Conseil des ministres du 15 septembre 2021. Résultats du congrès mondial de la nature de Marseille et perspectives pour les négociations internationales sur la biodiversité.

Texte intégral

La ministre de la transition écologique et la secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité, ont présenté une communication sur les résultats du Congrès mondial de la nature de Marseille et les perspectives pour les négociations internationales sur la biodiversité.

Le congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s'est tenu du 3 au 11 septembre 2021 à Marseille.

Ce congrès a illustré la forte mobilisation de l'ensemble des parties prenantes (États, scientifiques, collectivités, associations environnementales et acteurs économiques), et l'évènement a été un succès (5 700 congressistes sur place et 3 500 à distance, 25 000 visiteurs des "Espaces génération nature", permettant pour la première fois au grand public de participer à un Congrès mondial de la nature), grâce à la contribution de l'ensemble des associations, collectivités territoriales, entreprises et instituts de recherche français engagés pour la protection de la nature.

L'"appel de Marseille", message que l'UICN a adressé à la communauté internationale en amont des négociations de la conférence des parties de la convention sur la diversité biologique (COP15 biodiversité) qui se déroulera dans les prochains mois en Chine, présente un contenu ambitieux. Dans ce message, l'UICN invite tous les États à protéger 30% de leur territoire terrestre et en mer, à l'image de la stratégie française des aires protégées, et à développer des politiques intégrées de santé ("une seule santé - one health"), considérant que santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes sont étroitement liées. L'UICN invite également pour la première fois les collectivités territoriales à participer à ses instances de gouvernance.

Lors de la cérémonie d'ouverture du congrès le 3 septembre, le Président de la République a appelé à renforcer l'action de protection de la nature et à rapprocher cet agenda de celui de la lutte contre le changement climatique. La protection des océans et des forêts est en effet indispensable pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Pendant toute la durée du congrès, 11 ministres ont participé à des ateliers et des conférences portant sur le renforcement de l'action de la France pour protéger la nature. La France a également pris plusieurs engagements visant à accélérer la protection des espaces à terre et en mer, notamment en Méditerranée, et à intégrer la protection des écosystèmes aux politiques publiques au même titre que la lutte contre le changement climatique.

Les principaux engagements pris lors du congrès sont ainsi les suivants :

- 5% des eaux françaises méditerranéennes seront placées en protection forte d'ici 2027. La France accueillera courant 2022, en coordination avec les Nations unies, un sommet mondial dédié à l'océan ("one ocean summit"), particulièrement affecté par les dégradations environnementales et notamment la pollution plastique ;
- une initiative ambitieuse pour réduire l'utilisation des pesticides à l'échelle européenne sera proposée par la France pendant la présidence française du Conseil de l'Union européenne, se basant notamment sur la recherche d'alternatives et sans laisser les agriculteurs sans solutions ;
- afin de contribuer à l'objectif d'atteindre, d'ici 2022, 30% de protection des surfaces maritimes et terrestres, dont 10% en protection forte, une nouvelle réserve intégrale et deux nouveaux parcs naturels régionaux ont été créés ; une réserve naturelle nationale et une zone Natura 2000 ont été étendues ; une 51ème zone humide d'importance internationale a été labellisée "Ramsar" ;
- le processus d'identification d'un douzième parc national dédié aux zones humides a été défini ;
- la France amplifiera son action de lutte contre la déforestation importée ;
- un nouveau plan d'action en faveur de la protection du dugong (mammifère marin) de Mayotte a été adopté, portant à 22 le nombre de nouveaux plans publiés depuis 2017 ;
- le renforcement en 2022 des moyens liés à la biodiversité, des effectifs des opérateurs de l'eau et de la biodiversité que sont l'Office français de la biodiversité et les agences de l'eau, ainsi que la création de 20 postes supplémentaires dans les parcs nationaux ont été particulièrement appréciées et relayées ;
- dans le cadre de la future stratégie nationale sur la biodiversité, un groupe de travail sera amené fin 2021 à élaborer des propositions visant à rénover et renforcer le financement de la biodiversité.