Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec Radio fréquence Jura le 12 septembre 2021, sur la francophonie et les relations entre la France et le canton du Jura en Suisse.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

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Texte intégral

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R - Nous avons eu une communauté de destins, à certains moments. Donc, il y a l'histoire qui nous rapproche, il y a la géographie, naturellement, et, on le sait, des liens humains très forts avec des Français qui travaillent dans le canton du Jura, des Jurassiens qui ont épousé parfois un Français ou une Française, j'en ai rencontrés. Et d'ailleurs nous avons ici 3000 ressortissants français dont la moitié sont binationaux ; des liens humains qui sont très forts.

Et puis, un travail qui se fait aussi au niveau institutionnel. Hier je rencontrais le préfet du territoire de Belfort. Et lui-même a l'occasion de travailler avec la Présidente du gouvernement, parce qu'il y a des sujets de transports, de mobilité, des enjeux d'éducation, de formation, avec tout ce qui se fait au niveau de l'arc jurassien. Donc, il y a certes des frontières administratives, mais il y a surtout un bassin de vie, une communauté, qui a des liens très denses historiquement, et dans la vie quotidienne.

Q - En parlant de l'Histoire, je vous teste un petit peu. Que connaissez-vous de l'histoire jurassienne ?

R - Je suis tombé dedans tout petit, pour tout vous dire. Mon engagement pour la cause francophone date des années 1990. À l'époque, j'avais déjà suivi le combat de Vellerat pour intégrer le canton, puis celui de Moutier. Et je sais qu'il a fallu beaucoup de ténacité, d'opiniâtreté au peuple jurassien pour obtenir la création de ce canton. Et quelque part des figures comme Roland Béguelin forcent l'admiration. Ce sont des gens qui ont fait de la politique avec un grand P, qui avaient une cause qui leur tenait à coeur qu'ils ont défendue et fait triompher.

Q - Vous avez été rendre hommage à Roland Béguelin, vous avez déposé une gerbe sur sa tombe. C'était important pour vous de marquer cette histoire, et aussi de rendre hommage à ce personnage ?

R - Oui, très, parce que vous savez, quand on est engagé dans la vie politique comme moi, et que j'ai la chance, dans mon portefeuille, de gérer la francophonie - et le Président de la République est très attaché à la francophonie -, il convient à la fois de puiser aux meilleures sources des pères et des mères fondateurs et fondatrices de cette francophonie. Roland Béguelin en est un. Quelque part il a aussi au-delà du canton du Jura par ses combats montré que tout est toujours possible, qu'il faut de la volonté. Et je veux retenir cette détermination pour faire en sorte que cette langue française qui est partagée par plus de 80 Etats et gouvernements dans le monde soit toujours plus présente, dynamique, qu'elle soit un vecteur pour l'avenir de nos jeunesses. C'était effectivement pour moi très important de lui rendre hommage. De pouvoir échanger avec celles et ceux qui l'ont connu.

Q - On parlait de ce centenaire de Roland Béguelin, mais 2021 est aussi une autre année importante pour le Jura, avec le vote de Moutier qui a eu lieu le 28 mars. Vous avez suivi ce vote ?

R - Je me souviens du 28 mars très précisément. Et cela peut paraître bizarre, mais je n'ai pas perdu une miette du déroulement de cette journée, Pierre-André Comte m'a tenu informé et j'ai suivi aussi sur les réseaux sociaux le dénouement. C'est vrai que cela a été un moment très important pour Moutier ; c'est quelque part un nouvel horizon pour le canton du Jura. Je suis persuadé que ce nouvel horizon, c'est aussi une nouvelle frontière, et une nouvelle frontière, c'est aussi positif. On va se représenter aussi le canton du Jura en termes de perspective et de façon toujours plus positive.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 septembre 2021

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