Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, en duplex, avec France Bleu Provence le 1er juillet 2021, sur les croisières, les tests du Covid-19 payant pour les touristes étrangers et le tourisme dans le Var et les Bouches-du-Rhône.

Texte intégral

Q - Bonjour Monsieur le Ministre.

R - Bonjour.

Q - Les croisières reprennent donc, dimanche, à Marseille, mais avec ces consignes sanitaires très strictes à bord, et des excursions obligatoires à terre ; les croisiéristes restent pris en charge du début à la fin de leur séjour. Est-ce que cela ne va pas décourager les vacanciers?

R - Déjà, on rentre dans cette dernière étape de réouverture des activités depuis hier, 30 juin, qui est jour de joie, jour d'espoir, et les croisières reprennent enfin grâce à des protocoles sanitaires spécifiques qui sont justement très sérieux, parce qu'il est très important que vacances riment avec prudence et vigilance. Et donc, comme vous le précisiez, c'est le pass sanitaire pour embarquer, donc on prouve que soit on est vacciné, soit on est testé négatif, soit on est immunisé. Et puis, effectivement, ces bulles sanitaires pour les excursions. Je crois que c'est très important d'avoir ces précautions, tout simplement pour s'assurer que les croisières ne refermeront pas, parce que c'est très important pour l'économie de nos territoires. Regardez, à Marseille, c'est pas loin de 2 millions de croisiéristes, chaque année, avec des retombées qui sont très importantes, et puis moi, je me réjouis de voir que, eh bien, du coup, il y a déjà 15 escales prévues en juillet, 24 au mois d'août, et que la vie reprend aussi pour ces activités.

Q - Mais cela limite un petit peu aussi tout de même les découvertes, puisque les lieux qu'ils visitent seront tout simplement privatisés, donc les retombées financières seront moins importantes.

R - Il faut voir d'où on vient. On vient d'un moment où tout cela n'existait plus parce que c'était interdit, ce n'était pas autorisé ; aujourd'hui, on sait que ces réouvertures sont progressives, et c'est pourquoi, d'ailleurs, nous maintenons des aides économiques pour tous ces acteurs du tourisme qui ne retrouveront pas immédiatement leur jauge, leur public, à 100%. On a voté 15 milliards d'euros dans la loi de finances rectificative, c'est pour les aider à passer le cap encore des prochaines semaines et des prochains mois.

Q - Le porte-parole du gouvernement a annoncé hier que les tests seront payants pour les touristes étrangers, à partir du 7 juillet. Est-ce que cela concerne aussi les Français qui vivent à l'étranger, qui vont revenir en France, à Marseille, par exemple, pour les vacances, voir leur famille?

R - Absolument pas. Les Français résidents à l'étranger sont des Français à part entière et ils continueront à avoir la gratuité des tests. Donc, cette mesure ne s'impose qu'aux étrangers qui sont de passage en France, et donc c'est quelque part une mesure de réciprocité puisqu'en fait la France est le seul pays à mettre la gratuité et que nos propres voyageurs français, lorsqu'ils sont à l'étranger, payent leurs tests.

Q - Et à l'inverse donc, quand, par exemple, les Français vont revenir de l'étranger de leurs vacances, est-ce qu'il faudra, là aussi, payer un test, ou faire un test ?

R - C'est ce que je disais, c'est que, souvent, lorsque vous êtes à l'étranger, vous êtes tenu de faire un test, et ce test est payant, même si la Sécurité sociale fait un forfait de remboursement. Néanmoins, encore une fois, ce sont des précautions nécessaires à prendre tout simplement parce qu'on est encore dans cette lutte, vous le mentionniez dans vos titres, contre le variant Delta. Le combat n'est pas terminé, même si on a des taux d'incidence qui sont maintenant faibles, souvent en dessous de 20, parfois en dessous de 10, on sait qu'il va falloir faire face à cela, avec une très grande contagiosité. Mais la vaccination est là, elle doit continuer à monter en puissance, et c'est aussi un appel que je lance à vos auditeurs, parce que c'est comme ça qu'on va s'en sortir, et c'est comme ça, aussi, que collectivement on pourra faire face à ce nouveau variant.

Q - Dans la Var et les Bouches-du-Rhône, beaucoup de maires, d'élus, craignent une sur-fréquentation pour cet été, avec toujours ce risque, comme vous le dites, de reprise de l'épidémie. Est-ce qu'on peut justement concilier vacances et épidémie, cet été ?

R - Oui, il faut concilier cela, il faut concilier vacances et prudence, je le redis, on a souvent le réflexe de la crème solaire. Eh bien, il faut garder le réflexe des gestes barrières, c'est très important. Et puis, vous évoquiez la sur-fréquentation. Je veux saluer aussi le travail engagé par la région Sud, derrière le président Renaud Muselier, un partenariat qui a été mis en place, par exemple, avec l'application Waze pour qu'en amont les voyageurs puissent voir les sites qui sont déjà saturés, pour éviter que les gens s'y rendent en plus. Et puis, tout simplement, c'est aussi inciter à sortir des sentiers battus, à aller découvrir des endroits qui sont peut-être moins connus ou des endroits qui viennent d'ouvrir. J'étais hier soir au Rocher Mistral, très belle offre, historique, culturelle, qui mérite d'être découverte.

Q - Au château de La Barben, effectivement, et France Bleu Provence y est d'ailleurs toute la matinée à partir de 9h00, justement. Merci beaucoup, Jean-Baptiste Lemoyne, pour ces précisions ce matin sur France Bleu Provence, bonne journée à vous.

R – Merci.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 2 juillet 2021