Extraits d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec Public Sénat le 15 septembre 2021, sur la vaccination des personnels du secteur médical, le prix de l'essence, les efforts en faveur de la sécurité, le bilan du tourisme estival et les élections sénatoriales des Français de l'étranger.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

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Texte intégral

Q - On va bien sûr parler longuement du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, mais d'abord quelques questions d'actualité, et notamment cette obligation vaccinale qui s'applique à partir d'aujourd'hui pour les soignants, les pompiers, les aides à domicile. Selon Santé Publique France, ils seraient 12% à être encore non vaccinés, dans aucun schéma vaccinal, et qui risquent donc la suspension, voire le licenciement. Est-ce qu'on peut se passer d'une partie de nos soignants dans le contexte actuel ?

R - Déjà, quand on est soignant, la moindre des choses, c'est de pouvoir soi-même ne pas être à risque pour les personnes qu'on soigne, et c'est pour cela que cette obligation vaccinale a été mise en place. Elle n'a pas été mise en place en trois jours. Le discours du Président de la République c'était le 12 juillet ; on est le 15 septembre. Donc, les gens ont eu le temps de prendre leurs dispositions. Maintenant certains en tireront peut-être des conséquences, dans leur activité professionnelle. Ce que j'entends, c'est qu'en tous les cas, les hôpitaux, les EHPAD, les structures, ont naturellement procédé à l'analyse des personnels éventuellement réticents à procéder à cette vaccination et se sont organisés.

Alors, cela va être, peut-être, un peu plus de travail pendant quelques temps pour les autres personnels, mais à 90% ils sont vaccinés et donc les choses, quand même, s'engagent plutôt bien.

Q - Ils se sont organisés... cela va quand même être compliqué. On estime que 5 à 7% des personnels des EHPAD et des services à domicile ne voudront pas du tout se faire vacciner. Or, ce sont des maisons ou des services qui sont déjà en tension, au niveau du personnel, et qui ont la troisième dose de vaccin à gérer pour leurs propres résidents, depuis lundi. C'est quand même très compliqué. Est-ce que cela ne mériterait pas des ajustements, par exemple, le gouvernement a décidé de suspendre l'obligation vaccinale pour la Guadeloupe et les Antilles ?

R - Vous savez, les demandes d'ajustements, j'en ai entendues beaucoup, depuis le 12 juillet. Par exemple, dans un certain nombre de secteurs économiques avec lesquels je travaille, dans le secteur du tourisme. Et c'est vrai qu'on a tenu par exemple à mettre en place ce passe sanitaire dès la fin juillet dans les parcs, dans les musées, et puis à l'étendre, le 9 août, à l'hôtellerie, à la restauration. Pardonnez-moi, et heureusement qu'on l'a fait, c'est ce qui a sauvé la saison, alors qu'il y avait une épée de Damoclès. Eh bien de la même façon, on ne peut pas imaginer que soient en risque des personnes fragiles, parce que justement dans un EHPAD, dans un hôpital. Donc, c'est une mesure de bon sens et j'appelle tous les soignants qui ont encore éventuellement quelques questionnements à en parler avec leurs cadres, à partager des éléments très objectifs, très rationnels.

La vaccination évite très clairement et diminue le risque d'être contaminé, le risque d'aller en réanimation. Parfois, on a l'impression que le dialogue est compliqué avec des personnes qui sont parties un peu dans un monde parallèle. Quand on regarde les manifestations du samedi, moi, je leur dis vraiment : regardez les chiffres, les faits, ils sont têtus et ils montrent que la vaccination, ça marche.

Q - L'autre actualité concerne notre quotidien, notre porte-monnaie : c'est celui de l'essence qui dépasse les deux euros, qui retrouve des niveaux élevés. Est-ce que vous craignez une nouvelle colère d'une partie de la population, un nouveau mouvement type Gilets jaunes ?

