Déclaration de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, en réponse à une question sur le multilinguisme au sein de l'Union européenne, à l'Assemblée nationale le 9 novembre 2021.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

Circonstance : Question au Gouvernement à l'Assemblée nationale

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Député,


Vous avez raison, lire, parler, comprendre, être compris dans sa langue maternelle, c'est un droit élémentaire et c'est un droit élémentaire pour tout Européen. C'est donc d'ailleurs consubstantiel à la démocratie européenne. C'est si vrai que le premier acte juridique qu'a pris la CEE -c'était en 1958- avait justement trait au régime linguistique et à la diversité linguistique. Et donc, si nous défendons l'Europe, nous devons défendre cette diversité linguistique, cette diversité culturelle.

C'est pourquoi, avec Clément Beaune, nous avons missionné un groupe d'une quinzaine de personnalités européennes, de praticiens, justement, de la langue, de l'Europe, qui nous ont remis un rapport, sous l'autorité du professeur Christian Lequesne, dix-huit recommandations très concrètes, sur lesquelles nous travaillons pour pouvoir établir une vraie feuille de route qui fasse bouger les lignes.

Peut-on se satisfaire que 95% des documents émis par le secrétariat général du Conseil soient en langue anglaise ? Assurément non. Peut-on se satisfaire que 90% des documents issus de la Commission européenne soient rédigés en langue anglaise ? Clairement non. Et c'est pourquoi nous travaillons à cette feuille de route ambitieuse à l'image du souhait qu'a le Président de la République de rehausser la langue française et le multilinguisme.

Dans les recommandations, je trouve particulièrement intéressant le fait de fixer à 50%, par exemple, les documents émis dans une seule langue. Cela permettra une vraie diversité linguistique. Nous souhaitons plus de budget pour les formations, pour l'interprétation, pour la traduction. Et puis également, il y a un combat pour instaurer, dans tous les Etats membres, une deuxième langue vivante. Seuls 8 Etats sur 27 ont une deuxième langue vivante et on le sait, souvent, c'est le choix du français qui est fait. Alors, "das ist genug !", "basta !", "ça suffit !", et maintenant on passe à l'action.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 novembre 2021