Déclaration de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, sur les décisions prises par l'Union européenne face à la crise énergétique, à Bruxelles le 30 septembre 2022.

Intervenant(s) :

Circonstance : Réunion extraordinaire des ministres de l’Energie

Prononcé le

Texte intégral

Mme Agnès Pannier-Runacher : "Je sors de ce Conseil des ministres de l’énergie où un message d’urgence a été donné, un message de détermination, un message de solidarité aussi. Nous allons, dans le droit fil des décisions qui ont été prises aujourd’hui, puisque nous venons d’adopter à un règlement qui permet, à la fois d’aller obtenir des contributions auprès des entreprises productrices d’énergie qui bénéficient d’un excédent de profit compte tenu du niveau des prix des marchés, et de l’autre côté une contribution de solidarité qui sera également mise en place et un plan de diminution de notre consommation d’électricité en période de pics. Ce sont autant de mesures de nature à mieux accompagner les entreprises et les ménages puisque ces recettes, nous allons pouvoir les utiliser pour protéger les entreprises et les ménages mais également pour baisser les prix. C’est tout l’enjeu du plan de baisse de la consommation d’électricité pendant les pics.

Puis, la présidence l’a dit, nous avons donné un clair mandat à la Commission européenne pour nous présenter dans les tout prochains jours, dans le droit fil du non-papier qu’elle nous avait distribué, des propositions pour baisser le prix du gaz et jouer sur ce prix du gaz pour baisser le prix de l’électricité. Donc nous allons évidemment évoquer les différentes options qui sont sur la table, je pense notamment à la déconnexion des contrats de gaz de l’index TTF qui ne représente plus la réalité du marché mais nous allons également examiner d’autres options sur l’électricité. Plusieurs d’entre nous ont rappelé que le mécanisme ibérique pouvait aussi être un levier rapidement activable.

Enfin, je compte sur le Conseil Ecofin pour finaliser les décisions concernant les mécanismes pour lutter contre la spéculation et la volatilité sur les marchés. Ce sont des mécanismes techniques, ils peuvent avoir l’air de rien mais ils peuvent avoir aussi un effet très important et très direct sur les marchés de l’énergie aujourd’hui qui sont très volatiles et très illiquides.


Comment évaluez-vous la position allemande contre un price cap pour le gaz ?

Mme Agnès Pannier-Runacher : Nous en avons parlé avec Robert Habeck, je pense que cette position est dictée par la vigilance par rapport à la question d’avoir un rationnement du gaz et une organisation de ce rationnement qui serait complexe. Mais là encore, il a manifesté une grande ouverture sur des mécanismes qui permettent de comprimer le prix du gaz. D’où le fait de travailler sur des notions d’index par exemple. Je pense, encore une fois, que le jeu est ouvert pour nous tous. Ce qui est important, c’est qu’on avance unis et solidaires. Pourquoi ? Parce que l’ensemble de nos chaînes de production sont, aujourd’hui, connectées et si une usine s’arrête dans un pays, c’est trois clients de cette usine qui devront s’arrêter aussi parce qu’ils n’auront pas les pièces qui sont produites dans la première usine. Donc ça nous intéresse tous et nous avons vraiment un enjeu de s’assurer que le gaz est aux endroits de production et de s’assurer que nous allons travailler sur le prix du gaz et l’électricité.

Très exactement, nous demandons effectivement des propositions à la Commission européenne sur le prix du gaz ou sur le prix de l’électricité. Pas un non-papier mais des propositions sur lesquelles on puisse prendre position, travailler à un texte le cas échéant. S’il s’agit de négociations avec nos partenaires, la Commission européenne a un mandat effectivement pour porter des positions vis-à-vis de nos partenaires. Mais dans les autres cas nous sommes évidemment sur des enjeux de règlement ou de texte".


Source https://ue.delegfrance.org, le 3 octobre 2022