R - Alors, ce sujet montre deux choses, c'est que d'une part ce gouvernement, depuis quatre ans, il n'est pas resté les bras ballants : 25 milliards d'euros de baisse de la pression fiscale ; cela veut dire, souvenez-vous, la taxe d'habitation qui a été supprimée, c'est faire en sorte que le travail paye plus, la prime d'activité qui a été augmentée. Donc, nous avons fait, pour le pouvoir d'achat, des soignants d'ailleurs, pour le pouvoir d'achat d'un certain nombre de professions qui sont exposées.

Mais ce sujet montre aussi une chose, c'est qu'il faut sortir de notre dépendance par rapport à tout ce qui est carbone, pétrole, etc., et c'est ce dans quoi nous sommes engagés. Ces transitions, regardez, le plan de relance, 100 milliards d'euros, le fil rouge, c'est la transition écologique, c'est pour éviter aussi d'être dépendant de ces ressauts et des prix...

Q - Sauf que ça, ça va prendre du temps. Qu'est-ce que vous dites aux Français qui ce mois-ci vont voir leur facture d'essence augmenter ? Est-ce qu'il y a des mesures qui vont être prises pour aider les plus modestes ?

R - Ecoutez, encore une fois il faut regarder de façon structurelle tout le pouvoir d'achat qu'on a donné, créé, grâce aux baisses de prélèvements, grâce aux coups de pouce significatifs qui ont été donnés à un certain nombre de catégories. Et maintenant, écoutez, naturellement, les distributeurs, par exemple, je pense, seraient aussi bien avisés de pouvoir, pendant quelque temps, faire un effort pour pouvoir peut-être rogner des marges sur la vente de ces produits parce qu'effectivement, la rentrée, c'est des moments...

Q - C'est aux distributeurs d'agir, pour vous ?

R - On sait que ça peut être un produit d'appel, il y a un moment, il faut aussi, quand on fait du pouvoir d'achat des Français un slogan pour les attirer dans les magasins, faire que ce soit le cas réellement.

Q - Dans l'actualité peut-être une question sur le Beauvau de la sécurité. Le président veut plus de bleus sur le terrain, et il ne parle pas de l'équipe de France. La sécurité fait partie aussi des arguments pour le tourisme, notamment, dans certaines villes. Est-ce que ces annonces-là vous paraissent aller dans le bon sens : plus d'argent, plus de moyens, le contrôle parlementaire de la police ?

R - Alors, ce sont des annonces qui s'inscrivent déjà dans une continuité. Ce que je veux dire, c'est que depuis le début du quinquennat, nous sommes un gouvernement qui justement a, par exemple, amélioré les matériels, rénové un certain nombre de commissariats, de casernes. Et c'est aussi un gouvernement qui a, si je puis dire, pallié aussi les carences des gouvernements qui l'ont précédé. Souvenez-vous, il y a 10 ans, le gouvernement, d'ailleurs de droite, avait supprimé plusieurs milliers de fonctionnaires de police. Nous on en a recruté 10.000.

Q - Est-ce que d'une manière générale, on peut dire qu'on a vu disparaître un nombre considérable de policiers en tenue sur la voie publique dans les grandes villes ?

R - Et donc le président poursuit cet engagement, engagement budgétaire, 1,5 milliard d'euros annoncés. Et puis, il va au-delà des mesures d'urgence, il y a aussi un besoin de repenser l'action publique, d'ailleurs dans tous les domaines, je pense qu'il y a besoin de tirer meilleur parti des nouvelles technologies. Regardez ce chantier de la plainte en ligne, et puis, peut-être travailler sur les missions des personnels, les décharger de certaines missions pour leur permettre d'être plus présents sur le terrain. C'est très clairement des attentes, bien sûr, et on y travaille. Donc, je crois qu'on est là dans une continuité et une accélération aussi.

Q - On va parler du tourisme, maintenant, Jean-Baptiste Lemoyne, on est mi-septembre, quel bilan faites-vous ce matin de la saison estivale ? Est-ce que vous pouvez nous dire si c'est une saison réussie, ou pas ?

R - J'ai envie de dire pari réussi, parce que cette saison n'avait rien d'évident dans la mesure où ce variant Delta est apparu, souvenez-vous, fin juin, début juillet, et qu'il aurait pu compromettre la saison. Il est apparu un peu partout en Europe, et on a réussi finalement à faire cette saison dans de bonnes conditions, voire parfois, sur certains territoires et dans certaines filières, une très bonne saison, grâce...

