Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec France Bleu Béarn Bigorre le 1er octobre 2021, sur la réouverture des remontées mécaniques, le recrutement des saisonniers et le tourisme en zone de montagne.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

Prononcé le

Temps de lecture 7 minutes

Texte intégral

Q - Merci d'être venu dans nos studios ce matin. Vous avez clôturé hier le Congrès des domaines skiables de France en Savoie et vous avez officiellement annoncé que les remontées mécaniques ouvriront quoi qu'il arrive cet hiver et même sans passe sanitaire. C'est ça la bonne nouvelle.

R - Oui. Effectivement on est aujourd'hui avec une épidémie qui est régulée. Je vous rappelle que les remontées mécaniques en hiver n'ont pas pu ouvrir depuis le 14 mars 2020. C'est un an et demi. Cela a été très long. La montagne a connu un véritable choc, une avalanche quelque part l'année dernière, et d'ailleurs l'Etat a été présent aux côtés des acteurs avec des dispositifs ad hoc. Et donc hier effectivement à Domaines skiables, je leur ai précisé que naturellement les remontées mécaniques rouvriront et à ce stade, les remontées mécaniques n'ont pas besoin de passe sanitaire. Je touche du bois, j'espère que la situation épidémique nous permettra de continuer comme ça toute la saison.

Q - Pas de passe sanitaire pour les skieurs.

R - Pour les remontées mécaniques. Après, on est dans le régime général. Vous savez, le passe sanitaire est pour l'instant encore demandé dans les restaurants, dans les musées, dans un certain nombre de sites. Un projet de loi va être déposé par le gouvernement prochainement afin de prolonger la possibilité - je parle bien de la possibilité parce que vous avez vu que dans les départements où la situation va mieux, on met en place un certain nombre d'assouplissements. Lorsque le taux d'incidence est inférieur à 50, on peut tomber le masque pour les enfants, les jauges disparaissent.

Q - Donc ça dépendra quand même de la situation locale. Ça, ça sera la règle aussi ?

R - En termes d'assouplissement.

Q - Tout à fait.

R - Voilà. Et donc, je crois que c'est important, il faut voir. Il ne faut pas se faire de noeud au cerveau. Il y a un message, c'est cet hiver on va skier. Et c'est un message très important, à la fois pour les clientèles françaises et puis pour les clientèles européennes. Parce que moi je veux qu'on fasse une belle saison, que les Pyrénées et les stations pyrénéennes puissent voir du monde venir, affluer parce que ça fait vivre aussi l'économie de nos territoires.

Q - Justement l'économie, il y a les saisonniers qui sont là avec quelques difficultés de recrutement. Alors ça dépend un petit peu des endroits et des secteurs, chez nous c'est plus dans la restauration. Les saisonniers eux aussi auront le passe sanitaire ? Enfin, ça dépendra là aussi des situations ?

R - Vous savez, ça dépend...

Q - Ils doivent être vaccinés.

R - On est dans le régime général français donc de l'ensemble du territoire. Il n'y a pas de spécificité montagnarde à avoir de ce point de vue-là. Je crois qu'il faut être simple et donc dans les activités dans lesquelles il sera demandé pour les saisonniers, mais là où il n'est pas demandé il n'y a faire de surinterprétation. Maintenant vous pointez un sujet qui est le sujet de l'emploi. Et c'est vrai qu'il n'y a pas un déplacement que je fais sans qu'on me parle de ces problèmes-là. C'étaient des métiers en tension, les métiers du tourisme, avant la crise ; ça l'est encore plus parce que certains salariés ont fait le choix d'aller vers d'autres secteurs, et donc dans le plan de reconquête du tourisme que le président de la République m'a demandé de préparer, c'est le premier axe sur lequel on est en train de plancher. On a déjà lancé un site qui s'appelle monemploitourisme.fr - je le dis à votre antenne - pour que soit ceux qui cherchent, employeur ou salarié, puissent mettre leur offre ou consulter les offres parce qu'il y a un vrai problème.

Q - Alors vous visitez, Jean-Baptiste Lemoyne, la station d'Artouste aujourd'hui, station gérée par la mairie de Laruns. Qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez les aider puisque c'est eux qui gèrent, la mairie de Laruns, cette station d'Artouste. Vous leur amenez des sous ? Vous venez voir le modèle ?

R - Alors il faut voir que Robert Casadebaig, le maire de Laruns, il a pris ce sujet à bras-le-corps déjà depuis plusieurs années avec une ambition : bâtir ce tourisme de demain, il a son plan "Artouste demain". Et moi, ça m'intéressait dans le cadre du plan Avenir Montagnes qu'on a mis en place avec Jean Castex, avec 300 millions d'euros d'investissement qu'on met en place, de voir les projets qu'ils ont parce que ça me semble assez exemplaire et naturellement ils ont déposé d'ailleurs une candidature en termes d'assistance, d'ingénierie avec les autres communautés de communes de la montagne et le conseil départemental. C'est une candidature très solide, je peux le dire.

Q - Ça veut dire que l'Etat va les aider financièrement pour faire ce projet de quatre saisons ?

R - Déjà, il y a ce volet ingénierie et sur ce volet ingénierie effectivement, en avant-première, je peux vous dire qu'on sera à leurs côtés, et par ailleurs après il y a tous les projets qui demandent de gros investissements. Et là, moi je suis venu voir sur le terrain pour pouvoir derrière aussi mobiliser un certain nombre d'outils. Vous savez, ce plan Avenir Montagnes c'est...

Q - Des outils mais pas une somme déjà.

R - Ecoutez, déjà faut-il que les dossiers soient totalement bouclés. Mais justement après, on a mis en place des outils avec la Banque des territoires, des prêts longs etc., des subventions avec l'ANCT donc tout ça, on est justement mobilisé pour faire cette montagne des quatre saisons. Parce qu'on l'a vu : la montagne a été le tube de l'été. Plus 24% en fréquentation l'été dernier sur les Pyrénées.

Q - Montagne des quatre saisons mais montagne avec une petite station là, ce n'est pas du tout le modèle d'une grande station. C'est ça l'avenir dans la montagne ?

R - Il y a ce retour vers les stations à taille humaine, j'ai envie de dire. Elles sont aujourd'hui, depuis 18 mois, un peu celles qui attirent et c'est heureux. Ça permet aussi de mieux répartir les flux et puis, je crois, de faire en sorte que ce tourisme profite à tous les territoires. On a là en vallée d'Ossau je crois de très belles énergies, des bonnes volontés et on est là pour les aider.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au Tourisme, merci d'être venu ce matin sur France Bleu Béarn Bigorre et bonne visite de notre belle vallée.

R - Merci à vous.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 5 octobre 2021