laquelle ils s'engageront à fournir à toutes les PME françaises des tarifs d'électricité et d'énergie raisonnables, dans des délais raisonnables, avec des conditions raisonnables.

DIMITRI PAVLENKO
Alors, il y a cette idée, une forme de contrôle des prix, Bruno LE MAIRE, si je vous ai bien compris, il y a une autre voie, c’est laisser les énergéticiens gagner beaucoup d'argent et puis aller, derrière, avec une taxe sur les superprofits.

BRUNO LE MAIRE
C’est ce que nous faisons, même si je n’appelle pas ça taxe sur les superprofits mais prélèvement de la rente, ça me paraît un vocabulaire plus juste, mais c'est ce que nous faisons déjà, et très honnêtement c'est ce qui finance notre bouclier énergétique.

DIMITRI PAVLENKO
Oui, c’est ce qui va financer notre bouclier énergétique. Patrick POUYANNE, le patron de TotalEnergies, a dit clairement cette semaine, à l'Assemblée nationale, devant cette commission parlementaire, cette mission flash, qui reçoit les patrons, les énergéticiens, a dit " moi, s’il y a une taxe nationale qui est mise en place, comme ça, c'est simple, je vais investir ailleurs, je vais partir. "

BRUNO LE MAIRE
Mais ça tombe bien parce que ce sera, non pas une taxe nationale, mais un prélèvement européen. Les taxes, d'abord, on les prélève sur ce qu'on produit, je ne crois pas prélever des taxes sur le gaz ou sur le pétrole, elles sont déjà prélevées à l'étranger là où TOTAL produit du pétrole, en revanche c'est normal qu'on récupère les rentes sur la production d'électricité lorsque les prix flambent, et c'est exactement ce que nous faisons Je rappelle que nous garantissons les prix à tous ces énergéticiens pour qu'ils investissent dans l'éolien, qu’ils investissent dans le solaire, lorsque les prix sont bas, là c'est l'Etat qui paye, eh bien quand la situation se renverse, que les prix flambent, et que par conséquent les énergéticiens arrivent à avoir des bénéfices exceptionnels sans faire d'investissements supplémentaires, il est légitime que nous récupérions cette rente, et nous le faisons, ça nous a remporté 8 milliards d'euros en 2022, et ça nous rapportera 20 milliards d'euros en 2023, ça finance quasiment la moitié du bouclier énergétique pour les ménages français et pour les petites entreprises.

DIMITRI PAVLENKO
Alors, beaucoup de sujets Bruno LE MAIRE, on avance. Les retraites, la réforme des retraites, une concertation va donc s'ouvrir, Elisabeth BORNE l'a dit hier matin, Olivier VERAN, porte-parole du gouvernement, disait hier soir sur BFM TV très clairement, " d’ici à 2031 nous voulons un départ à la retraite à 65 ans ", ça veut dire que la réforme elle est déjà écrite par-delà l’engagement à concerter Bruno LE MAIRE ?

BRUNO LE MAIRE
Mais elle a déjà été proposée par le président de la République dans sa campagne, et validée par nos compatriotes en choisissant Emmanuel MACRON en lui donnant un second mandat et en lui donnant une majorité à l’Assemblée nationale.

DIMITRI PAVLENKO
…63, 64 ans, discutons.

BRUNO LE MAIRE
Le projet du président de la République c'est 65 ans en 2031, avec un point très important, qui doit rassurer tout le monde, avec une clause de rendez-vous en 2027 quand on sera quasiment à 64 ans, donc je pense que c'est à la fois efficace comme réforme, et puis c'est juste, parce qu'il ne faut pas oublier la contrepartie de cela, c'est la garantie d'un minimum contributif à 1100 euros qui fait aussi partie de la proposition de campagne du président de la République, avec ça on a un dispositif qui est à la fois efficace et juste. Et surtout…

DIMITRI PAVLENKO
Mais juste, justement vous voyez les boucliers se lever Bruno LE MAIRE, on va vous dire oui mais quelqu'un qui a commencé à travailler à 18 ans, travailler jusqu'à 65 ans ce n’est pas juste.