Q - Quels territoires ?

R - Je vais y venir, je vais y venir, grâce...

Q - Quelles filières ?

R - Grâce à la vaccination, grâce au passe sanitaire, grâce aux professionnels, et je les en remercie, qui également se sont préparés minutieusement. Alors, quand on regarde dans le détail, on est, pour certains, pour la plupart des territoires, et la plupart des filières d'hébergement, par exemple, avec des résultats supérieurs à 2019, année qui elle-même était une année historique ! Je prends comme exemple l'hôtellerie de plein air : il y a eu plus de Français en 2021 qu'en 2019 dans les campings, et cela a même compensé, comment dire, la fréquentation qui reste encore un petit peu en baisse, des clientèles étrangères. Donc, ce sont des signaux très intéressants.

Q - Cela veut dire juste que c'est l'été bleu, blanc, rouge qui a bien marché, ce sont les Français qui ont fait réussir la saison ?

R - L'été bleu, blanc, rouge, saison 2, tout à fait, entre 85 et 90% d'entre eux sont restés sur le sol national...

Q - Ils ont suivi vos consignes ?

R - Vous savez, je pense qu'il faut être modeste, mais c'est vrai qu'avec Atout France, on a lancé une grande campagne pour redécouvrir la France. Et puis aussi pour appeler les Européens de proximité à revenir.

Q - Alors, est-ce qu'ils sont venus, ou est-ce que les touristes étrangers nous ont manqué, cette saison ?

R - Les Européens de proximité sont venus et ce qui est très intéressant...

Q - Les Européens de proximité c'est quoi, ce sont les Belges ?

R - Exactement, les Belges, les Allemands, les Suisses, les Néerlandais...

Q - Par contre il y a d'autres destinations qu'on n'a pas vu revenir, enfin par exemple les touristes américains ou d'autres ?

R - Oui, je vais y venir. Il y a une tendance très intéressante, qui touche les Français comme les Européens, c'est que désormais on voyage plus en circuit court si je puis dire. Donc on va moins loin, et de ce point de vue-là la France, compte tenu à la fois de son positionnement géographique, au coeur de l'Europe, et puis, de ce qu'elle offre en matière de patrimoine, d'activités, est très attractive.

En revanche, c'est vrai que les clientèles lointaines sont moins au rendez-vous. Frémissement du côté des Américains et des Canadiens, par exemple, je peux le voir parce que cet été nous avons mis en place notamment une cellule pour faire en sorte que ces visiteurs internationaux puissent convertir leur certificat de vaccination en QR Code, donc en passe sanitaire. Et on a vu qu'à 70%, cela concernait l'Amérique du Nord.

Donc, cette clientèle-là a une envie de France qui est intacte. Néanmoins le fait que les Asiatiques ne soient pas là, les Russes ne soient pas là, pour un certain nombre de raisons, fait que des destinations comme Paris restent dans des situations difficiles, et notamment au regard du tourisme d'affaires qui n'a pas encore repris comme il devrait.

Q - Cela veut dire qu'il y a des disparités selon les territoires français...

R - Tout à fait, il y a des disparités...

Q - Quels sont les territoires où les touristes ont été au rendez-vous et ceux, à part Paris, où, vous l'avez dit, ils ont été nombreux ?

R - Les littoraux, comme traditionnellement, ont bien marché. La montagne a été également un tube de l'été : +8% sur les massifs d'après l'Association nationale des stations de montagne - je serai à leur assemblée générale cet après-midi -, et notamment +25% pour les Pyrénées. C'est vous dire qu'il y a une envie, je crois, de s'oxygéner, de s'aérer, de pouvoir faire justement de la randonnée, du vélo, alors heureusement il y a l'assistance électrique, parce qu'en montagne voilà, cela peut être dur. Mais donc, il y a aussi une diversification de l'offre proposée par ces territoires pour essayer de vivre quatre saisons.

