Conseil des ministres du 26 septembre 2022. Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023.

Texte intégral

Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, le ministre de la santé et de la prévention, et le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, ont présenté le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023.

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) met en œuvre plusieurs engagements présidentiels importants sur la santé, le soutien aux familles tout particulièrement en matière de garde d'enfants, et l'appui aux personnes âgées en perte d'autonomie.

- Sur le champ de la santé, ce PLFSS engage la première étape d'une politique volontariste en faveur de la prévention que poursuit le Gouvernement, avec notamment la création des rendez-vous aux âges clés de la vie qui seront pris en charge par l'assurance maladie pour garantir une vie en meilleure santé à nos concitoyens, en particulier pour ceux qui sont le plus éloignés aujourd'hui de notre système. Afin d'améliorer la santé sexuelle, le dépistage gratuit et sans ordonnance sera élargi à toutes les infections sexuellement transmissibles et gratuit jusqu'à 26 ans, tandis que la contraception d'urgence sera rendue gratuite pour toutes les femmes sans ordonnance.

L'accès à la santé sera renforcé, en particulier pour faire face aux déserts médicaux. A ce titre, et afin d'améliorer la formation des jeunes médecins et de renforcer leur apprentissage de l'exercice ambulatoire, des travaux seront engagés avec les universités et les représentants des jeunes professionnels pour la mise en oeuvre d'une 4ème année d'internat de médecine générale. En outre, de nouveaux outils de négociation conventionnelle permettront d'agir, au vu des concertations engagées dans le cadre du Conseil national de la refondation Santé, pour favoriser l'accès aux soins dans les zones sous denses.

- Sur le champ de la famille, la revalorisation de 50 % de l'allocation de soutien familial sera mise en oeuvre dès novembre 2022 et bénéficiera à 800 000 familles monoparentales. La réforme du complément pour le libre choix du mode de garde permettra de diminuer le coût d'une garde d'enfant auprès d'une assistante maternelle, pour que le reste à charge soit similaire à celui d'un autre mode d'accueil du jeune enfant. Par ailleurs, les familles monoparentales pourront bénéficier du complément mode de garde jusqu'aux 12 ans de l'enfant, contre 6 ans aujourd'hui.

- Sur le champ de l'autonomie, pour répondre à l'attente très forte des Français de vieillir chez eux le plus longtemps possible, le développement des services de soins infirmiers à domicile sera soutenu, avec une réforme de leur tarification et une augmentation de l'offre. Se concrétise également l'engagement présidentiel de permettre aux aides à domicile de passer plus de temps auprès des personnes accompagnées avec l'ajout de deux heures de présence supplémentaire hebdomadaires auprès des bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile à compter de 2024. S'agissant des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), la transparence financière et les contrôles seront renforcés, de même que la médicalisation avec une trajectoire financière permettant le recrutement à terme de 50 000 personnels soignants supplémentaires auprès des résidents.

- Sur le champ du handicap, ce PLFSS encourage la transformation des établissements médico-sociaux et promeut les démarches inclusives qui transformeront la société.

Pour financer ces priorités présidentielles et soutenir l'ensemble du système de santé, l'objectif national de dépenses d'assurance maladie (ONDAM) progressera de +3,7 %, hors dépenses liées à la crise sanitaire. Par ailleurs, pour 2022, l'ONDAM est relevé de +9,1 milliards d'euros pour financer notamment les dépenses liées au covid, les revalorisations salariales et les mesures déployées cet été sur les urgences et les soins non programmés.

La Gouvernement affirme enfin une ambition forte sur le champ de la lutte contre les abus et la fraude. A cette fin, plusieurs mesures législatives permettront notamment de doter les contrôleurs des caisses de sécurité sociale de prérogatives de cyber-enquête, d'étendre le déconventionnement d'urgence à l'ensemble des professions de santé en cas de fraude majeure et de renforcer les échanges d'informations afin de mieux lutter contre le travail informel. Pour éviter les potentielles dérives sur les arrêts de travail prescrits en téléconsultation ceux-ci seront désormais, sauf exception limités à la seule prescription par le médecin traitant.

Au total, alors que la crise sanitaire a fortement affecté la sécurité sociale depuis 2020, son solde financier s'améliore sous l'effet de la reprise économique, avec un déficit qui se résorbe de 17,8 milliards d'euros en 2022 à 6,8 milliards d'euros en 2023.