BRUNO LE MAIRE
Ça s'appelle les carrières longues, nous maintiendrons évidemment ces dispositifs de carrières longues, et si nous ouvrons, avec la Première ministre une concertation, c'est bien pour écouter les critiques, les propositions, les améliorations de tout le monde. La seule chose que je tiens à rappeler, comme je le fais depuis des mois, pour ne pas dire des années, c'est que la réforme des retraites c'est le pilier du financement de notre modèle de protection sociale, c’est la garantie que nous maintiendrons un modèle de protection sociale qui soit juste, qui soit solidaire et qui reste équilibré. Je vais vous dire ce que rapporte une réforme des retraites comme celle-là pour les équilibres financiers du pays, je le dis comme ministre des Finances, d'abord ça vous permet d'avoir des moindres dépenses qui sont de l'ordre de 9 milliards d'euros, de l'autre côté vous allez avoir des dépenses supplémentaires de personnes qui vont rester en inactivité ou qui seront en invalidité, au total ça vous rapporte déjà de 4 à 5 milliards d'euros du point de vue budgétaire, mais le plus important c'est que ça augmente le volume global de travail du pays, et nous nos réévaluation c'est qu'à échéance de 2027 ça fait 1 point de richesse nationale supplémentaire pour le pays ça fait 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires pour le pays, et ça fait 240.000 emplois supplémentaires pour la France, ça veut dire que la réforme des retraites est une garantie de prospérité et de plein emploi pour le pays, c'est pour ça que c'est aussi important d'avancer dans cette réforme, on ne la fait pas pour le plaisir de la faire, on la fait pour la prospérité de nos enfants et de nos petits-enfants, pour l'équilibre de nos comptes sociaux, et pour le plein emploi qui, je le rappelle, est l'objectif stratégique de cette majorité.

DIMITRI PAVLENKO
Et les régimes spéciaux Bruno LE MAIRE, va-t-on supprimer les régimes spéciaux dans cette réforme, est-ce que vous le souhaitez, est-ce que ça fait partie des volontés du président de la République ?

BRUNO LE MAIRE
Cela faisait partie du projet du président de la République, je pense qu’il il faut ouvrir la discussion, à partir du moment où on ouvre une discussion il ne faut pas la refermer d'emblée, et je pense que c'est important de poser les choses sur la table. Pour moi l'élément central, clé, de la réforme des retraites, c'est le décalage de l'âge légal, c'est ce qui donne de la puissance et de l'efficacité à cette réforme.

DIMITRI PAVLENKO
Alors, ce n’est pas un sujet très grand public, Bruno LE MAIRE, mais c'est un sujet qui est très important, depuis 48 heures la Banque centrale d'Angleterre lance un plan de sauvetage massif de la monnaie britannique, la livre sterling, en fait les marchés n’ont pas du tout aimé les réductions d'impôts qui sont promises par Liz TRUSS, nouvelle Première ministre britannique, qu'elle entend financer par de la dette, comment vous regardez ça Bruno LE MAIRE vous, en tant que ministre des Finances, est-ce que vous vous dites est-ce que l'euro ne serait pas le prochain sur la liste des marchés qui pourrait être amené, comme ça, à tester la solidité de l’euro et voir comment réagirait la Banque centrale européenne, est-ce que ça fait partie des sujets qui vous préoccupent à l'heure où l'on voit l'euro considérablement affaibli, par rapport au dollar notamment ?

BRUNO LE MAIRE
Non, je ne suis pas inquiet de la situation de la zone euro, en revanche je suis inquiet de la situation britannique, mais qu'est-ce que ça montre ? ça montre tout d'abord que les coups, en matière de politique financière, de politique économique, ça ne marche pas, quand on fait des grands coups comme cela, avec des annonces spectaculaires, comme le proposent d'ailleurs certaines oppositions en France, ça perturbe le marché, ça perturbe les équilibres financiers et ça conduit à un véritable désastre, avec des taux d'intérêts qui sont de 4,5 % ou même un peu plus en Grande-Bretagne, nous nous gardons des taux d'intérêt qui restent raisonnables, qui restent assez proches des taux allemands, parce qu’il y a de la constance dans la politique économique et financière de la France. La deuxième chose c'est que sortir de l'Europe ça a un coût considérable, parce que l'Europe c'est une protection, et être aux côtés de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne, des autres membres de la zone euro, avoir de la concertation dans nos politiques économiques, regarder comment est-ce qu'on fait face ensemble à l'inflation, comment est-ce qu'on va ensemble, on y revient, faire baisser les prix de l'énergie, eh bien c'est une vraie protection. La zone euro nous a protégés pendant la crise du Covid, nous a permis de lever des montants de dettes considérables, à des taux très intéressants, ça a sauvé notre économie, il faut que chacun le réalise, sans l'euro, et sans l'Europe, nous n'aurions pas pu sauver notre économie comme nous l'avons fait, eh bien même chose face à l'inflation, c'est pour ça qu’avec Robert HABECK nous prenons cette initiative de dire il faut que la Commission européenne réagisse plus vite sur les marchés de l’énergie, solidarité, donc efficacité.

DIMITRI PAVLENKO
Merci Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Merci Dimitri PAVLENKO.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 3 octobre 2022