Q - Par contre vous, vous évoquiez les difficultés du tourisme d'affaires. Ce n'est pas la joie, mais vous avez d'autres secteurs qui ont quand même forcément souffert de la situation, je pense aux festivals, l'événementiel en général. Comment cela se passe également du côté des grands équipements, par exemple les parcs de loisirs, est-ce que l'application du passe sanitaire a eu un très gros impact sur leur activité cet été ou pas ?

R - Alors, c'est différencié. Les parcs de loisirs ont connu l'application du passe à partir du 21 juillet. Sur la première semaine on a vu qu'effectivement, cela se traduisait par des baisses de fréquentation, mais qui tout de suite, au bout d'une semaine, 10 jours, sont repartis à la hausse, et globalement...

Q - Du coup sur l'ensemble de la saison, c'est lissé, c'est à peu près ils s'en sortent ?

R - J'étais il y a quelques jours dans l'Allier, au parc du Pal, que je recommande, c'est vraiment un outil formidable, mis en place par Arnaud Bennet et la famille. Et ils me disaient qu'ils ont connu en juillet et en août des records de fréquentation. C'était la même chose, où ça a très bien fonctionné, à Guédelon dans l'Yonne, chère à mon coeur. Donc, les vaisseaux-amiral ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Maintenant des plus petites structures ont pu connaître des baisses de fréquentation de -20, -25, -30%, et c'est pour ça...

Q - Dues au pass sanitaire ?

R - Liées en fait à deux choses, parce qu'il y a également une météo maussade, et donc, quand on est en extérieur, forcément, ça joue. Donc je crois qu'il faut distinguer, et c'est pour ça aussi qu'on reste en soutien de ces acteurs. Avec Bruno Le Maire, on a reçu les acteurs économiques, c'était le 30 août. Au mois de septembre, on a continué avec le Fonds de solidarité, qui demeure en place ; au mois d'octobre il y a le dispositif des coûts fixes qui permet de faire du sur-mesure entreprise par entreprise...

Q - Alors, juste pour qu'on soit clair pour tout le monde : le Fonds de solidarité, "fini le quoi qu'il en coûte" a dit Bruno Le Maire, on a compris, ça s'arrête le 30 septembre. Qu'est-ce qui se passe après le 30 septembre ?

R - Eh bien, on va sur des aides ciblées et adaptées à chaque structure, c'est ce qu'on appelle ce dispositif de prise en charge des coûts fixes, qui va permettre à des entreprises, qui connaissent encore des pertes importantes, d'être compensées sur ces coûts fixes et donc d'avoir un soutien. Et on a une clause de revoyure, début novembre. Donc on continue à travailler avec tous ces secteurs-là.

Parce que vous prenez par exemple les agences de voyages, elles ont fait un beau mois de juin, mais après, variant Delta, patatras, juillet, août, cela a été plus compliqué. Il a même fallu rapatrier des gens dans des circonstances, souvenez-vous, en Sicile, etc..., un peu compliquées. Et ce sont des gens qui ont besoin encore d'un soutien un peu plus long.

Q - Et quel sera le soutien, parce que les agences de voyages vont continuer à subir les restrictions de déplacement des pays étrangers, vous en parliez. Comment elles seront soutenues par l'Etat ?

R - Il faudra me réinviter parce qu'on est en train d'y travailler avec leurs représentants, notamment le secteur de l'événementiel et le secteur des entreprises du voyage, avec lesquels on travaille plus spécifiquement à des plans d'action. L'événementiel on va par exemple les aider pour bien mettre la destination France sous les projecteurs, parce qu'il y a des envies de nos voisins allemands, par exemple, de prendre des parts de marché, pour être très concret. Et donc, avec Atout France, par exemple, on a lancé une campagne "Mon événement en France", pour inciter à la fois à faire venir des événements en France, à faire en sorte que des exposants viennent dans les événements français. Je serai lundi prochain, avec Alain Griset, à la rencontre du secteur de l'événementiel, foires et salons. On sera à Villepinte, il y a notamment le Salon Première Vision qui se tient.

