Extraits d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec France 2 le 3 décembre 2021, sur l'épidémie de Covid-19 et le tourisme en France.

Texte intégral

 

Q - Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne.

R - Bonjour.

Q - On l'a entendu, vous êtes secrétaire d'Etat chargé notamment du tourisme. La situation sanitaire s'aggrave et la question que l'on se pose tous : les vacances sont dans quinze jours, est-ce que nous pourrons partir à Noël ?

R - Oui, tout à fait. Nous pourrons partir, dès lors que nous continuons à être tous très responsables. Il faut redoubler de vigilance dans le respect des gestes barrières, dans le fait d'aller faire son rappel lorsqu'on est éligible, et puis tous les réflexes qu'on a acquis, parce qu'il faut lutter contre cette nouvelle vague. Et le plus beau cadeau qu'on puisse se faire tous, collectivement, pour Noël, c'est de casser cette cinquième vague.

Q - Mais ça veut dire quoi ? Si on veut partir, aujourd'hui, si on veut prendre un billet de train, d'avion, est-ce qu'il y a des recommandations précises ?

R - Alors moi, la recommandation que je vous fais, lorsque vous souhaitez organiser un déplacement, votre voyage, n'hésitez pas d'ailleurs à avoir recours aux entreprises du voyage, aux agents de voyages parce qu'ils sont là pour vous conseiller, notamment lorsque vous voulez vous déplacer. Ayez recours aussi au site des conseils aux voyageurs qui sont sur diplomatie.gouv.fr pour vous conseiller sur, justement, les zones à éviter ou les zones qui restent ouvertes. Et puis, tout simplement, vous savez, j'ai longtemps promu l'été bleu-blanc-rouge, je fais la promotion aussi de cet hiver bleu-blanc-rouge.

Q - Le Noël en France.

R - Regardez, la neige est là. Nos montagnes ont ce joli manteau blanc, beaucoup de stations ouvrent d'ailleurs dès ce week-end...

Q - On va y revenir sur les stations.

R - ...et en toute sécurité sanitaire, puisque nous avons mis en place le passe sanitaire avec un taux d'incidence qui a dépassé les 200. Et donc, tout ça va permettre, je crois, de pouvoir souffler, de pouvoir se retrouver. La SNCF d'ailleurs enregistre des taux de réservation inédits, qui sont au-delà même de ce qu'on connaissait avant la crise. Donc, je crois que les Français ont cette envie de s'oxygéner. Faisons-le en toute sécurité sanitaire, c'est là la recommandation que je fais.

Q - Et qu'est-ce que vous vous dites aux Français de l'étranger qui voudraient, eux, revenir en France pour passer les fêtes en famille ?

R - Lorsqu'on est Français établi hors de France, on peut toujours revenir en France. Ça, c'est le principe. D'ailleurs, nous avons mis beaucoup pour accompagner nos compatriotes en convertissant aussi leur certificat de vaccination étranger en passe sanitaire. Je peux vous dire que cet été, 200.000, comme ça, ont pu avoir un QR code et avoir accès aux activités, bien qu'ayant été vaccinés à l'étranger. Et donc, ils sont naturellement les bienvenus s'ils le souhaitent.

Q - Les professionnels du tourisme avaient retrouvé le sourire, aux vacances de la Toussaint. Là, ils ont peur que ces vacances soient gâchées. Qu'est-ce que vous dites aux professionnels du tourisme qui commencent à s'inquiéter ?

R - Alors, j'ai réuni les professionnels du tourisme, hier, lors du comité de filière tourisme. Vous savez, c'est ma méthode toujours : la concertation, le dialogue. Ce que je retire, c'est qu'effectivement il y a un petit coup de frein, depuis une dizaine de jours...

Q - Des annulations ?

R - Alors, cela peut se matérialiser par des annulations, mais, par exemple, dans le secteur de l'événementiel, plutôt dans le tourisme d'affaires, parce qu'on le voit, la mobilité est un petit peu plus complexe qu'avant avec plus de tests etc. mais on a besoin de ça aussi pour pouvoir rassurer. Et ce que j'ai dit au Conseil du tourisme, c'est que naturellement nous allons travailler avec eux, voir s'il y a besoin de les accompagner. J'en ai parlé à Bruno Le Maire, mercredi.