Donc voyez, la marque de fabrique c'est de travailler à toutes ces mesures avec les acteurs du secteur, on co-construit, et ce n'est pas, quand je vous dis ça, ce n'est pas du vent. C'est que derrière ça se traduit par, depuis le début de la crise, 37 milliards d'euros mis en place, en soutien uniquement au secteur du tourisme. 37 milliards d'euros, donc ce n'est pas rien.

Q - Est-ce que vous pouvez nous garantir que nous aurons de la neige à Noël et que les remontées mécaniques seront ouvertes, cet hiver ?

R - Ecoutez, c'est vrai que la montagne française a connu une situation très compliquée avec le fait qu'on n'a pas pu ouvrir les remontées mécaniques, à l'hiver dernier, en raison de la troisième vague qui nous touchait. Ce qui est sûr, c'est que depuis on a deux événements nouveaux : on a une vaccination qui aujourd'hui touche très largement les publics de plus de 12 ans, vous l'avez vu, 85% de la cible vaccinable l'est. Et puis, deuxièmement, on a appris, le cas échéant, parce que pour l'instant le passe sanitaire c'est jusqu'au 15 novembre, mais le cas échéant on a appris que le passe sanitaire pouvait aussi permettre de fréquenter des lieux en toute sécurité. Les boîtes de nuit...

Q - Clairement, ça veut dire que vous n'excluez pas d'imposer le passe sanitaire dans les stations de ski à Noël pour les maintenir ouvertes ?

Q - Ou inversement, même en cas de quatrième vague, vous garderiez, on laisserait les remontées mécaniques ouvertes avec passe sanitaire, c'est ça ?

R - Ce que je veux dire, c'est qu'on a désormais des outils. Regardez, les boîtes de nuit ont rouvert cet été avec le passe sanitaire. Donc, si les boîtes de nuit ont rouvert, je ne comprendrais pas que nos télécabines ne puissent pas rouvrir. Donc, très clairement, on se met en ordre de marche pour pouvoir préparer cette saison, on la prépare avec les pros. Je vous le disais, cet après-midi, assemblée générale des stations de montagne ; bientôt le Congrès du domaine skiable. Moi je réactive une petite structure, un petit groupe de travail montagne, pour préparer l'ouverture de la saison. Et avec Atout France on triple les moyens dédiés à la promotion de la montagne française.

Vous avez vu d'ailleurs la confiance des acteurs puisqu'une ligne du Royaume-Uni desservant les Alpes a été remise en place, une ligne ferroviaire. Donc, tout cela pour dire qu'on se prépare à cette saison...

Q - Donc, clairement les stations de ski resteront ouvertes cet hiver, avec passe sanitaire si l'épidémie est encore là, sans passe sanitaire si l'épidémie est faible, c'est ça ?

R - Ecoutez, sur les modalités, encore une fois, ça sera justement le travail à faire avec tous les acteurs dans le groupe montagne...

Q - Mais ça pourrait être ça ?

R - Mais je touche du bois, je touche du bois parce que, encore une fois, ils ont dû d'ailleurs abréger leur saison 2020, fermer un peu avant. Souvenez-vous, au 14 mars, l'hiver 2020 n'a pas pu être tenu. Alors, on a mis en place le plan "Avenir montagnes", au-delà des mesures d'urgence, pour les aider. On a mis des dispositifs ad-hoc, par exemple sur les remontées mécaniques, c'est 650 millions d'euros d'indemnisation avec un dispositif totalement, comment dire, sortant de l'ordinaire, qu'on a mis en place avec les acteurs. Donc, on a été à leurs côtés.

On va continuer de l'être, et je forme les voeux qu'effectivement nous puissions toutes et tous dévaler les pentes de nos massifs et faire en sorte que, également, les clientèles européennes retrouvent à nouveau nos pistes.

Q - On change d'horizon, mais on reste dans le tourisme. Antilles, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, où est-ce que la saison touristique en est, et quelles sont les perspectives compte tenu de la situation sanitaire dans ces différents territoires ?

R - Alors, tout est lié effectivement à l'amélioration de la situation sanitaire, on le voit. Ce sont des situations qui restent complexes. La semaine dernière, le Parlement a été amené à se prononcer justement sur l'état d'urgence sanitaire et un certain nombre de dispositifs. Aujourd'hui on est avant tout dans le combat pour retrouver une situation sanitaire la plus normale possible. Et c'est vrai que là aussi ces acteurs, pour l'instant il est difficile, pour le coup, de leur donner une visibilité. Donc, au mois d'août...

Q - Vous avez déjà un chiffre de l'impact sur l'économie, l'impact sur le tourisme, pour les territoires d'Outre-mer ?

R - Alors, pour l'instant, en juillet et en août, ce n'est pas la haute saison, par exemple aux Antilles ce n'est pas la haute saison. Il y avait des touristes présents, il a fallu d'ailleurs, les voyagistes les ont fait revenir en métropole. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on a adapté...

Q - L'impact est faible au niveau touristique ?

R - Je veux dire, il est fort parce que cela fait 18 mois qu'on est dans cette situation-là. Donc, c'est un moment, c'est un cumul qui fait que c'est compliqué. Mais on a, du coup, adapté aussi les dispositifs, courant juillet, pour faire en sorte que le déclenchement des dispositifs de fonds de solidarité, etc., soit plus souple, plus facile, dès lors qu'il y avait des fermetures administratives et autres.

Donc, on a adapté ces outils, et puis naturellement les Outre-mer seront partie prenante du plan de reconquête du tourisme, que le président a annoncé lors de son déplacement dans le Lot à Saint-Cirq-Lapopie. On y travaille, et fin octobre, début novembre, on sera en situation de présenter notre copie, et donc des mesures aussi pour les Outre-mer.

Q - Question politique pour terminer.

Q - Oui, les sénatoriales des Français de l'étranger, vous avez 10 listes en concurrence, dont celle de Ségolène Royal qui n'a pas été investie par le Parti socialiste...

R - Dont celle de La République en marche que tire Samantha Cazebonne.

Q - Quel regard portez-vous sur ce scrutin à venir, puisqu'on est au Sénat...?

R - Alors, c'est vrai que ce scrutin avait dû être reporté d'une année parce que la désignation des conseillers des Français de l'étranger, qui sont les élus locaux des Français de l'étranger, lui-même avait dû être reporté d'un an, pour cause de pandémie. Au passage je salue la performance de tous nos postes parce qu'on a réussi à tenir, au mois de mai dernier, les élections dans 127 des 130 circonscriptions, alors que parfois le virus était particulièrement actif. Donc merci et respect. Et donc maintenant, voilà, il y a ce scrutin sénatorial. Ce que je peux dire c'est que cette majorité, ce Président de la République, depuis le début, est particulièrement attentif à la situation de nos compatriotes établis hors de France. Là aussi, ce n'est pas des mots, ce n'est pas des slogans, c'est un plan de 220 millions d'euros sonnant et trébuchant qui ont été mis en place pour sauver l'enseignement français à l'étranger, apporter des subventions aux écoles, mettre en place des aides sociales ad hoc, qui s'appellent SOS-Covid, pour nos compatriotes qui étaient les plus fragilisés.

Et puis, c'est également tout un travail qu'on veut poursuivre pour moderniser cette action consulaire, faciliter la vie de nos compatriotes. Il y a un chantier par exemple sur le numérique, sur lequel je souhaite qu'on puisse avancer dans les prochains mois, c'est le renouvellement du passeport de façon dématérialisée. Cela évite des déplacements au consulat ; bref, on veut faciliter la vie de nos compatriotes, c'est le programme...

Q - C'est compliqué aussi par la situation sanitaire, notamment par les restrictions de déplacement, est-ce qu'il y a aujourd'hui encore des situations de blocage ?

R - Selon les géographies, cela peut être compliqué, l'Amérique latine encore est dans une situation où ce n'est pas simple, parfois l'enseignement reste en distanciel, mais pour autant on veille à s'adapter du mieux possible. Et en tous les cas, ce que je sais c'est que, la liste que tire Samantha Cazebonne avec Franck Barthélémy, Sophie Suberville et bien d'autres, ce sont des élus de terrain engagés et qui auront à coeur de faire entendre la voix des Français de l'étranger au Sénat.(...).


source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 septembre 2021