Q - Les accompagner, c'est-à-dire ? De nouveau ressortir le portefeuille pour les aider financièrement, si besoin ?

R - Depuis 18 mois on a mis 38 milliards d'euros pour accompagner effectivement les acteurs du tourisme français. On n'est pas là pour les lâcher, si d'aventure ça repartait ; et ça repart. Donc, on est en train de regarder s'il y a des besoins et naturellement, voilà, le tourisme, c'est une priorité nationale. Il y a quinze jours, avec le Premier ministre, d'ailleurs, on a dévoilé le plan Destination France : deux milliards d'euros supplémentaires pour faire en sorte de reconquérir des parts de marché et faire en sorte qu'on reste sur le podium.

Q - Justement, Jean Castex hier a évoqué la situation sanitaire. Un nouveau Conseil de défense sanitaire aura lieu lundi. Il a été convoqué pour voir s'il y a lieu, a-t-il dit, de prendre des mesures complémentaires. Ça signifie quoi, des mesures complémentaires ?

R - Ecoutez, je ne peux pas vous annoncer la fin de la réunion, avant même qu'elle ait eu lieu.

Q - Mais est-ce qu'il y a des pistes, par exemple ?

R - Ce que je peux vous dire, c'est que la stratégie qui est la nôtre, elle est la bonne et on la garde. Cette stratégie, c'est quoi ? C'est la vaccination et de ce point de vue-là, regardez : la campagne pour le rappel fonctionne très bien, 500.000 personnes qui ont reçu leur rappel hier. On en est à plus de 8 millions et demi de personnes qui ont reçu le rappel et on espère bientôt les 10 millions. Des créneaux s'ouvrent. 1200 centres de vaccination, 300 nouveaux dans les tout prochains jours. Donc tout cela va nous permettre d'être au rendez-vous des résultats. Parce qu'on est mieux couvert quand on a le rappel et l'efficacité du rappel, elle est sans appel. Donc il y a cela, il y a le passe sanitaire, le fait qu'il soit contrôlé, respecté, et je tire mon chapeau aux professionnels ; je les remercie, parce qu'ils font beaucoup d'efforts de ce point de vue-là. C'est cela qui va nous permettre de rester ouverts.

Q - Mais ça veut dire quoi ? C'est du télétravail, des jauges ? Qu'est-ce qui est sur la table, aujourd'hui ?

R - Sur la table, il y a l'idée de pouvoir amplifier le recours aux outils existants. C'est un appel à la responsabilité. C'est un appel à la responsabilité individuelle et collective.

Q - Est-ce que ça suffit, aujourd'hui ?

R - Si chacun d'entre nous, vraiment, on fait tous ces efforts : le masque, les gestes barrières, la vaccination etc., oui, bien sûr, on peut s'en sortir et on peut faire face à cette nouvelle vague en évitant un trop grand nombre d'hospitalisations. Et on veut éviter d'avoir recours, justement, à des mesures qu'on a connues dans le passé et qui n'ont pas forcément laissé un bon souvenir. Vous savez, justement, ces couvre-feux, ces jauges etc. Donc, c'est pour ça, je le dis : si vous n'êtes pas vacciné, allez-y. Il y a encore 6 millions de Français qui sont éligibles et qui ne sont pas vaccinés. Allez-y, parce que, sinon, le virus, un beau jour, il va vous trouver.

Q - Justement, les premiers cas en métropole du variant Omicron ont été détectés hier, des voyageurs qui revenaient du Nigeria et qui n'étaient pas vaccinés. Comment est-ce possible ?

R - Vous avez vu que, d'ailleurs, ils ont été testés et tout de suite mis à l'isolement, donc il y a eu une bonne efficacité dans justement le tracing à l'arrivée. C'est vrai qu'on a renforcé les mesures sur un certain nombre de pays, notamment les pays de l'Afrique australe, pour pouvoir s'assurer de détecter ces cas. Donc, on est vraiment très vigilants, aussi, aux frontières.(...).


source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 6 décembre 2021